Après la première baisse des taux d'intérêt de la Réserve fédérale en 2025, en septembre, deux autres baisses sont envisagées d'ici la fin de l'année. La plupart des banques centrales du monde suivent la même voie.
Sur les 23 principales autorités monétaires trac par Bloomberg, 15 devraient assouplir leurs conditions d'emprunt. C'est le cas de la Fed, qui prévoit de poursuivre une baisse progressive de ses taux jusqu'à l'année prochaine. L'exception ? L'Europe. De Francfort à Londres, les décideurs politiques freinent toute nouvelle baisse … du moins pour l'instant.
Selon Bloomberg, la vague mondiale d'assouplissement monétaire est de retour, sauf en Europe occidentale. Les banques centrales des pays nordiques et du Royaume-Uni maintiennent pour l'instant leur politique monétaire inchangée, attendant de voir comment l'inflation évolue.
Même la Suisse, qui devrait une dernière fois passer en territoire négatif, n'y restera pas longtemps. La Banque du Japon est le seul grand acteur à prendre le contre-pied, se préparant à relever ses taux dans les prochaines semaines.
La Fed envisage de nouvelles baisses de prix tout en gérant la pression de Trump et les craintes d'inflation
La Fed ne précipite rien. Elle prévoit deux nouvelles baisses de taux d'ici décembre et des réductions trimestrielles régulières pendant les neuf premiers mois de 2026. Mais le rythme est lent. Les responsables suivent de près l'impact des droits de douane imposés par le président dent Trump sur les prix.
Les prévisions actuelles indiquent un niveau final des taux d'intérêt américains plus élevé que celui anticipé en juillet. La banque centrale fait preuve de prudence, partagée entre la maîtrise de l'inflation et les pressions politiques.
Les 28 et 29 octobre, les responsables de la politique monétaire de la Fed se réunissent à nouveau. Les marchés anticipent une nouvelle baisse de taux d'un quart de point. La mesure du mois dernier n'était qu'un début. La Fed souhaite atténuer les tensions sur le marché du travail sans provoquer une nouvelle flambée inflationniste.
En coulisses, la Maison-Blanche intensifie les pressions. Trump devrait nommer prochainement un nouveau président de la Réserve fédérale, le mandat de Jerome Powell s'achevant en mai.
Les tribunaux sont également impliqués. Trump a tenté de destituer la gouverneure Lisa Cook, mais la Cour suprême a rejeté sa demande. Cette décision lui accorde un répit, au moins jusqu'à l'examen des arguments par la Cour en janvier. Pour l'instant, cette pause permet à la Réserve fédérale de souffler, mais la pression reste forte.
Dans le même temps, les indicateurs du coût du crédit mondiaux de BE sont à la hausse. Fin 2026, les taux mondiaux et ceux des économies avancées devraient être supérieurs d'environ 0,25 point à leur niveau antérieur. Cela témoigne d'une bonne santé économique, malgré la persistance de certaines craintes inflationnistes.
Les mesures boursières catastrophiques de Trump n'ont pas facilité les prévisions. Pourtant, les nouvelles données couvrent 90 % de l'économie mondiale. Il s'agit de la meilleure estimation dont disposent les décideurs politiques pour anticiper l'avenir.
L'Europe maintient ses taux d'intérêt inchangés, le Japon annonce une hausse et le Royaume-Uni adopte une attitude prudente
Le message de l'Europe est clair : pas de nouvelles baisses de taux. Les responsables de la BCE estiment que l'inflation est stable et que la zone euro peut continuer à croître malgré la hausse des droits de douane américains. Ils n'agiront pas tant que l'inflation ne chutera pas.
Leur dernière réunion en décembre présentera de nouvelles prévisions s'étendant jusqu'en 2028. Si l'inflation chute à nouveau en dessous des prévisions, même les plus farouches pourraient céder et autoriser une nouvelle baisse. Mais pour l'instant, ils maintiennent le cap.
La banque centrale japonaise prend le contre-pied de sa politique monétaire. Kazuo Ueda, son gouverneur, s'apprête à relever les taux. Deux membres de son conseil d'administration ont voté contre le maintien des taux inchangés le mois dernier. Même l'une des voix les plus accommodantes s'est ralliée à une position plus restrictive.
Cette situation a secoué les marchés et ouvert la voie à une hausse des taux dès octobre. L'inflation dépasse l'objectif de la Banque du Japon depuis plus de trois ans. Les droits de douane américains n'ont pas dentd'impact significatif sur l'économie japonaise.
Et maintenant, Sanae Takaichi, la nouvelle dirigeante du parti au pouvoir, pourrait influencer la politique de la Banque du Japon. Elle est favorable à un assouplissement de la politique monétaire, mais Ueda semble prêt à débloquer la situation.
Au Royaume-Uni, la Banque d'Angleterre est dans l'impasse. Son gouverneur, Andrew Bailey, doute qu'elle maintienne son plan de baisse trimestrielle des taux. De récentes réunions ont révélé de profonds désaccords. Les prix des produits alimentaires s'envolent et les ménages anticipent une poursuite de l'inflation.
La prochaine réunion de la Banque d'Angleterre se tiendra entre la publication des données sur l'inflation de septembre, qui devraient indiquer une hausse des prix de 4 %, et la présentation du budget d'automne du gouvernement britannique le 26 novembre. Ce calendrier complique tout.
Cette semaine est également riche en événements économiques. Mardi, la Fed de New York publiera ses prévisions d'inflation. Mercredi, elle publiera le compte rendu de sa réunion. Jeudi, Jerome Powell prendra la parole. Et vendredi pourrait être l'occasion de publier le rapport sur l'emploi, si le gouvernement américain met fin à son blocage.

