Jeudi, Donald Trump a décroché le téléphone et a appelé Xi Jinping, et ledent chinois a finalement répondu.
La conversation, rapportée par Xinhua et confirmée par le ministère des Affaires étrangères chinois, a été initiée par Trump, qui insistait pour des pourparlers directs après des semaines de tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine.
Mais les détails de la conversation n'ont pas été divulgués.
Il s'agissait seulement de leur deuxième appel de l'année, le premier ayant eu lieu le 17 janvier, avant le retour de Trump à la Maison-Blanche. Ces derniers jours, Washington a accusé Pékin de traîner des pieds pour respecter ses engagements commerciaux, notamment en ce qui concerne les exportations de minéraux critiques.
Ces promesses provenaient de négociations en Suisse, où les deux parties s'étaient entendues sur une réduction temporaire des droits de douane. Mais cet accord s'est rapidement effondré. L'administration Trump n'obtenait pas les livraisons escomptées et la Chine était mécontente des nouvelles restrictions imposées par Washington.
Trump fait pression sur Xi concernant le ralentissement des échanges commerciaux et les nouveaux blocs d'exportation
Au cours de cet appel, Trump a soulevé la question des retards de la Chine dans l'exportation de minéraux clés, pourtant inclus dans l'accord post-Genève. Il a également évoqué le secteur des semi-conducteurs, pour lequel son administration venait d'imposer de nouvelles interdictions d'exportation et de conseiller aux entreprises américaines de ne pas dépendre des puces chinoises.
La Maison-Blanche a affirmé que cette décision était motivée par des raisons de sécurité nationale, mais Pékin l'a qualifiée de punition déguisée en mesure de protection. Pour ne rien arranger, la Chine était déjà exaspérée par une nouvelle réglementation restreignant l'accès aux visas pour lesdentchinois, une mesure qu'elle considérait comme politiquement motivée.
Des responsables à Pékin ont déclaré que les États-Unis « compromettaient les progrès récents » en ciblant les jeunes et les échanges éducatifs. Trump n'a pas cédé. Son administration estime que ces mesures sont nécessaires pour protéger les intérêts stratégiques américains.
L'impact économique de ces événements se faisait déjà sentir. Le jour de l'appel, les contrats à terme sur les actions américaines ont progressé. Le Dow Jones a gagné 89 points, tandis que les contrats à terme sur le S&P 500 et le Nasdaq-100 ont tous deux progressé de 0,2 %. Les investisseurs ont réagi promptement au moindre signe indiquant que les deux pays reprenaient au moins le dialogue, même si les problèmes n'étaient pas résolus.
Parallèlement, de nouveaux chiffres ont montré que le deficommercial américain avait chuté à 61,6 milliards de dollars en mai, son niveau le plus bas depuis septembre 2023. Cela représente une baisse de 76,7 milliards de dollars par rapport à avril et le recul mensuel le plus rapide depuis 1992.
Les exportations ont progressé de 8,3 milliards de dollars, tandis que les importations ont chuté de 68,4 milliards de dollars, soit une baisse de 16,3 %. Les entreprises s'étaient empressées d'importer des marchandises avant l'entrée en vigueur, le 2 avril, des droits de douane annoncés par Trump comme « jour de la libération », anticipant une hausse imminente des coûts.

