BCE : Seule une entreprise sur quatre investit dans l'IA malgré un taux d'adoption élevé

- Environ deux tiers des entreprises européennes utilisent l'intelligence artificielle (IA), mais seulement 25 % investissent réellement dans cette technologie en pleine croissance.
- Selon l'enquête Safe de la BCE, lorsque les mesures sont appliquées de manière intensive, les entreprises sont 4 % plus susceptibles d'embaucher du personnel supplémentaire que de supprimer des emplois.
- Les conclusions de la BCE contredisent les prévisions de l'institut allemand Ifo, selon lesquelles 25 % des entreprises allemandes connaîtraient des réductions d'effectifs dues à l'IA d'ici cinq ans.
L'adoption de l'IA au sein des entreprises européennes est en constante augmentation ; cependant, les chiffres montrent que la plupart des entreprises ne paient pas réellement pour cette technologie.
Selon une étude publiée par la Banque centrale européenne (BCE), l'utilisation de l'IA s'est généralisée sur tous les continents, mais les investissements concrets dans cette technologie n'ont pas produit les mêmes résultats, les entreprises privilégiant les outils gratuits plutôt que de rechercher des solutions d'entreprise.
La publication de la BCE a été rédigée suite à l'enquête de la banque sur l'accès des entreprises au financement, menée entre le deuxième et le quatrième trimestre 2025.
Pourquoi les entreprises n'investissent-elles pas malgré son utilisation généralisée ?
L'écart entre les niveaux d'utilisation et d'investissement s'explique en grande partie par le problème d'accessibilité. La plupart des entreprises ne voient pas l'intérêt d'investir dans une infrastructure d'IA pour déployer cette technologie, car des outils accessibles comme ChatGPT, Claude, les modèles d'IA open source et certaines extensions de navigateur ont considérablement réduit les obstacles à son adoption.
Grâce à ces outils, les entreprises peuvent doter l'ensemble de leurs effectifs de compétences en IA sans avoir à puiser dans leurs fonds propres et sans nécessiter de solutions sur mesure.
Selon la BCE, 90 % des entreprises de 250 employés ou plus utilisent l'IA, contre 10 employés ou moins.
En revanche, les investissements dans les capacités d'IA chutent à environ une entreprise sur quatre, tous secteurs confondus. Cela a un impact considérable sur les effets de l'IA sur l'économie.
À mesure que la technologie évolue et que son adoption augmente, les dépenses d'investissement ne croissent pas au même rythme, ce qui suggère que les entreprises préfèrent expérimenter librement avec l'IA plutôt que d'y investir des fonds.
Les entreprises remplacent-elles les travailleurs par l'IA ?
D'après les conclusions de la BCE, les entreprises qui utilisent l'IA ne cherchent pas à remplacer leurs employés, mais sont 4 % plus susceptibles d'embaucher du personnel supplémentaire que celles qui n'y ont pas recours. Par ailleurs, les entreprises qui investissent dans l'IA ont 2 % plus de chances d'accroître leurs effectifs.
Ce phénomène est plus fréquent dans les petites entreprises, tandis que les grandes entreprises ne sont pas concernées par l'adoption de l'IA, ce qui suggère que l'IA est davantage un outil qu'un substitut au personnel dans les petites structures. En effet, ces entreprises utilisent principalement l'IA pour la recherche, le développement et l'innovation afin d'accroître leur productivité, et non pour automatiser les tâches existantes.
L'IA a emprunté une voie différente des prévisions d'adoption passées
Les conclusions de la BCE ne correspondent pas à celles d'études antérieures, comme l' enquête menée par l'institut allemand Ifo. Ce dernier avait conclu que plus de 25 % des entreprises allemandes estimaient que l'IA entraînerait une réduction des effectifs d'ici cinq ans.
Par ailleurs, de grandes entreprises américaines, comme Amazon, ont imputé des milliers de suppressions d'emplois à des raisons liées à l'IA.
Cette différence s'explique par le calendrier et la situation géographique. L'étude de la BCE a porté sur la situation actuelle et les perspectives pour l'année à venir en Europe, où l'adoption de l'IA diffère sensiblement de celle des États-Unis. Par exemple, les entreprises européennes sont soumises à des réglementations plus strictes en matière d'investissement dans l'IA et de structure de leurs effectifs.
Une autre différence réside dans l'ampleur des investissements en IA. Selon Lebastard et Sonderman, le degré et le calendrier d'adoption de l'IA diffèrent entre les États-Unis et l'Europe. Ils soulignent que l'IA a eu peu d'impact sur les pratiques commerciales européennes et qu'elle fonctionne davantage comme un support que comme un élément central de la production.
Enfin, selon une étude publiée en janvier par la Banque européenne d'investissement, la plupart des entreprises ayant adopté l'IA ont augmenté leur productivité de 4 % grâce à des investissements, et non à des suppressions d'emplois. Ce gain de productivité s'est généralement produit dans les moyennes et grandes entreprises, celles qui ont intégré l'IA versent des salaires plus élevés et supportent des coûts d'innovation plus importants.
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