Les BRICS n'ont eu aucun impact sur le dollar américain l'an dernier. En sera-t-il de même cette année ?

- Le BRICS+ avait fait de grandes promesses pour défier le dollar américain en 2024, mais n'a guère réussi à dent.
- Des initiatives comme une monnaie adossée à l'or et des systèmes de paiement locaux ont manqué de mise en œuvre et d'impact.
- Les menaces de Trump d'imposer des droits de douane de 100 % pourraient inciter les pays BRICS+ à agir plus rapidement, mais pourraient aussi se retourner contre lui.
Le dollar américain a dominé l'année 2024 sans partage, et à bien des égards, il règne encore en maître. Malgré de grandes promesses et une rhétorique plus tonitruante, le BRICS+ – un bloc composé désormais du Brésil, de la Russie, de l'Inde, de la Chine, de l'Afrique du Sud, auxquels s'ajoutent les nouveaux membres que sont l'Égypte, l'Éthiopie, l'Iran et les Émirats arabes unis – n'est pas parvenu à ébranler la devise américaine.
Leur campagne de dédollarisation était ambitieuse, certes, mais l'année dernière a démontré que l'ambition ne suffit pas. À l'aube de cette nouvelle année, la question est simple : cette année sera-t-elle différente ?
En théorie, les BRICS+ devraient constituer une puissance financière majeure. Ces pays représentent 45 % de la population mondiale et contrôlent 42 % des réserves de change des banques centrales. Ils ont le nombre, les ressources et la motivation nécessaires.
Mais le dollar n'est pas un adversaire facile. Il représente 90 % des échanges mondiaux de devises et domine toujours le marché pétrolier, auquel sont liées 80 % des transactions. Les BRICS+ ont fait de grandes promesses d'émancipation, mais la réalité a été bien différente. Analysons pourquoi.
Les idées audacieuses qui n'ont abouti à rien
L’an dernier, les dirigeants des BRICS+ se sont réunis à Kazan, en Russie, pour dévoiler leur plan directeur. Le sommet a été riche en grandes idées et en promesses encore plus ambitieuses. La première proposition était une monnaie adossée à l’or, surnommée « l’Unité »
Elle était censée garantir la stabilité, adossée à 40 % à l'or et à 60 % aux monnaies locales des pays BRICS+. L'idée ? Créer une alternative crédible au dollar. Ça paraît bien, non ? Sauf que ce n'est encore qu'une idée. Aucun calendrier, aucune structure, aucune mise en œuvre.
Il y avait ensuite le système de paiements transfrontaliers. Ce plan devait permettre BRICS+ de commercer dans leurs propres monnaies sans utiliser le dollar. Là encore, c'est ambitieux. Mais la mise en place d'une telle infrastructure financière ne se fait pas en un week-end.
Ces pays ont des économies et des priorités radicalement différentes, ce qui rend la coordination extrêmement complexe sur le plan logistique. Même lors de leurs propres sommets, la Russie – l'un des plus fervents opposants au dollar – a conseillé aux participants d'apporter des dollars américains ou des euros pour leurs transactions. On peut parler de messages contradictoires.
Les efforts déployés pour promouvoir les monnaies locales n'ont guère été plus fructueux. L'Inde a signé des accords avec les Émirats arabes unis et la Malaisie en 2023 pour utiliser leurs monnaies dans le commerce, mais ces accords n'ont constitué que des avancées modestes, loin des progrès significatifs. Fin 2024, les échanges pétroliers hors dollar ne représentaient que 20 % du marché. Un progrès, certes, mais insuffisant pour menacer le dollar.
Trump, les droits de douane et l'emprise inébranlable du dollar
S'il y a bien une personne qui ne s'inquiète pas de l'alliance BRICS+, c'est ledent Donald Trump. L'an dernier, il a lancé un avertissement sans équivoque aux pays membres : toute tentative de déstabilisation du dollar américain s'exposerait à des droits de douane de 100 %. « Dites adieu à la prospérité de l'économie américaine », a-t-il déclaré.
Le retour de Trump au pouvoir complexifie encore la saga de la dédollarisation. Les analystes prévoient que ses politiques, notamment en matière de droits de douane, feront grimper le dollar en 2025. Nomura Securities anticipe unetrondemande pour le billet vert, les craintes inflationnistes empêchant la Réserve fédérale de baisser ses taux.
Mais la position agressive de Trump pourrait aussi se retourner contre lui. Les économistes préviennent qu'isoler les BRICS+ pourrait accélérer leurs efforts pour contourner le dollar, d'autant plus que la Chine et la Russie renforcent leurs liens financiers.
Ledent russe Vladimir Poutine a, comme à son habitude, fait preuve detronet de mesure dans son approche. Il insiste sur le fait que l'objectif du BRICS+ n'est pas de détruire le dollar, mais de réduire la dépendance à son égard. « Il ne s'agit pas de mesures anti-dollar », a-t-il déclaré. « Il s'agit de s'adapter à l'évolution de la conjoncture économique. »
Pourtant, les actes de la Russie racontent une tout autre histoire. Malgré tous les discours, elle reste profondément dépendante des transactions en dollars, notamment sur le marché pétrolier.
Trump et Poutine pourraient-ils réellement coopérer ?
C'est là que les choses deviennent étranges. Malgré le goût prononcé de Trump et Poutine pour les démonstrations de force, une coopération américano-russe se dessine. Pourquoi ? Parce que Trump croit pouvoir mettre fin à la guerre en Ukraine, et que Poutine se dit prêt à en discuter.
Selon certaines informations, Poutine serait ouvert à un cessez-le-feu, mais sous de nombreuses conditions. Si Trump y parvient, ce serait historique. Peu de gens peuvent se targuer d'avoir réalisé un tel exploit. Les deux hommes entretiennent une relation ambiguë, faite de hauts et de bas, et personne ne sait s'ils parviendront cette fois à s'entendre véritablement.
Voici le hic : tout partenariat américano-russe compromettrait les efforts des BRICS+ pour contester le dollar. Si ce rapprochement se produit, cela pourrait également stabiliser les marchés mondiaux d'une manière qui profiterait au dollar et contraindrait les BRICS+ à se démener pour conserver leur influence.
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