La volonté de l'Europe d'accéder à la souveraineté en matière d'IA pourrait se solder par un désastre, prévient le PDG de Siemens

- Selon un cadre de Siemens, privilégier la souveraineté technologique pourrait nuire à l'Europe dans la course à l'IA.
- Roland Busch estime que l'UE a une approche « mal calibrée » du contrôle de l'intelligence artificielle.
- Ses commentaires interviennent alors que l'adoption du projet de loi historique de l'Union sur la « souveraineté technologique » est retardée
Selon le PDG du géant industriel et technologique Siemens, freiner l'innovation en matière d'IA au nom de la souveraineté technologique serait un désastre pour l'Europe.
Cet avertissement du plus haut responsable intervient alors que l'organe exécutif à Bruxelles s'apprête à présenter fin mai le paquet de mesures sur la souveraineté technologique de l'UE, dont la publication a été reportée.
Le patron de Siemens mise sur les outils d'IA existants plutôt que de développer une solution européenne
Selon Roland Busch, le dirigeant de Siemens, privilégier le développement d'une infrastructure nationale d'intelligence artificielle (IA) serait désastreux pour l'Union européenne.
Le directeur général du conglomérat industriel allemand a clairement indiqué qu'il privilégiait le déploiement d'outils existants, déjà construits par d'autres, pour stimuler la croissance économique sur le Vieux Continent.
Busch, qui oriente la plus grande entreprise d'ingénierie d'Europe vers la technologie depuis sa prise de fonction en 2021, a partagé ses réflexions sur le sujet avec le Financial Times.
Cité dans un article paru mardi, il a également insisté sur le fait que l'UE risquait de prendre encore plus de retard dans la course aux solutions d'IA si elle ne simplifiait pas sa réglementation.
Ses propos coïncident avec les efforts européens visant à réduire la dépendance vis-à-vis des entreprises technologiques américaines dans plusieurs domaines, notamment l'infrastructure cloud, l'intelligence artificielle et les logiciels bureautiques, entre autres produits et services.
Cette impulsion européenne dans ce sens intervient dans un contexte d'inquiétudes quant au fait que la politique étrangère de l'administration dudent Donald Trump puisse conduire à un « découplage technologique », souligne le rapport.
Bien que le PDG de Siemens ait admis que la construction de sa propre infrastructure d'IA rendrait l'UE « plus résiliente » au fil du temps, il a insisté sur le fait que les Européens ne devraient pas attendre que des usines d'IA soient construites en Allemagne ou ailleurs en Europe avant de commencer à affiner leurs modèles d'IA et a souligné :
« Il ne faut pas freiner le rythme de l’innovation au nom de la souveraineté. Ce serait une catastrophe. »
Les déclarations de Roland Busch font écho aux inquiétudes exprimées par un certain nombre d'entreprises de la région, selon lesquelles l'affaiblissement des liens avec les entreprises technologiques américaines ralentirait les investissements et augmenterait les coûts, a souligné le quotidien économique.
La réglementation sur l'IA que l'Union européenne tente de mettre en œuvre se heurte à l'opposition des grandes entreprises technologiques, de Washington et de certains États membres qui craignent que les nouvelles règles ne rendent l'utilisation de cette technologie plus difficile.
La réglementation européenne phare sur l'IA est entravée par des retards
La Commission européenne a récemment reporté pour la deuxième fois son projet phare de « souveraineté technologique », comme l'a rapporté Euractiv en début de mois. Son adoption, initialement prévue pour le 25 mars, puis reportée au 15 avril, est désormais fixée au 27 mai.
Ces mesures comprennent la loi sur le développement du cloud et de l'IA (CAIDA), la loi sur les puces 2, une feuille de route stratégique pour la numérisation et l'utilisation de l'IA dans le secteur de l'énergie, ainsi qu'une stratégie sur les logiciels libres.
CAIDA, en particulier, a été présentée comme un élément clé de la stratégie de l'UE en faveur de la souveraineté technologique. Cette législation devrait assouplir les règles de construction des centres de données afin de dynamiser le développement des infrastructures numériques au sein de l'UE et de permettre à cette dernière de rattraper son retard sur les leaders de la course mondiale à l'intelligence artificielle.
La nouvelle version du Chips Act vise à atteindre l'objectif que la législation initiale n'a pas atteint : accroître la production de semi-conducteurs au sein de l'Union européenne. Par ailleurs, la stratégie en faveur des logiciels libres devrait soutenir des projets susceptibles de devenir des alternatives viables aux solutions technologiques américaines.
Les retards dans le déploiement de l'IA en Europe, dus à des problèmes de sécurité et à une réglementation excessive, ralentiraient la croissance, a également averti Roland Busch, accusant l'UE d'avoir une approche « mal calibrée » pour exercer un contrôle sur cette technologie.
À cet égard, il a comparé l'adoption de l'intelligence artificielle par les États-Unis à un « fleuve au courant rapide », par opposition à l'écosystème technologique européen, qu'il qualifie d'« eau stagnante ».
Siemens investit 1 milliard d'euros (près de 1,16 milliard de dollars) dans le développement d'outils d'IA, selon son dirigeant. Mais la majeure partie de cette somme devrait bénéficier aux États-Unis et à la Chine, comme l'ont indiqué ses déclarations.
Au printemps dernier, la Commission européenne a annoncé qu'elle allouerait 1,3 milliard d'euros à des investissements dans l'intelligence artificielle, la cybersécurité et les compétences numériques, domaines d'importance stratégique pour la souveraineté technologique de l'UE.
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