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Le Canada réduit de 50 % le quota d'importation en franchise de droits de Stellantis

ParCollins J. OkothCollins J. Okoth
3 minutes de lecture -
Le Canada réduit de 50 % le quota d'importation en franchise de droits de Stellantis.
  • Le Canada réduit de 50 % les quotas d'importation en franchise de droits pour Stellantis et de 24,2 % pour General Motors, invoquant le retrait des plans de fabrication en Ontario.
  • Le ministre des Finances, François-Philippe Champagne, affirme que les deux constructeurs automobiles ont manqué à leurs engagements dans le cadre du programme canadien de remise de crédits pour l'automobile.
  • Ces réductions d'effectifs font suite à la décision de Stellantis de transférer la production du Jeep Compass dans l'Illinois et à la fermeture par GM de l'usine de production de fourgonnettes BrightDrop à Ingersoll.

Le Canada a décidé de réduire les avantages commerciaux accordés à Stellantis NV et à General Motors Co. après que les deux constructeurs automobiles ont diminué leurs engagements de production en Ontario. Le ministère canadien des Finances a annoncé jeudi que le quota d'importation en franchise de droits de Stellantis sera réduit de 50 % et celui de GM de 24,2 %.

Le cadre d'exemption tarifaire d'Ottawa pour les véhicules permet l'importation au Canada de véhicules assemblés aux États-Unis en franchise de droits uniquement si les constructeurs automobiles maintiennent leur production locale. Le ministre des Finances, Philippe Champagne, a révélé que la décision de réduire le taux d'exemption reflétait la déception du gouvernement face à la récente décision de GM d'interrompre la production locale des fourgonnettes de livraison électriques BrightDrop et à l'annulation par Stellantis de la production du Jeep Compass au Canada. Il a ajouté qu'il s'agissait d'une décision inacceptable compte tenu des obligations légales qu'ils ont signées envers le Canada et les travailleurs canadiens. 

Ottawa durcit les règles tarifaires sur Stellantis et GM

Stellantis a annoncé en début de mois le transfert de la production de sa Jeep Compass de Brampton (Ontario) à Belvidere (Illinois), dans le cadre d'un plan de 13 milliards de dollars américains visant à accroître la production nationale. Le constructeur automobile a précisé que ce plan financera le lancement de cinq nouveaux modèles, le développement d'un nouveau moteur quatre cylindres GMET4 EVO et la création de 5 000 emplois dans l'Illinois, le Michigan, l'Ohio et l'Indiana. 

Antonio Filosa, PDG de Stellantis, a reconnu que cette initiative augmentera la capacité de production américaine de 50 % et permettra de commercialiser des modèles supplémentaires jusqu'en 2029. La décision de délocaliser la production aux États-Unis a entraîné la perte d'emploi d'environ 3 000 employés syndiqués.

General Motors a mis fin à la production de fourgonnettes électriques BrightDrop en raison d'une demande inférieure aux prévisions pour sa gamme de véhicules utilitaires électriques. Au moins 1 100 ouvriers ont été touchés par cette décision. Le gouvernement a considéré ces mesures comme une rupture detracau titre du programme de remise automatique. La ministre de l'Industrie automobile, Mélanie Joly, a indiqué que le gouvernement était prêt à engager des poursuites judiciaires si Stellantis ne respectait pas ses engagements. 

Dans une lettre adressée à Stellantis, Joly a averti que le constructeur automobile avait pris des engagements juridiquement contraignants et que tout manquement à ces engagements serait considéré comme un défaut de paiement. Elle a ajouté qu'Ottawa tiendrait le constructeur automobile responsable devant les tribunaux. 

Flavio Volpe,dent de l'Association des fabricants de pièces automobiles, a soutenu la décision du gouvernement, soulignant qu'il est inutile de verser des primes à une entreprise pour qu'elle maintienne sa présence si elle a renié ses engagements. Il a présenté cette décision comme un moyen de rappeler aux constructeurs automobiles que ces incitations s'accompagnent d'attentes et d'espoirs quant à leur retourtrac.

La politique de relocalisation de Trump met les constructeurs automobiles sous pression, tandis que le Canada riposte

La politique de relocalisation de Donald Trump a incité les entreprises à développer leur production aux États-Unis, en privilégiant la fabrication automobile nationale et en imposant de lourdes sanctions sur les importations. Les droits de douane américains, pouvant atteindre 25 % sur les véhicules non conformes, ont contribué à modifier les décisions des entreprises en Amérique du Nord.  

La décision actuelle de GM illustre une tendance croissante des fabricants de batteries et de véhicules électriques à réduire leur production suite à la chute de la demande. Cryptopolitan rapporté que Dana Inc. avait cessé ses activités pour la même raison. La fermeture de Dana a entraîné le licenciement d'environ 200 employés. Aux États-Unis, la baisse de la demande était principalement due à l'expiration des crédits d'impôt pour les véhicules électriques le 30 septembre. Le retrait de Dana du marché semble se répercuter sur l'ensemble du secteur, même si les concurrents chinois, tels que BYD, semblent maintenir le cap.

Le changement de politique du gouvernement canadien témoigne d'un équilibre fragile au sein de l'industrie automobile canadienne. M. Champagne a écrit audentde GM, Kristian Aquilina, pour l'informer que les quotas de déduction pourraient être réexaminés. Le ministre des Finances a indiqué que si GM obtenait un nouveau mandat pour Ingersoll et une augmentation de la production de véhicules, les quotas seraient réévalués. Il a ajouté que des conditions similaires s'appliquent à Stellantis, dont les quotas ne seront rétablis que si l'entreprise lance une nouvelle chaîne de production canadienne.

La décision du gouvernement annule de fait les incitations commerciales malgré un droit de douane de représailles de 25 % imposé l'année dernière dans un contexte de tensions croissantes liées à l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC).

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Collins J. Okoth

Collins J. Okoth

Collins Okoth est journaliste et analyste de marché, fort de huit ans d'expérience dans le secteur des cryptomonnaies et des technologies. Analyste financier certifié, il est également titulaire d'un diplôme enmaticactuarielles. Collins a précédemment travaillé comme rédacteur et éditeur pour Geek Computer et CoinRabbit.

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