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Les entreprises DeFi devraient-elles être soumises aux mêmes règles de lutte contre le blanchiment d'argent que les banques ?

Dans le monde de la finance, un nouveau venu fait son apparition : les entreprises de finance décentralisée (DeFi). Ces entreprises révolutionnent le secteur en utilisant la blockchain et les cryptomonnaies pour proposer des services différents de ceux des banques traditionnelles. Mais comme pour toute nouveauté, de nombreuses questions restent en suspens. L'une des plus importantes concerne le respect des règles, notamment celles visant à empêcher l'utilisation de l'argent à des fins illégales, comme le blanchiment d'argent. Les banques traditionnelles sont soumises à de nombreuses règles afin de garantir qu'elles ne facilitent pas les transferts de fonds frauduleux. Qu'en est-il des entreprises DeFi ? Devraient-elles être soumises aux mêmes règles ?

Cette question n'est pas seulement théorique ; elle est d'une actualité brûlante. Les enquêtes se poursuivent sur la conformité de la finance décentralisée (DeFi) aux normes de lutte contre le blanchiment d'argent (LCB). La décentralisation, caractéristique fondamentale de la DeFi , complexifie l'application des contrôles LCB traditionnels. Pourtant, cette même caractéristique offre une plus grande transparence et une meilleure responsabilisation, facilitant potentiellement l'dentet la prévention des activités illégales telles que le blanchiment d'argent. 

C'est un signal d'alarme majeur qui rend d'autant plus urgent de déterminer si les entreprises DeFi doivent être soumises aux mêmes réglementations anti-blanchiment d'argent que les banques traditionnelles. La question est complexe, d'autant plus que la DeFi repose précisément sur une approche novatrice. Cependant, nous ne pouvons l'ignorer si nous voulons garantir un monde de la finance sûr et équitable pour tous. Ce problème a pris une importance considérable, notamment suite aux récents rapports indiquant que des groupes terroristes comme le Hamas ont utilisé les cryptomonnaies pour financer leurs opérations. 

Menace : Cryptomonnaies et financement du terrorisme

L'utilisation des cryptomonnaies par des organisations terroristes, comme le Hamas, met en lumière une faille critique du système financier actuel. Ces groupes auraient utilisé des actifs numériques pour amasser des fonds considérables, contournant ainsi les systèmes bancaires traditionnels et échappant aux sanctions internationales et aux mesures de lutte contre le blanchiment d'argent. Ce mode de financement constitue une menace directe pour la sécurité et la stabilité mondiales. 

Au cours des deux années précédant une attaque spécifique, des portefeuilles de cryptomonnaies associés au Hamas et au Jihad islamique palestinien auraient reçu plus de 130 millions de dollars en monnaies numériques. Des sommes importantes ont été versées dans les mois qui ont précédé l'attaque. Les cryptomonnaies sont devenues un canal essentiel de financement des groupes terroristes, et les experts estiment que les chiffres publics ne représentent qu'une fraction du total réel.

Cette situation met en lumière d'importantes lacunes dans la surveillance internationale des flux financiers. Les organisations terroristes, les États voyous, les trafiquants de drogue et autres criminels exploitent les cryptomonnaies pour menacer les alliés et la sécurité nationale des États-Unis. Un consensus se dégage quant à la nécessité d'étendre aux cryptomonnaies les réglementations classiques de lutte contre le blanchiment d'argent, qui s'appliquent actuellement aux banques, aux courtiers, aux entreprises de transfert de fonds et même aux négociants en métaux précieux. Cette mesure est essentielle pour combler les lacunes existantes et empêcher ces groupes d'obtenir les ressources financières nécessaires à de nouvelles attaques.

Rôle des États-Unis dans la lutte contre le blanchiment d'argent dans la finance décentralisée ( DeFi)

Le département du Trésor américain a publié une importante évaluation des risques liés à la finance décentralisée (DeFi), lançant simultanément un dialogue sur les lignes directrices du secteur.

