L'administration Trump accélère le raccordement électrique des centres de données, réduisant les délais d'approbation de plusieurs années à seulement 60 jours. Elle fait pression sur les autorités de réglementation pour faire progresser les objectifs de Trump en matière d'IA et de production industrielle.
Le secrétaire à l'Énergie, Chris Wright, a exhorté la Commission fédérale de régulation de l'énergie (FERC) à adopter une procédure d'examen accélérée de 60 jours pour les demandes de raccordement au réseau électrique émanant des grands centres de données. Si elle est approuvée, cette mesure permettrait un accès rapide à l'électricité pour les centres de données hyperscale, qui alimentent l'infrastructure d'intelligence artificielle de fournisseurs tels qu'Amazon et OpenAI.
Wright exhorte la FERC à adopter la procédure d'examen de 60 jours pour les hyperscalers
D'après un article , cette proposition de délai de 60 jours romprait avec le modèle réglementaire actuel, où les approbations prennent souvent plusieurs années. Elle permettrait également au président dent de tenir sa promesse de campagne de développer les capacités en intelligence artificielle dans le cadre d'une relance plus large de l'industrie manufacturière nationale.
« Pour inaugurer une nouvelle ère de prospérité américaine, nous devons garantir à tous les Américains et aux industries nationales l’accès à une électricité abordable, fiable et sûre. »
– Chris Wright, secrétaire à l'Énergie
Parallèlement, les autorités de régulation énergétique des États s'inquiètent des risques potentiels liés au raccordement direct des centres de données aux réseaux électriques. Plusieurs États affirment être déjà confrontés à une forte augmentation de la demande due aux véhicules électriques, aux usines et aux centres de données ; cette réglementation risquerait d'aggraver la situation et d'entraîner des factures d'électricité exorbitantes pour les ménages et les entreprises.
La proposition de Wright comporte toutefois des conditions visant à atténuer ces préoccupations. Par exemple, les centres de données souhaitant bénéficier d'une procédure d'approbationtracdoivent soit investir dans de nouvelles capacités de production d'électricité, soit accepter de réduire leur production lors des pics de consommation du réseau, comme lors des vagues de chaleur estivales.
Des différends antérieurs, comme le rejet par la FERC du projet de Talen Energy d'alimenter directement un site Amazon à partir d'une centrale nucléaire de Pennsylvanie, pourraient avoir une incidence. Ce projet visait à augmenter les ventes d'électricité en aval du compteur de 300 MW à 480 MW. Le régulateur a fait valoir que PJM n'avait pas démontré que l'accord était conforme aux normes de fiabilité du réseau. De tels différends illustrent le conflit croissant entre les ambitions fédérales et le contrôle exercé au niveau des États.
Un expert en énergie affirme que les centres de données basés sur l'IA pourraient stabiliser le réseau électrique américain
Certains experts du secteur énergétique contestent l'idée, de plus en plus répandue, selon laquelle les infrastructures d'IA font grimper les coûts. Nate Mason, expert en énergie au sein de l'Atlantic Council, soutient que les centres de données peuvent contribuer à réduire les coûts. Il souligne que de nombreuses nouvelles installations collaborent avec des centrales de production d'électricité situées sur le même site, comme des turbines à gaz et des réacteurs modulaires, qui peuvent réinjecter le surplus d'électricité dans le réseau. De tels projets pourraient faire baisser le prix de l'électricité, réduire la congestion du réseau et créer de nouvelles installations privées de production et de stockage d'énergie.
Mason a également plaidé en faveur de modèles de tarification en fonction des heures d'utilisation et de la valeur, permettant aux centres de données et aux petits consommateurs de payer des tarifs variables selon la demande en temps réel. Il estime que ce modèle tarifaire pourrait lisser les pics de consommation et améliorer l'efficacité énergétique aux États-Unis.
Le débat actuel sur la réforme du réseau électrique souligne la nécessité d'une politique clé pour maintenir le leadership américain dans la révolution de l'IA. Les géants du numérique comme les petits consommateurs reconnaissent que l'IA, l'électrification et même les usines de production nationales exigeront une consommation énergétique considérable. Cependant, la question de savoir qui en supportera le coût et qui en bénéficiera reste controversée.
L' Trump considère la règle des 60 jours comme un catalyseur de modernisation et d'innovation, visant à atteindre les objectifs de Trump en matière d'IA et de production industrielle. En revanche, certains critiques estiment que cette règle risque de faire peser la charge des grandes entreprises sur les citoyens ordinaires.
Les centres de données pourraient tirer profit de la réglementation proposée s'ils intègrent de nouvelles sources d'énergie ou s'ils acceptent de réduire leur consommation aux heures de pointe. Par ailleurs, des études de faisabilité pourraient être nécessaires, notamment pour des projets comme celui de Talen Amazon, qui prévoyait un raccordement à une centrale électrique existante.

