La Chine a réagi vivement mardi, qualifiant la décision de Trump de bloquer le détroit d'Ormuz iranien d'acte immature, « dangereux et irresponsable » qui ne ferait qu'empirer la situation pour tout le monde.
Selon Pékin, le blocus (qui a débuté lundi à 10h00, heure de l'Est) va nuire à ce que les responsables chinois ont décrit comme une « situation de cessez-le-feu déjà fragile »
« Si les États-Unis persistent à utiliser cela comme prétexte pour imposer des droits de douane supplémentaires à la Chine, cette dernière prendra defides contre-mesures résolues », a déclaré la Chine.
Le président chinois Guo Jiakun exhorte toutes les parties à cesser immédiatement les hostilités et à rétablir la circulation
Ledent chinois Xi Jinping soutient Téhéran depuis des années et importe plus de pétrole brut iranien que quiconque. Si le pétrole iranien ne peut plus transiter par le marché, la Chine perd une source d'approvisionnement majeure, et les conséquences ne s'arrêteront pas là.
Lors d'une conférence de presse, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré que seul un cessez-le-feu total pouvait véritablement apaiser les tensions dans le détroit. Il a également fermement démenti les allégations selon lesquelles la Chine aurait envoyé des armes à l'Iran, qualifiant ces informations de « purement inventées », et ajoutant : « La Chine est convaincue que seul un cessez-le-feu global et la fin de la guerre permettront de créer les conditions d'une détente durable dans le détroit. »
Guo a ensuite déclaré : « La Chine exhorte toutes les parties à respecter les accords de cessez-le-feu, à se concentrer sur l'orientation générale du dialogue et des pourparlers de paix, à prendre des mesures concrètes pour favoriser l'apaisement de la situation régionale et à rétablir au plus vite un trafic normal dans le détroit. »
Des navires traversent le détroit tandis que les pourparlers de paix avec les États-Unis vacillent et que Téhéran évalue les dégâts
Malgré l'opération navale américaine en cours, BBC Verify a indiqué que les données detracdes navires montraient que quatre bâtiments liés à l'Iran avaient franchi le détroit d'Ormuz après le début du blocus. Les données consultées de MarineTraffic ont révélé que deux de ces navires avaient fait escale dans des ports iraniens.
L'un d'eux était le vraquier Christianna, qui a franchi le détroit lundi après la mise en place du blocus. Les données de Tracont montré qu'il avait fait escale à Bandar Imam Khomeini, en Iran.
Un autre navire, le Rich Starry, visé par des sanctions américaines liées au commerce avec l'Iran, a navigué vers l'est depuis Sharjah, aux Émirats arabes unis, à travers le détroit pendant la nuit.
Un troisième navire, le pétrolier Murlikishan, est également sous sanctions américaines en raison de son commerce avec l'Iran. Il a quitté Lanshan, en Chine, et a mis le cap à l'ouest pendant la nuit. MarineTraffic a indiqué que sa dernière position connue se situait à l'est de l'île de Qeshm, au large des côtes iraniennes. Le quatrième navire, l'Elpis, lui aussi sous sanctions américaines, est passé par là en direction de l'est après avoir quitté le port iranien de Bushehr. Sa destination reste inconnue.
L'une des principales complications liées à ces données réside dans le fait que certains navires ont pu recourir à l'usurpation d'identité, c'est-à-dire envoyer de faux signaux de localisation pour dissimuler leur position réelle. De ce fait, certaines escales ont pu être masquées, rendant impossible la détermination précise des lieux de chargement et de déchargement.
Malgré tout, le tableau d'ensemble est préoccupant. Les traversées du détroit ne représentent plus qu'une infime partie du trafic maritime habituel. Avant la guerre, cette voie navigable voyait passer en moyenne 138 navires par jour.
Sur le plan diplomatique, l'agence de presse officielle iranienne IRNA a indiqué que des messages avaient été échangés entre Téhéran et le Pakistan, qui joue le rôle de médiateur, mais qu'il n'y avait « aucune information » concernant un éventuel accord pour de nouvelles négociations avec les États-Unis.
Citant une sourcematic , l'agence IRNA a indiqué que les messages portaient sur les « derniers développements » après l'échec des pourparlers du week-end avec Washington. Plus tôt, Reuters avait rapporté que les équipes de négociation américaines et iraniennes pourraient retourner à Islamabad cette semaine pour relancer les pourparlers visant à mettre fin à la guerre.
Dans le même temps, l'Iran chiffre le coût du conflit. L'agence de presse Tasnim a rapporté que Téhéran évalue les dégâts afin de pouvoir réclamer des réparations lors des négociations. La porte-parole du gouvernement iranien, Fatemeh Mohajerani, a déclaré aux médias russes qu'une estimation préliminaire chiffrait les dégâts à environ 270 milliards de dollars, soit 189 milliards de livres sterling, à ce jour.
Elle a précisé que ce chiffre pourrait encore évoluer, les autorités poursuivant le recensement des pertes, notamment les bâtiments endommagés et les pertes de revenus dues à la fermeture des entreprises. Selon des propos rapportés par l'IRNA, Mme Mohajerani a également indiqué que les réparations figuraient parmi les sujets abordés lors des discussions avec les États-Unis ce week-end.

