L'UE confirme l'amende record de 4,1 milliards d'euros infligée à Google, signe que la répression contre les géants du numérique va se poursuivre

- La Cour de justice de l'Union européenne a confirmé jeudi l'amende record de 4,1 milliards d'euros infligée à Google.
- L'autorité de régulation a affirmé que le géant technologique avait illégalement lié son moteur de recherche et son navigateur au système d'exploitation Android.
- L'UE continue de sanctionner les géants de la tech malgré les réticences de Washington.
Google a subi aujourd'hui son dernier revers en matière de répression européenne après que la Cour de justice de l'Union européenne a rejeté son dernier recours contre une amende antitrust de 4,1 milliards d'euros (4,7 milliards de dollars) infligée par les autorités de régulation du vieux continent.
La décision d'aujourd'hui, quidentavec la plus forte amende antitrust de l'histoire de l'UE, met fin à huit années d'enquête juridique sur des allégations selon lesquelles Google aurait entravé la concurrence entre ses rivaux dans la course à la popularité auprès des utilisateurs du système d'exploitation Android.
Malgré les pressions de Washington et un lobbying intense des géants de la tech, la décision de l'UE de maintenir une amende record contre le géant technologique américain fautif envoie un message clair : Bruxelles appliquera ses règles de concurrence, sans exception.
Google a-t-il des options suite à la décision antitrust de l'UE ?
Google conteste depuis plus de huit ans les précédents jugements de l'UE concernant cette affaire de concurrence déloyale liée à Android, multipliant les recours juridiques. Cependant, la dernière décision de la Cour de justice de l'Union européenne semble avoir épuisé tous ses moyens.
La Commission européenne a porté ces accusations contre Google pour la première fois en 2018. À l'époque, l'autorité de régulation affirmait que le géant technologique américain était impliqué dans un système de donnant-donnant selon lequel les fabricants de téléphones n'avaient accès à sa boutique d'applications Google Play, très demandée, que s'ils préinstallaient Google Search et son navigateur Chrome.
La position du régulateur est que, compte tenu de la domination d'Android sur le marché, imposer de tels avantages comme condition préalable revenait à contrôler l'accès aux marchés de la recherche mobile et des navigateurs.
Google n'a guère bénéficié de répit durant sa contestation de la décision, hormis en 2022, lorsque le Tribunal de l'Union européenne a ramené l'amende initiale de 4,3 milliards d'euros à 4,1 milliards. Même alors, le Tribunal s'est globalement rangé du côté des autorités de régulation sur tous les autres points.
C’est alors que Google a porté l’affaire devant la Cour de justice de l’Union européenne, la plus haute juridiction du bloc. L’entreprise a fait valoir qu’elle n’avait rien fait qu’Apple ne fasse déjà, et que cette dernière n’avait d’ailleurs pas été mise en cause à ce sujet. Elle a également invoqué la pénalisation de l’innovation.
La Cour suprême n'a toutefois pas partagé l'avis de Google. « La Cour de justice rejette le recours formé par Google et Alphabet, confirmant ainsi la sanction qui leur a été infligée », a-t-elle déclaré jeudi. Alphabet, la maison mère de Google, a été reconnue solidairement responsable d'une partie de l'amende.
Ce résultat n'était pas inattendu. L'avis consultatif de la Cour, rendu en juin 2025, avait recommandé le maintien de la sanction, qualifiant les arguments juridiques de Google d'« inefficaces ». Ces avis consultatifs ne sont pas contraignants, mais les juges de l'UE s'y conforment généralement.
Google affirme qu'Android reste « ouvert »
Un porte-parole de Google a contesté cette décision, affirmant que le jugement « n'a pas tenu compte de notre investissement important pour garantir qu'Android reste ouvert, interopérable et gratuit ».
L'entreprise a indiqué avoir déjà modifié ses accords de licence en 2018 afin de se conformer à la décision initiale. Selon les nouvelles conditions, les fabricants de téléphones peuvent désormais obtenir une licence pour le Google Play Store sans être contraints d'installer l'ensemble des applications Google, comme l'avait précédemment révélé Cryptopolitanconcernant les mesures antitrust prises par l'UE à l'encontre de l'entreprise.
