La Corée du Sud autorisera les échanges de devises 24 heures sur 24 à partir de juillet. Les autorités ont annoncé ce plan vendredi, qui s'inscrit dans une démarche plus large visant à faire reconnaître le pays comme un marché développé.
Pour la Corée du Sud, qui maintient une réglementation stricte sur les échanges de devises depuis la crise financière asiatique de la fin des années 1990, ce changement est significatif. Des sommes colossales avaient alors quitté le pays. Le principal fournisseur d'indices boursiers, Morgan Stanley Capital International (MSCI), a déclaré que ces restrictions empêchent la Corée du Sud d'accéder au statut de pays développé.
Le ministère des Finances présente des réformes du marché des changes
Le vice-ministre des Finances, Lee Hyoung-il, a évoqué ces projets lors d'une conférence de presse où le ministère a présenté sa politique économique pour les six prochains mois. « Au cours du premier semestre, nous élaborerons une feuille de route pour l'internationalisation du won, visant àmaticson accessibilité et à accroître la demande, notamment par le biais de financements offshore en won », a déclaré M. Lee. Il a également indiqué aux journalistesque legouvernement maintiendrait son projet d'intégration à l'indice MSCI.
Ce n'est pas la première fois que la Corée du Sud assouplit sa réglementation. Il y a environ deux ans, elle a autorisé les entreprises étrangèresà négocierle won depuis l'étranger. Cette mesure s'inscrivait dans le cadre de sa volonté d'intégrer un grand indice boursier mondial. Auparavant, les échanges de dollars et de wons étaient limités à six heures et demie par jour, et . les transactions directes en dollars nécessitaient de passer par l'un des deux réseaux bancaires nationaux
Le gouvernement prévoit d'autres changements. Un nouveau systèmeest en cours d'élaboration pour le commerce offshore du won. Il vise à réduire les formalités administratives et à simplifier l'inscription en tant qu'acteur du marché. Parmi les autres pistes envisagées figurent l'utilisation du won pour les paiements transfrontaliers et les financements internationaux.
L'obtention du label de marché développé revêt une grande importance pour le présidentdent Jae Myung. Il en a fait l'une de ses principales promesses après son entrée en fonction en juin 2025. Depuis lors, il a mis en œuvre des réformes de marché et des changements fiscaux visant à dynamiser le marché boursier.
La situation s'est améliorée. L' indice boursier KOSPI a surperformé tous les marchés mondiaux l'an dernier, bondissant de 76 %, soit sa meilleure performance depuis 1999. Le won, quant à lui, a connu des difficultés. Il a chuté à des niveaux inédits depuis 2009 et est resté faible jusqu'à fin décembre. Le gouvernement est alors intervenu avec des mesures de stabilisation. La monnaie s'est redressée et a clôturé l'année en hausse de 2,3 %, mettant fin à quatre années de baisse consécutives.
L'annonce de vendredi comprenait également d'autres mesures pour le marché boursier : une meilleure réglementation des ventes à découvert, davantage de documents d'entreprise en anglais et des moyens simplifiés de négocier des titres.
Les prévisions de croissance ont été revues à la hausse grâce àtrondes exportations
Le ministère a également publié de nouvelles prévisions économiques. Il table désormais sur une croissance de 2,0 % en 2026, contre 1,8 % en août. Cette croissance fait suite à une prévision de 1,0 % en 2025. Ces perspectives reposent sur une reprise des dépenses intérieures et le maintien de la vigueur des exportationstronL'inflation devrait se situer à 2,1 % en 2026, soit le mêmeniveau qu'en 2025.
Les exportations devraient progresser de 4,2 % cette année, contre 3,8 % l'an dernier. Cettetrondemande de semi-conducteurs utilisés dans l'intelligence artificielle, malgré le ralentissement du commerce mondial global causé par les droits de douane américains.
L'industrie des semi-conducteurs fait l'objet d'une attention particulière. Les autorités ont annoncé sera qu'un plan quinquennal comprenant une aide financière, des allégements fiscaux et des réformes réglementaires
On observe également une volonté de placer la Corée du Sud parmi les trois premiers pays en intelligence artificielle. Le gouvernement prévoit aussi de soutenir les entreprises des secteurs de la défense, de la biopharmacie, de la pétrochimie et de la sidérurgie.
L'accord commercial conclu l'an dernier avec les États-Unis prévoyait un plan d'investissement de 350 milliards de dollars. Le ministère y voit une opportunité de développer la construction navale et l'énergie nucléaire tout en pénétrant de nouveaux marchés américains.
Autre point important : des incitations fiscales pour la production nationale seront mises en place au second semestre. On craint que trop d’entreprises n’investissent à l’étranger plutôt que dans leur pays d’origine, ce qui pourrait nuire à la production locale.