Dans son dernier rapport, le Trésor américain examine en détail divers risques liés à la finance illicite, notamment les escroqueries, les rançongiciels, le piratage informatique et le blanchiment d'argent. Ce document de 40 pages met particulièrement en lumière sa position sur les exigences réglementaires potentielles pour la finance décentralisée DeFi. Le rapport indique que, sans établir de nouvelles normes de supervision, il recommandetronque même les services totalement ou partiellement décentralisés adoptent des mesures de lutte contre le blanchiment d'argent (LCB) conformes à la loi sur le secret bancaire (Bank Secrecy Act), pierre angulaire du cadre LCB américain.

L'emploi de termes tels que « devrait » (mentionné 17 fois) et « obligations » (53 fois) dans l'évaluation souligne le message du Trésor. Il s'agit d'une indication claire pour les acteurs des services DeFi : ils sont tenus de mettre en œuvre des contrôles de lutte contre le blanchiment d'argent conformément aux obligations existantes définies par la loi sur le secret bancaire.

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La loi sur le secret bancaire (Bank Secrecy Act - BSA) impose aux institutions financières relevant de sa compétence de tenir des registres, de déclarer certaines transactions et d'alerter les autorités en cas d'activités suspectes pouvant indiquer du blanchiment d'argent, de la fraude fiscale ou d'autres activités illégales. L'intégration des pratiques classiques de lutte contre le blanchiment d'argent (LCB) entre en conflit avec l'essence même de la finance décentralisée (DeFi), qui repose sur des processus informatisés plutôt que sur des équipes de conformité humaines.

Le rapport du Trésor présente des points de vue quelque peu contradictoires. D'une part, il reconnaît que le blanchiment d'argent, le financement de la prolifération et le financement du terrorisme sont plus fréquemment exécutés au moyen de devises et d'actifs traditionnels plutôt que virtuels. D'autre part, il consacre 40 pages à l'analyse des risques de blanchiment d'argent liés à la DeFi, un secteur qui, pour l'instant, ne joue qu'un rôle mineur dans la finance illicite. Cette approche envoie des signaux ambigus quant à l'importance et au niveau de risque perçus de DeFi dans le contexte de la criminalité financière.

Malgré les messages contradictoires, les intentions du Trésor sontdent: il vise à faire comprendre au secteur DeFi que les exigences de la loi sur le secret bancaire (BSA) sont actuellement applicables et à entamer un dialogue avec les acteurs du secteur sur la mise en œuvre efficace des mesures de lutte contre le blanchiment d'argent (LCB) dans le paysage financier décentralisé.

Plaidoyer pour une réglementation AML dans DeFi

  1. Égaliser les chances : Les institutions financières traditionnelles, telles que les banques et les coopératives de crédit, sont soumises à une réglementation stricte en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Étendre cette réglementation aux DeFi garantirait une norme uniforme au sein de l’écosystème financier, empêchant ainsi les entités d’exploiter les failles de la réglementation.
  2. Protection de l'intégrité financière : La mise en œuvre des règles de lutte contre le blanchiment d'argent dans le DeFi est essentielle pour préserver l'intégrité du système financier mondial. Elle permettrait de surveiller et de limiter les flux financiers destinés à des activités illicites, notamment le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.
  3. Enjeux de sécurité nationale : L’utilisation des cryptomonnaies par des groupes comme le Hamas a démontré l’impact direct que les actifs numériques peuvent avoir sur la sécurité nationale. Le renforcement des contrôles anti-blanchiment d’argent dans le DeFi n’est donc pas seulement un enjeu financier, mais aussi une question de sécurité nationale et internationale.
  4. Protection des consommateurs : L’application des réglementations en matière de lutte contre le blanchiment d’argent aux DeFi protège également les consommateurs contre toute participation involontaire à des activités illégales ou leur soutien à celles-ci, préservant ainsi la confiance dans les systèmes financiers numériques.

