Yann LeCun, le parrain de l'IA, a déclaré que l'IA n'affecterait pas l'emploi de façon permanente et qu'elle ne supprimerait pas les emplois des écrivains, mais ceux des personnes moins performantes. LeCun, professeur franco-américain d'informatique et d'apprentissage automatique, vice-dent et directeur scientifique de l'IA chez Meta, a également souligné que les personnes les plus touchées seraient lesdentqui trichent, les journalistes qui se contentent de reproduire des communiqués de presse au lieu de mener leurs propres recherches, et les professeurs paresseux.
Il est convaincu que la narration authentique et humaine, enrichie d'une touche créative, n'a pas à se sentir menacée par l'IA, car elle constitue l'essence même de toute œuvre significative. LeCun pense que l'IA ne remplacera que les tâches répétitives, et que les domaines exigeant des décisions complexes, un sens social aigu et de la créativité ne seront pas remplacés de sitôt.

LeCun estime que les alarmistes, quels qu'ils soient, ne cherchent qu'à attirer l'attention. Il affirme que, même si les machines finiront par surpasser les humains, nous en sommes encore loin. Ceux qui prédisent la domination du monde par l'IA doivent comprendre que cette dernière doit encore acquérir une intelligence cognitive aussi rudimentaire que celle d'un rat. Or, un rat ne peut pas conquérir notre monde. Et s'il tentait de le faire, nous savons que tout modèle d'IA opère depuis un centre de données, et qu'il existe forcément un moyen de le désactiver.
Les emplois créatifs ont encore de beaux jours devant eux.
L'idée que l'IA puisse remplacer de nombreux emplois étant largement répandue, plusieurs entreprises ont cessé d'embaucher pour certains postes. Cependant, le professeur LeCun estime que l'IA ne supprimera pas définitivement l'emploi de nombreuses personnes. Il pense que la nature du travail et nos méthodes de travail évolueront, car il est difficile de prédire quels métiers seront recherchés dans 20 ans.

Yann LeCun affirme que l'humanité devra traverser une transition en tant que main-d'œuvre, comme ce fut le cas lors de l'invention de l'imprimerie ou de l'avènement d'Internet. Il estime que les emplois liés à la saisie de données, à l'analyse financière et au service client diminueront, la baisse des coûts et l'amélioration de l'efficacité grâce à l'IA étant des facteurs déterminants. En revanche, il pense que les métiers d'enseignant, de thérapeute, d'avocat, de sportif et d'artiste seront préservés. Le directeur scientifique de Meta estime quant à lui que les entreprises et les gouvernements doivent investir dans la formation de leur personnel afin qu'il puisse s'adapter à l'évolution du monde du travail.

Yann LeCun n'est pas optimiste quant à AGI
Yann LeCun a sa propre théorie de l'IA, souvent en contradiction avec les idées reçues. Il s'est opposé à plusieurs reprises aux leaders du secteur. Il ne perçoit pas l'IA comme une menace pour notre monde, mais comme une projection humaine sur les machines. Selon lui, la recherche en IA ne devrait pas être enfermée dans le secret, car ce serait une erreur.
Auparavant, LeCun s'opposait à l'idée d'Elon Musk selon laquelle l'intelligence artificielle générale (IAG) surpasserait l'humanité d'ici 2025. Jensen Huang, PDG de Nvidia, prédisait également que l'IAG pourrait être une réalité d'ici cinq ans. Mais LeCun ne semble pas aussi optimiste quant à l'IAG ; il nie même son existence. Pourquoi ? — Selon lui, l'intelligence humaine n'est pas fondamentalement générale. Mais d'après lui, cet objectif reste encore lointain. Les caractéristiques fondamentales de l'intelligence humaine sont la compréhension du monde physique environnant, le raisonnement, la planification et la mémoire persistante. Les animaux possèdent également ces mêmes caractéristiques.
LeCun affirme que nous sommes encore loin d'atteindre l'intelligence humaine, et encore moins de la surpasser. Selon lui, un enfant de quatre ans a traité cinquante fois plus de données que les plus grands modèles de langage (LLM) n'en ont jamais vu. En effet, nous, humains, n'apprenons pas uniquement par le langage ; nous apprenons aussi de notre environnement et du monde qui nous entoure. Pour y remédier, il est nécessaire de repenser l'architecture de l'entraînement des LLM et d'intégrer d'autres paramètres que la simple transmission de texte afin de les rendre capables, au moins, d'atteindre le niveau d'un chat, dont les capacités cognitives dépassent largement celles des LLM les plus performants.

