Google se voit attribuer pour la première fois au Royaume-Uni le statut de « marché stratégique »

- Google s'est vu accorder le premier statut de marché stratégique au Royaume-Uni, plaçant ainsi ses activités de recherche et de publicité sous une supervision directe.
- L'autorité britannique de la concurrence et des marchés (CMA) affirme que Google détient un pouvoir considérable et a fait part de ses inquiétudes concernant les réponses de Google en matière d'IA et la tarification des publicités.
- L'avocat de Google, Oliver Bethell, a averti que cette décision pourrait nuire à l'innovation et retarder les lancements de produits en Grande-Bretagne.
Google est devenue la première entreprise au Royaume-Uni à se voir attribuer ce que les autorités de régulation appellent le « statut de marché stratégique ». Cette mesure expose son empire de la recherche et de la publicité à une surveillance directe de la part de l'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) du pays.
L'organisme de surveillance a déclaré que la position dominante de l'entreprise dans la recherche générale et la publicité était « substantielle et bien ancrée », un statut qui donne au régulateur le pouvoir d'imposer des règles, des sanctions et des mesures d'application de la loi en cas de besoin.
L'Autorité de la concurrence et des marchés (CMA) a indiqué que ses préoccupations portaient notamment sur l'équité des résultats de recherche, le coût élevé de la publicité et l'influence croissante des réponses générées par l'intelligence artificielle. L'agence a fait valoir que ce niveau de contrôle visait à garantir la compétitivité des marchés numériques.
Une nouvelle loi britannique entrée en vigueur en début d'année a donné aux autorités de régulation ces nouveaux outils pour lutter contre les entreprises ayant atteint ce niveau d'influence.
Le Royaume-Uni applique de nouvelles règles tandis que l'UE et les États-Unis intensifient les mesures
Oliver Bethell, directeur principal de la concurrence chez Google, a averti que le gouvernement devait éviter des « restrictions coûteuses » et des « réglementations excessivement contraignantes ». Il a ajouté : « Nombre des propositions d'intervention évoquées dans ce processus freineraient l'innovation et la croissance au Royaume-Uni, et pourraient ralentir le lancement de nouveaux produits. »
Cette désignation ne constitue pas une preuve de culpabilité. Elle n'implique pas que Google ait agi de manière anticoncurrentielle. Toutefois, elle confère à la CMA le pouvoir d'intervenir si nécessaire, ce qui représente un changement majeur dans la manière dont les plateformes technologiques sont encadrées au Royaume-Uni. Le moment choisi est également important.
Cette décision intervient quelques semaines après que l'Union européenne a infligé à Google une amende de près de 3 milliards d'euros (environ 3,5 milliards de dollars) pour avoir favorisé ses propres services publicitaires. L'UE a également ordonné à l'entreprise de cesser cette pratique. Cette sanction avait incité le président américain de l'époque,dent Trump, à qualifier la mesure de « très injuste », ajoutant que Washington pourrait réagir en imposant des droits de douane plus élevés.
La décision du Royaume-Uni s'inscrit dans une vague de mesures prises en Europe pour limiter l'influence mondiale de l'entreprise. Tandis que Bruxelles l'a sévèrement sanctionnée, Londres opte pour une autre approche : un contrôle formel. Les autorités de régulation ont désormais le pouvoir de décider du comportement de Google sur le marché, et non plus seulement de le punir a posteriori.
Les batailles juridiques aux États-Unis accentuent la pression sur les pratiques de regroupement
Les batailles ne s'arrêtent pas en Europe. À Washington, Google est en conflit avec le ministère de la Justice au sujet de sa capacité à continuer d'intégrer des applications populaires à son service d'intelligence artificielle, Gemini.
Mercredi, l'avocat de l'entreprise, John Schmidtlein, a déclaré au juge fédéral Amit Mehta : « Rien ne permet d'affirmer que Google ait acquis à ce jour un monopole ou un pouvoir de marché sur le marché de l'intelligence artificielle. » Il a également précisé : « Il n'a pas été établi que Maps ou YouTube constituent un produit monopolistique. »
Le juge Mehta rédige actuellement une mesure corrective pour remédier aux pratiques illégales du géant technologique dans les domaines de la recherche et de la publicité. Le mois dernier, il a statué que Google ne pouvait plus rémunérer des entreprises pour l'utilisation exclusive de son moteur de recherche, de son navigateur Chrome ou du Play Store. Sans interdire tout paiement, il a imposé des restrictions. La décision reprenait des éléments des propositions de Google et du ministère de la Justice, ce qui a entraîné une nouvelle audience au cours de laquelle les deux parties ont tenté d'y intégrer leurs dernières modifications.
Lors du procès, des témoins ont affirmé que Google imposait aux fabricants d'appareils un accord « tout ou rien ». Pour accéder au Play Store sur Android, les fabricants devaient préinstaller près d'une douzaine d'applications de la société.
Cela incluait l'imposition de Google Search comme moteur de recherche par défaut, évinçant ainsi des concurrents comme Bing de Microsoft. Cette pratique d'intégration est au cœur du litige américain. Le ministère de la Justice souhaite que les mêmes restrictions s'appliquent à Gemini, un projet auquel Google s'oppose.
Au-delà des tribunaux, YouTube demeure un pilier de l'empire Google. Les données de Nielsen montrent qu'il représente désormais un temps de visionnage supérieur à celui de toutes les chaînes de télévision et plateformes de streaming de Walt Disney réunies.
Elle génère également plus de recettes publicitaires que les quatre principaux réseaux de télévision américains réunis. Chaque jour, les utilisateurs visionnent plus d'un milliard d'heures de vidéo sur la plateforme, ce qui renforce la pression des autorités de régulation sur l'influence de l'entreprise.
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