Défis et contre-arguments

DeFi, abréviation de finance décentralisée, est par nature dépourvue d'autorité centrale de gouvernance. Cette absence de centralisation rend l'application des lois anti-blanchiment d'argent (LCB) au sein du marché de la DeFi particulièrement complexe. En l'absence d'un organisme désigné pour assumer cette responsabilité, une réglementation efficace et un contrôle gouvernemental s'avèrent difficiles à mettre en œuvre. Les points suivants mettent en lumière certains de ces défis :

  • Faisabilité technique et opérationnelle : DeFi , caractérisées par leur nature décentralisée et souvent anonyme, posent des défis importants pour l’application des réglementations anti-blanchiment traditionnelles. L’absence d’autorité centrale sur ces plateformes complique la mise en œuvre des procédures anti-blanchiment standard.
  • Innovation et réglementation : On craint que des réglementations trop strictes n’étouffent l’innovation dans le DeFi , encore à ses balbutiements. Une réglementation excessive pourrait entraver la croissance et le développement de technologies financières révolutionnaires.
  • Juridiction et application mondiales : Les cryptomonnaies et DeFi opèrent à l’échelle mondiale, ce qui rend difficile leur réglementation efficace par un seul pays. Un effort international concerté est nécessaire pour une réglementation et une application efficaces.
  • Risque de perturbation du marché : Imposer des réglementations bancaires traditionnelles aux DeFi pourrait perturber le marché, voire pousser certaines opérations dans la clandestinité. Cela pourrait produire l’effet inverse de celui recherché par ces réglementations.

La criminalité liée aux cryptomonnaies et la pression en faveur d'une réglementation plus stricte

Il est à noter que des organisations comme le Hamas ne font pas preuve de discrétion dans leurs efforts pour collecter des fonds via les cryptomonnaies, sollicitant ouvertement des dons pour ce qu'elles appellent le « djihad ». Le Hamas n'est pas un cas isolé ; l'Iran générerait environ un milliard de dollars par an en actifs numériques. De plus, des entités comme le Hezbollah et le Corps des gardiens de la révolution islamique iranien sont également impliquées dans des activités liées aux cryptomonnaies, Israël ayant saisi près de deux millions de dollars en cryptomonnaies auprès d'elles. Cette situation met en lumière un problème plus vaste : le secteur des cryptomonnaies facilite involontairement le financement du terrorisme et des États voyous.

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La menace ne se limite pas au financement du terrorisme. L'administration Biden aux États-Unis a estimé qu'une part importante du programme de missiles nord-coréen est financée par des activités criminelles liées aux cryptomonnaies. De plus, une grande partie du fentanyl produit en Chine, responsable de nombreuses overdoses, est écoulée en cryptomonnaies avec les cartels de la drogue.

L'utilisation diversifiée des cryptomonnaies à des fins illégales – par des groupes terroristes, des fabricants de drogue et divers acteurs étatiques et non étatiques – est très préoccupante. Face à ces problèmes, le secteur des cryptomonnaies a eu recours à des lobbyistes pour s'opposer à une réglementation trop stricte, arguant qu'une réglementation excessive pourrait favoriser la clandestinité. Or, les mesures de lutte contre le blanchiment d'argent, volontaires et incohérentes, mises en place dans l'univers des cryptomonnaies se sont révélées insuffisantes pour endiguer ces crimes.

Aux États-Unis, les institutions financières traditionnelles, telles que les banques, les coopératives de crédit et les courtiers en bourse, sont tenues de respecter des obligations de conformité de base afin de prévenir toute complicité criminelle. Il est avancé que les grandes entreprises du secteur des cryptomonnaies, comme les sociétés de minage Bitcoin et les fournisseurs de portefeuilles numériques, devraient être soumises à une réglementation similaire. Certains acteurs de ce secteur effectuent déjà ces contrôles, ce qui témoigne de leur capacité et de leur prise de conscience de la nécessité de se conformer à la réglementation.

Pour répondre à ces préoccupations, un projet de loi bipartisan intitulé « Digital Asset Anti-Money Laundering Act » a été déposé. Ce texte législatif vise à étendre au secteur des cryptomonnaies les mêmes mesures de protection que celles existantes pour les systèmes de paiement traditionnels, afin de tarir les sources de financement essentielles des groupes terroristes et autres acteurs criminels.