Un modèle plus large de mise en application
L'affaire Android est l'une des trois principales actions antitrust intentées par l'UE contre Google depuis 2017. Le montant cumulé des amendes dans ces affaires dépasse désormais 8 milliards d'euros, selon le résumé de Wikipédia sur les procédures antitrust de l'UE contre l'entreprise.
Bruxelles s'est également dotée de nouveaux outils. La loi sur les marchés numériques, entrée en vigueur en 2023, permet aux autorités de régulation d'établir des règles pour les plateformes dominantes avant même que des infractions ne soient constatées, plutôt que de mener de longues enquêtes a posteriori. Google fait déjà l'objet de plusieurs enquêtes formelles au titre de la loi sur les marchés numériques, et la Commission européenne prépare ce qui pourrait être la plus lourde sanction jamais infligée par cette loi concernant la manière dont Google affiche ses propres services dans les résultats de recherche, selon Cryptopolitan.
Cette répression a suscité de vives critiques à Washington. Ledent américain Donald Trump a menacé d'imposer des droits de douane punitifs après que l'UE a infligé à Google une amende distincte de 2,95 milliards d'euros en septembre pour ses pratiques publicitaires. De leur côté, les législateurs européens ont insisté sur le fait que leur réglementation numérique ne cible pas injustement les entreprises américaines.
La commissaire européenne à la concurrence, Teresa Ribera, a déclaré en mars que les autorités de régulation examinaient « l’ensemble de la pile d’IA », y compris les chatbots, les données d’entraînement et l’infrastructure cloud, ce qui indique que les actions coercitives contre les géants de la tech sont loin d’être terminées, selon Cryptopolitan.
Que va faire Google maintenant ?
Google n'a plus aucun recours. L'amende de 4,1 milliards d'euros est confirmée et l'entreprise doit continuer à appliquer les mesures de conformité adoptées en 2018.
Pour l'ensemble du secteur technologique, cette décision confirme que les juridictions de l'UE soutiendront les décisions de la Commission européenne en matière d'application de la réglementation, même lorsque les procédures durent près de dix ans. Avec l'entrée en vigueur de la loi sur la gestion des données (DMA) et les enquêtes en cours, les entreprises opérant en Europe sont confrontées à un environnement réglementaire où le regroupement de logiciels avant installation, l'autopromotion et le contrôle de l'accès aux plateformes ont de réelles conséquences financières.
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FAQ
Pour quelles raisons Google a-t-il été condamné à une amende dans l'affaire Android de l'UE ?
La Commission européenne a constaté que Google avait abusé de sa position dominante sur le marché en exigeant des fabricants de téléphones qu'ils préinstallent Google Search et Chrome comme condition d'accès à la boutique d'applications Google Play, excluant ainsi les moteurs de recherche et navigateurs concurrents.
Quel est le montant de l'amende de Google pour Android en Europe ?
L'amende s'élève à 4,1 milliards d'euros (4,7 milliards de dollars), réduite par le Tribunal de l'Union européenne en 2022 par rapport aux 4,3 milliards d'euros initialement fixés. Elle reste la plus lourde sanction antitrust jamais infligée par l'UE.
Google peut-il faire appel de cette décision ?
Non. La Cour de justice de l'Union européenne est la plus haute juridiction de l'UE, et son arrêt de jeudi est définitif. Google a déclaré avoir déjà modifié ses pratiques de licence Android en 2018 afin de se conformer à la décision initiale.
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Hannah Collymore
Hannah est rédactrice et éditrice, forte d'une expérience de près de dix ans dans la rédaction de blogs et la couverture d'événements liés aux cryptomonnaies. Chez Cryptopolitan, elle contribue à la page d'actualités en rédigeant des articles et en analysant les dernières évolutions de la finance décentralisée DeFi, des comptes gérés par les utilisateurs (RWA), de la réglementation des cryptomonnaies, de l'intelligence artificielle (IA) et des technologies de pointe. Elle est diplômée en administration des affaires de l'université Arcadia.
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