Dans son résumé des discussions monétaires, la Banque nationale suisse (BNS) indique que sa politique de taux d'intérêt zéro a déjà un effet expansionniste et pourrait entraîner une hausse de l'inflation dans les mois à venir.
Les responsables de la BNS ont indiqué : « L’effet total de l’assouplissement de la politique monétaire des derniers trimestres ne se fera sentir qu’avec un certain décalage. Compte tenu de la faible pression inflationniste et de la légère détérioration des perspectives économiques, la politique monétaire expansionniste de la banque contribue à une hausse de l’inflation. »
La BNS estime que l'impact des droits de douane américains est gérable
Lors de leur dernière réunion, le 25 septembre, les responsables de la BNS ont opté pour le maintien des taux d'intérêt , estimant que la politique actuelle est tron pour stimuler l'inflation dans les mois à venir.
La banque centrale a expliqué que sa décision de septembre de cesser de baisser les taux et de maintenir les coûts d'emprunt à zéro reflétait l'avis que les droits de douane américains sur les produits suisses n'étaient pas excessivement perturbateurs. Malgré un niveau d'incertitude relativement élevé, les responsables politiques ont noté que l'économie du pays affichait une croissance modérée.
Gero Jung, responsable de la stratégie d'investissement à la Banque Cantonale du Valais, a indiqué qu'un nouvel assouplissement monétaire n'était pas jugé opportun dans le contexte actuel. Il a ajouté qu'en l'absence de chocs majeurs, le maintien d'un taux directeur nul restait le scénario le plus probable.
Alexandro Bee, économiste chez UBS à Zurich, a noté que le document contenait peu d'informations nouvelles, mais qu'il comportait quelques points intéressants. Il a notamment souligné l'absence de scénarios alternatifs, par exemple un scénario avec des taux d'intérêt négatifs, comme étant particulièrement révélatrice. La BNS a probablement aussi évité de réserver des surprises dans ce résumé, ce qui explique son niveau de détail inférieur à celui des comptes rendus publiés par d'autres banques centrales, a ajouté M. Bee.
Depuis l'annonce des droits de douane américains, les responsables de la BNS ont semblé minimiser les inquiétudes concernant le taux de 39 %, nettement supérieur à ceux appliqués par d'autres pays. Cependant, les analystes ont commencé à revoir leurs prévisions. Le gouvernement a même abaissé son estimation de croissance pour 2026, la faisant passer de 1,2 % à 0,9 %, en raison de ces taxes à l'importation.
Selon les informations disponibles, l'inflation a atteint 0,2 % en septembre, mais les autorités anticipent une hausse modérée prochainement.
Le gouvernement suisse publiera un résumé après sa décision sur les taux d'intérêt
Le résumé publié par la banque est une première, faisant suite à la volonté de Schlegel d'accroître la transparence, à l'instar d'autres économies avancées comme les États-Unis. Selon le gouvernement suisse, ce résumé sera publié quatre semaines après chaque décision relative aux taux d'intérêt.
Les analystes ont également noté que cette mesure offre à la banque centrale un nouveau moyen d'influencer les marchés dans le contexte des efforts continus visant à ralentir les entrées de francs, alors même que la monnaie approche de son point letronfort face à l'euro depuis dix ans.
Par ailleurs, certains économistes d'UBS ont laissé entendre mercredi que la Banque nationale suisse interviendrait probablement pour freiner l'appréciation du franc. Dans leur synthèse, les responsables politiques n'ont toutefois fait que de brèves remarques sur le franc.
Ils ont commenté : « Les chocs géopolitiques pourraient entraîner des flux de capitaux vers des zones monétaires considérées comme des valeurs refuges par les investisseurs. Cela pourrait se traduire par une appréciation du franc suisse. Ce risque est actuellement partiellement atténué par l’écart de taux d’intérêt relativement élevé. »
Le gouvernement suisse avait toutefois précisé que ce résumé n'avait pas pour but de rendre compte des opinions et considérations individuelles des membres, ajoutant qu'il s'efforcerait de synthétiser uniquement les points essentiels des discussions au sein du conseil d'administration afin de les rendre compréhensibles par tous. Contrairement à leurs homologues, M. Schlegel a indiqué qu'ils ne partageraient pas l'intégralité des informations.