La voie à suivre : une approche équilibrée

Compte tenu de ces défis et de ces risques, une approche équilibrée et nuancée est nécessaire pour réglementer les entités DeFi . Cette approche impliquerait :

  1. Coopération internationale : Une réglementation efficace de la DeFi exige une coopération mondiale afin d’établir des normes et des pratiques universelles. Cette coopération est essentielle pour trac des transactions transfrontalières et la résolution des problèmes de juridiction.
  2. Cadres réglementaires innovants : Les régulateurs devraient prendre en compte les aspects uniques de DeFi et élaborer des cadres innovants qui répondent à ces spécificités sans étouffer l’innovation.
  3. Partenariats public-privé : Les efforts de collaboration entre les gouvernements, les organismes de réglementation et DeFi peuvent mener à l’élaboration de stratégies efficaces de lutte contre le blanchiment d’argent adaptées à l’environnement de la finance décentralisée.
  4. Éducation et sensibilisation : Sensibiliser les consommateurs et les opérateurs financiers aux risques associés à DeFi et à l'importance de la conformité en matière de lutte contre le blanchiment d'argent peut jouer un rôle important dans la réduction des activités illicites.
  5. Solutions axées sur la technologie : Tirer parti de la technologie pour développer des outils sophistiqués de surveillance et d’analyse DeFi , ce qui pourrait aider à dent les activités suspectes sans porter atteinte à la vie privée ni entraver les transactions légitimes.

Conclusion

Le débat sur l'application des règles traditionnelles de lutte contre le blanchiment d'argent aux entreprises de finance DeFi est complexe et soulève des questions de sécurité, d'équité réglementaire et d'équilibre entre innovation et contrôle. Si la menace que représente l'utilisation des cryptomonnaies par des groupes terroristes comme le Hamas souligne la nécessité d'une réglementation, il est également crucial de reconnaître et de prendre en compte les défis spécifiques posés par la nature décentralisée de ces plateformes. 

Tout bien considéré, le Trésor américain a clairement indiqué qu'il attend de toutes les plateformes de services financiers, sans exception, qu'elles respectent les normes établies par la loi sur le secret bancaire (BSA).

Pourtant, alors que nous évoluons vers un paysage financier de plus en plus décentralisé, où les services sont exécutésmaticpar des logiciels sans intermédiaires plutôt que par des institutions financières traditionnelles dotées d'importantes équipes de conformité, il reste incertain comment, voire si, les plateformes DeFi pourront satisfaire à ces exigences réglementaires. Heureusement, cette évaluation vise à amorcer un dialogue et à lancer des discussions sur cette question complexe.

FAQ

Pourquoi y a-t-il un débat sur l'application des règles AML aux entreprises DeFi ?

Le débat persiste car la finance décentralisée DeFi repose sur la technologie blockchain, très différente des systèmes centralisés des banques traditionnelles. Cela soulève des questions quant à l'efficacité de l'application des règles de lutte contre le blanchiment d'argent (LCB) conçues pour les institutions centralisées aux plateformes décentralisées.

Quelles sont les principales préoccupations qui motivent le besoin d'une réglementation en matière de lutte contre le blanchiment d'argent dans la finance décentralisée DeFi?

Les principales préoccupations concernent l'utilisation potentielle des cryptomonnaies à des fins illégales telles que le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ainsi que la nécessité de préserver l'intégrité du système financier et de protéger la sécurité nationale.

Comment la nature décentralisée des plateformes DeFi représente-t-elle un défi pour l'application des réglementations en matière de lutte contre le blanchiment d'argent ?

La nature décentralisée de DeFine comporte pas d'autorité centrale de gouvernance, ce qui rend difficile la mise en œuvre des procédures AML traditionnelles, car il n'existe aucune entité unique responsable de la surveillance et du signalement des activités suspectes.

L’application des règles de lutte contre le blanchiment d’argent aux entreprises DeFi pourrait-elle étouffer l’innovation dans ce secteur ?

Oui, on craint que des réglementations strictes en matière de lutte contre le blanchiment d'argent ne limitent la croissance et le développement de la finance décentralisée DeFi, car une réglementation excessive pourrait entraver le potentiel d'innovation de ces technologies financières émergentes.

Quelle est une approche équilibrée pour réglementer la lutte contre le blanchiment d'argent dans DeFi?

Une approche équilibrée impliquerait une coopération internationale pour établir des normes mondiales, créer des cadres réglementaires innovants adaptés à DeFi, favoriser les partenariats public-privé, améliorer l'éducation et la sensibilisation aux risques de blanchiment d'argent et tirer parti de la technologie pour une surveillance efficace sans entraver les transactions légitimes.

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