Ledent américain Donald Trump a publié dimanche sur son compte Truth Social une liste de huit points dénonçant ce qu'il a qualifié de « fraude non tarifaire », censée mettre en garde les pays cherchant à s'exempter des nouvelles taxes à l'importation. Cette liste vise plusieurs pratiques commerciales que Trump juge désavantageuses pour les fabricants américains.
Le document en huit points de Trump mentionne des pratiques commerciales qui, selon lui, sans imposer de droits de douane directs, ont un impact indirect sur les exportations américaines. En tête de liste figure la manipulation des devises, une accusation récurrente portée contre les pays qui dévalueraient leur monnaie pour rendre leurs exportations moins chères et leurs importations, notamment en provenance des États-Unis, plus onéreuses.
DERNIÈRE MINUTE : Le président dent énumère ce qui constitue une fraude non tarifaire pic.twitter.com/kV0V25oe6P
— The Spectator Index (@spectatorindex) 20 avril 2025
Le président américain pointait probablement du doigt la Chine, qui, selon les économistes, pourrait dévaluer le renminbi pour tenter de soutenir les entreprises locales contraintes de se détourner des marchés américains en raison des droits de douane.
Trump insiste sur le fait que les pays font une concurrence déloyale aux États-Unis
La liste vise également la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), courante dans de nombreuses économies. Selon Trump, la pratique consistant à taxer les importations tout en remboursant la TVA sur les exportations fausse la concurrence et désavantage les fabricants américains à l'échelle mondiale.
Les internautes contestentdent par le président américain pour désigner la TVA comme un « droit de douane », car elle s'applique également aux produits fabriqués localement.
« Comment une personne saine d'esprit peut-elle qualifier la TVA de tarif douanier ? », a demandé un utilisateur de X.
Parmi les autres mesures pointées du doigt par Trump figurent les subventions à l'exportation et le soutien financier public aux producteurs nationaux, deux pratiques que l'administration américaine actuelle accuse de nuire au libre marché. Le dumping, qui consiste à inonder les marchés étrangers de marchandises vendues à perte, est également dénoncé.
Trump a critiqué les normes agricoles protectionnistes et les réglementations techniques qu'il juge destinées à exclure les produits américains. Il a notamment cité en exemple le test japonais dit « de la boule de bowling », une affirmation qu'il avait déjà faite en 2018.
Selon lui, les autorités japonaises laissent tomber une boule de bowling d'une hauteur de 6 mètres sur le capot d'une voiture, disqualifiant ainsi de la vente au Japon dent un test qu'il a qualifié d'« horrible » et conçu, selon lui, pour bloquer les voitures américaines.
Ah oui, l'homme qui encense les dictateurs, fraude le fisc et a tenté de renverser la démocratie… donne maintenant des leçons au monde entier sur la « tricherie »
C'est à peine croyable. 🤦♀️
— Tetїana 🇺🇦 (@TPSpindel) 20 avril 2025
La liste dudentévoquait également la contrefaçon, le piratage et le vol de propriété intellectuelle, autant de griefs dans les relations commerciales entre les États-Unis et la Chine, ainsi que les pratiques de transbordement utilisées pour contourner les droits de douane en faisant transiter les marchandises par des pays tiers.
Les frictionsmatic persistent
Cette liste est publiée alors que l'administration Trump entame une nouvelle série de négociations avec ses partenaires commerciaux. Le Japon a été le premier à prendre l'initiative, en dépêchant la semaine dernière à Washington son principal négociateur en matière de tarifs douaniers, Ryosei Akazawa, pour des entretiens en face à face avec ledentaméricain.
La semaine dernière, Trump a annoncé un moratoire de 90 jours sur les droits de douane généralisés imposés à tous les pays, à l'exception de la Chine. Son administration a imposé des droits de douane importants sur les importations chinoises, et d'autres pays sont également soumis à des taxes pouvant atteindre 10 % jusqu'en juillet.
La Corée du Sud, confrontée à la perspective de nouvelles taxes douanières, devrait entamer des discussions cette semaine. Le président par intérim du pays dent Han Duck-soo, a confirmé publiquement la tenue de ces négociations, sans toutefois révéler d'éventuelles concessions.
Par ailleurs, le vice-dent JD Vance devrait se rendre en Inde pour rencontrer le Premier ministre Narendra Modi. En l'absence d'accord, Modi et son pays s'exposent à un droit de douane de 26 %.
La Chine résiste aux pressions américaines
La Chine a jusqu'à présent riposté aux dernières mesures de Trump par des mesures tarifaires réciproques, mettant en garde les autres nations contre la conclusion d'accords susceptibles de désavantager Pékin. Lundi, un porte-parole du ministère chinois du Commerce a déclaré que le pays ne tolérerait aucun accord conclu « au détriment des intérêts de la Chine » et a promis de prendre des mesures de rétorsion si nécessaire.
« L’apaisement ne peut apporter la paix, et le compromis ne peut valoir le respect », a déclaré le porte-parole, réprimandant directement tout pays qui se plierait aux exigences commerciales injustes des États-Unis.
Un éditorial du China Daily, journal d'État, a exhorté l'Union européenne à résister aux pressions américaines. Le quotidien a accusé les États-Unis d'instrumentaliser les négociations commerciales pour contraindre leurs alliés à imposer de nouvelles restrictions au commerce avec la Chine.

