Les marchés n'ont pas été inactifs après que la Réserve fédérale a abaissé son taux directeur d'un quart de point de pourcentage mercredi, après 10 longs mois.
Ce qui suivit fut une valse chaotique et périlleuse des différentes classes d'actifs mondiales, où actions, matières premières et devises évoluèrent, mais pas dans la même direction.
Les traders et les investisseurs tentent de comprendre un nouvel environnement complexe. Le risque est de retour, mais tous les marchés ne progressent pas de la même manière.
Les contrats à terme sur les actions américaines étaient légèrement en hausse, mais l'ambiance était loin d'être euphorique. Les contrats à terme sur le S&P 500 ont progressé de seulement 0,2 %, soit la même valeur que le Nasdaq 100, tandis que ceux sur le Dow Jones ont gagné modestement 0,1 %, soit 50 points, une performance peu significative.
Cette réaction tiède est intervenue après une séance agitée mercredi où le Dow Jones a enregistré un gain de 260 points, soit 0,57 %, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq Composite ont en fait chuté, comme Cryptopolitan l'a rapporté.
L'or perd de son élan tandis que le dollar se raffermit et que les obligations chutent
Si,comme nous, vous pensiez que la baisse des taux ferait grimper le cours de l'or, détrompez-vous. Les prix du métal jaune ont en réalité reculé à mesure que le dollar setron, car, bien sûr, c'est ce qui arrive toujours lorsque les investisseurs perçoivent de la Fed une politique monétaire moins accommodante qu'ils ne l'espéraient.
L'or au comptant a reculé de 0,6 %, s'établissant désormais à 3 637,41 dollars l'once après avoir brièvement atteint un record à 3 707,40 dollars la veille. Les contrats à terme sur l'or américain pour livraison en décembre ont chuté de 1,2 % à 3 671,30 dollars.
L'argent a reculé de 0,6 % à 41,40 dollars l'once, tandis que le platine a légèrement progressé de 0,5 % à 1 371,6 dollars. Le palladium, quant à lui, a baissé de 0,2 % pour s'établir à 1 152,24 dollars, selon les données de Bloomberg. Même le SPDR Gold Trust, principal ETF aurifère, a vu ses avoirs diminuer de 0,44 %, passant de 979,95 tonnes à 975,66 tonnes en une seule journée.
L'indice du dollar de Bloomberg a progressé de 0,4 %, enregistrant sa plus forte hausse journalière en deux semaines. Les investisseurs ont revu à la baisse leurs prévisions de baisse des taux, ce qui a pénalisé des devises comme le dollar néo-zélandais et le won sud-coréen.
Parallèlement, le rendement des obligations du Trésor à 10 ans a baissé de plus de 3 points de base pour s'établir à 4,045 %, et celui des obligations à 2 ans a chuté de plus de 2 points de base à 3,524 %. Le rendement des obligations du Trésor à 30 ans est également en baisse de 3 points de base, à 4,643 %.
Les échanges en Asie-Pacifique se divisent suite à un choc énergétique en Australie
Les marchés asiatiques n'ont pas non plus évolué de manière synchrone. L'indice Nikkei 225 japonais a bondi de 1,15 % et clôturé à un nouveau record historique de 45 303,43 points. Les gains ont été principalement tirés par les valeurs immobilières et technologiques.
Parmi les valeurs les plus performantes, on note Resonac Holdings (+11 %), Sumco Corp (+7,39 %) et Mitsui Mining & Smelting (+5 %). L'indice Kospi sud-coréen a suivi de près, progressant de 1,40 % pour clôturer à 3 461,3 points.
Mais tout le monde n'a pas eu une bonne journée. L'indice australien S&P/ASX 200 a chuté de 0,83 %, clôturant à 8 745,2 points. La plus forte baisse ? Celle de Santos, le principal producteur de gaz australien, dont l'action a plongé de plus de 11 % la semaine dernière après qu'ADNOC, le géant pétrolier d'Abu Dhabi, a renoncé à une acquisition de 18,7 milliards de dollars.
Cette acquisition s'est éternisée pendant des mois en raison de désaccords sur le prix et de complications juridiques, et ADNOC a finalement jeté l'éponge. Santos panse donc ses plaies, son action ayant chuté à 6,78 dollars australiens.
De retour en Asie, la Chine n'a pas non plus brillé. L'indice Hang Seng de Hong Kong a perdu 1,31 % et le CSI 300 de Chine continentale a chuté de 1,16 % pour s'établir à 4 498,11 points.
L'Europe, en revanche, s'est réveillée avec optimisme. L'indice Stoxx 600 progressait de 0,5 % en début de séance à Londres, et pour une fois, la quasi-totalité des indices régionaux ont suivi la même tendance.
L'indice Euro Stoxx Banks a bondi de 0,9 % en début de séance, tandis que les plus grandes banques de la région, Deutsche Bank, Santander et Monte dei Paschi, ont toutes progressé d'environ 2 % respectivement, ce qui, selon nous, signifie que le secteur financier pourrait bénéficier de la conjoncture macroéconomique transatlantique.
Enfin, aucun rapport mondial sur les différentes classes d'actifs ne serait complet sans mentionner Bitcoin. Le roi des cryptomonnaies s'est retrouvé en position délicate, sans forte hausse ni effondrement. Ce seul fait est révélateur.
Dans un contexte de volatilité boursière, de repli de l'or et de renforcement du dollar, la consolidation du Bitcoinest plus significative qu'une percée. Au moment de la publication, la cryptomonnaie pionnière valait 117 782 $.

