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La BCE affirme que les droits de douane imposés par Trump ont affecté les dépenses de la zone euro et freiné la demande américaine

ParJai HamidJai Hamid
Temps de lecture : 2 minutes
  • La BCE affirme que les droits de douane imposés par Trump font grimper les anticipations d'inflation et pénalisent les finances des ménages de la zone euro.
  • 26 % des consommateurs évitent les produits américains, tandis que 16 % dépensent moins en général.
  • Les personnes aux revenus plus élevés changent de produits, mais celles aux revenus plus faibles réduisent leurs dépenses totales.

La Banque centrale européenne affirme que les droits de douane imposés par Trump pénalisent fortement les ménages de la zone euro. De nouvelles données d'enquête datant de juin 2025 confirment que les familles européennes dépensent moins, anticipant une hausse des prix et réduisant leurs achats de produits américains, en réaction directe à la guerre commerciale déclenchée par la Maison Blanche en début d'année.

L’enquête de la BCE sur les attentes des consommateurs montre que les craintes d’inflation, le stress financier personnel et le ralentissement de la croissance économique liés à ces droits de douane influencent la façon dont les gens consomment, épargnent et envisagent l’avenir.

Environ 40 % des habitants de la zone euro estiment désormais que les droits de douane alimentent l'inflation. Près de 13 % affirment que leurs finances personnelles ont été affectées, et 24 % pensent que l'économie dans son ensemble ralentira en raison des mesures commerciales américaines.

Il ne s'agit pas de spéculations. La BCE a recueilli ces chiffres après l'annonce des droits de douane par Trump en avril, et ils révèlent de réels changements dans les anticipations et les comportements des consommateurs.

Les consommateurs de la zone euro se préparent à une inflation plus élevée et à un ralentissement de la croissance

Ceux qui anticipent une hausse de l'inflation grâce aux droits de douane ont déjà revu leurs prévisions à la hausse. L'enquête révèle que, par rapport à janvier 2025, ces personnes s'attendent désormais à une inflation supérieure de 0,2 point de pourcentage dans un an.

Leurs prévisions à trois ans ont augmenté de 0,13 point, et même leurs anticipations à cinq ans ont progressé de 0,06 point. C'est considérable pour l'inflation à long terme, qui, généralement, fluctue peu. Cela montre qu'ils estiment que cette situation est là pour durer.

Concernant la croissance, le constat est le même. Ceux qui perçoivent les droits de douane comme un facteur de récession revoient à la baisse leurs prévisions de croissance à 12 mois de 0,4 point de pourcentage. C'est deux fois plus que chez ceux qui estiment que les droits de douane n'auront pas d'impact négatif sur l'économie.

La BCE affirme que cette division révèle un clivage net entre ceux qui ressentent la pression et ceux qui ne la ressentent pas. Quoi qu'il en soit, la prudence est de mise.

Les dépenses diminuent et les consommateurs délaissent les produits américains

La réaction ne se limite pas aux prévisions, elle se traduit aussi dans les comportements des consommateurs. 26 % des personnes interrogéesdentdéclaré avoir déjà cessé d'acheter des produits américains. 16 % ont indiqué avoir réduit leurs dépenses globales depuis l'annonce des droits de douane.

Les ménages les plus aisés sont plus enclins à éviter les produits américains, tandis que les familles à faibles revenus réduisent leurs dépenses de manière générale. Qu'est-ce qui explique cet écart ? Le niveau de connaissances financières. Ce sont les personnes qui maîtrisent mieux l'économie qui changent de marque. Celles qui ont moins de connaissances achètent simplement moins de tout.

Une part importante des coupes budgétaires touche les dépenses non essentielles. La BCE indique que les dépenses consacrées aux besoins fondamentaux, comme l'alimentation et le loyer, sont restées relativement stables. Mais qu'en est-il des dépenses non essentielles ? C'est là que les restrictions budgétaires se font sentir. Entre janvier et avril 2025, les ménages qui ont modifié leurs habitudes après l'instauration des droits de douane ont davantage réduit leurs dépenses que les autres. L'ensemble des coupes concerne les dépenses discrétionnaires.

Mislav Matejka, stratégiste chez JPMorgan Chase, estime que ce ralentissement pourrait être temporaire. « Une potentielle reprise des bénéfices et des rachats d'actions pourrait soutenir une perspective plus positive pour la zone euro à l'aube de l'année prochaine, une fois la phase de consolidation actuelle achevée », a-t-il écrit dans une note aux investisseurs. Le marché boursier de la zone euro, tracpar l'indice Stoxx 600, affiche une hausse de 9 % depuis le début de l'année, mais reste inférieur à la progression de 13 % du S&P 500. Les bénéfices dans la zone euro sont déjà en baisse de 1 % depuis le début de l'année.

D'après les données compilées par Bloomberg Intelligence, le consensus prévoit une hausse de 11 % du bénéfice par action du Stoxx 600 en 2026. Les bénéfices du S&P 500 devraient quant à eux progresser d'environ 14 % l'année prochaine.

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Jai Hamid

Jai Hamid

Jai Hamid couvre l'actualité des cryptomonnaies, des marchés boursiers, des technologies, de l'économie mondiale et des événements géopolitiques qui influencent les marchés depuis six ans. Elle a collaboré avec des publications spécialisées dans la blockchain, telles que AMB Crypto, Coin Edition et CryptoTale, sur des analyses de marché, des sujets liés aux grandes entreprises, à la réglementation et aux tendances macroéconomiques. Diplômée de la London School of Journalism, elle a également présenté à trois reprises son expertise du marché des cryptomonnaies sur l'une des principales chaînes de télévision africaines.

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