Des militants ont porté l'affaire devant les tribunaux contre le gouvernement britannique après que celui-ci a annulé un refus de permis de construire local et approuvé un nouveau centre de données « hyperscale » dans le Buckinghamshire. Leur action en justice conteste la décision d'infirmer le jugement du conseil municipal et d'autoriser l'implantation d'une installation de 90 mégawatts en zone verte protégée.
L'an dernier, le conseil du Buckinghamshire a refusé l'autorisation pour ce projet situé en zone verte protégée. Au Royaume-Uni, la zone verte désigne les espaces naturels où la construction de nouveaux bâtiments est strictement réglementée afin de préserver les distances entre les villes. Les promoteurs souhaitaient y implanter un important centre de calcul, mais les autorités ont estimé que le projet était incompatible avec cette réglementation.
Les centres de données sont de vastes bâtiments abritant des parcs de serveurs permettant aux entreprises d'exécuter des services cloud et autres services distants. La demande d'espace a explosé, les entreprises s'efforçant de concevoir et d'entraîner de nouveaux systèmes d'intelligence artificielle performants, comme ChatGPT d'OpenAI.
Des groupes environnementaux militent contre l'implantation de centres de données au Royaume-Uni
Les organisations environnementales alertent sur la forte consommation électrique de ces installations, qui nécessitent un fonctionnement continu. Les projets d'intelligence artificielle, en particulier, sont critiqués pour leur consommation énergétique importante, susceptible de mettre à rude épreuve les réseaux électriques locaux et de soulever des inquiétudes quant à l'approvisionnement en eau de refroidissement.
Le projet du Buckinghamshire avait été rejeté à deux reprises lors des précédentes phases de sélection. Il a été remis sur la table par le gouvernement travailliste, qui souhaite faire du Royaume-Uni un pôle mondial de premier plan en intelligence artificielle en renforçant les capacités informatiques nationales.
En juin 2024, le conseil municipal a de nouveau jugé le projet « inapproprié » pour la zone verte et l'a refusé. Mais le mois dernier, la vice-Première ministre Angela Rayner a accordé le permis de construire, annulant la décision locale et ouvrant la voie au chantier.
Jeudi, les associations Foxglove et Global Action Plan ont annoncé avoir déposé un recours en révision réglementaire. Elles demandent à la justice d'annuler l'autorisation accordée par Rayner, arguant que le projet aurait des conséquences néfastes. Le gouvernement a déjà affirmé que le renforcement des infrastructures de centres de données est essentiel pour que le Royaume-Uni puisse rester compétitif à l'échelle mondiale dans le domaine de l'intelligence artificielle.
Le dépôt de plainte de jeudi fait suite à l'engagement pris en janvier par le Premier ministre Keir Starmer de mettre fin aux recours juridiques répétés des « NIMBY » (opposants aux grands projets d'infrastructure) en Angleterre et au Pays de Galles. Le terme NIMBY désigne les personnes qui s'opposent à des travaux qu'elles jugent désagréables ou risqués dans leur quartier.

