Rachel Reeves réduit les dépenses britanniques de plusieurs milliards, invoquant des difficultés conjoncturelles mondiales

- La chancelière Rachel Reeves réduit les dépenses du gouvernement britannique de 10 milliards de livres sterling, invoquant les pressions économiques mondiales.
- Les députés travaillistes critiquent ces coupes budgétaires, prévenant qu'elles pourraient aliéner les électeurs et exhortant Reeves à envisager plutôt des hausses d'impôts.
- Reeves insiste sur le fait que les recettes fiscales devraient couvrir les dépenses publiques malgré les besoins croissants d'emprunt et la stagnation économique.
La chancelière de l'Échiquier britannique, Rachel Reeves, va réduire les dépenses du gouvernement britannique de plusieurs milliards de livres sterling en raison de décisions difficiles imputées aux difficultés économiques mondiales.
Dans sa déclaration de printemps, mercredi, Reeves devrait défendre les coupes budgétaires, les jugeant douloureuses mais essentielles pour préserver l'avenir du Royaume-Uni dans une économie mondiale en pleine mutation. D'après des extraits publiés par le Trésor, Reeves déclarera :
« Notre mission est d’assurer l’avenir de la Grande-Bretagne dans un monde qui change sous nos yeux. Le rôle d’un gouvernement responsable n’est pas de se contenter d’observer ce changement. »
Le Trésor affirme que ces économies s'élèveront à environ 10 milliards de livres sterling (13 milliards de dollars) par jour sur les dépenses publiques. Toutefois, le détail de ces réductions sera présenté en juin dans le cadre d'une revue pluriannuelle des dépenses.
Reeves sous le feu des critiques face à l'aggravation des difficultés économiques
Depuis son dernier budget en octobre, Reeves doit également faire face à des besoins d'emprunt supplémentaires de 17 milliards de livres sterling. Elle a déjà économisé 5 milliards de livres sterling en réduisant les prestations sociales.
Son approche a suscité le mépris au sein même du Parti travailliste, certains craignant que les coupes budgétaires ne ressemblent à l'austérité imposée par le gouvernement conservateur après 2010. Elle doit également faire face à l'opposition de critiques conservateurs qui la tiennent pour responsable des difficultés économiques du Royaume-Uni.
En janvier, le pays s'est retrouvé au cœur d'une débâcle des marchés obligataires mondiaux, les craintes de « stagflation » — une combinaison d' inflation et de croissance atone — s'étant emparées des investisseurs.
Les critiques affirment que le budget de Reeves, fortement axé sur les impôts et les dépenses, ainsi que la vision des finances publiques de Bleeker, ont ébranlé la confiance des entreprises et des investisseurs.
Le chancelier de l'Échiquier du cabinet fantôme conservateur, Mel Stride, a condamné les propos de Reeves, les qualifiant de tentative de rejeter la faute sur autrui, et arguant que ses politiques étaient responsables de la stagnation économique et de l'augmentation des emprunts publics.
Il a souligné quela chancelière devait assumer la responsabilité de ses propres choix. Tory a ajouté que la stagnation économique et l'augmentation des emprunts publics ne pouvaient être imputées à des facteurs externes.
Il a par ailleurs fait remarquer que le pays suivait cette trajectoire depuis son premier budget « désastreux ».
Le parti travailliste est confronté à des luttes internes concernant les réductions de dépenses
Les coupes budgétaires envisagées inquiètent les députés travaillistes et les ministres. D'autres estiment que Reeves devrait assouplir sa réglementation fiscale ou, au contraire, augmenter les impôts.
Un malaise croissant se fait également jour concernant les réformes des prestations d'invalidité, ce qui a engendré des dissensions au sein du parti.
Pour contrer ces attaques, Reeves mettra en avant le fait qu'elle a reconstitué la marge de manœuvre budgétaire de 9,9 milliards de livres sterling qui avait été anéantie par la flambée des coûts d'emprunt et le ralentissement de la croissance économique.
Le gouvernement cherche également à réduire ses dépenses de fonctionnement de 15 %, ce qui pourrait entraîner la suppression d'environ 10 000 emplois dans la fonction publique. Les coupes les plus importantes devraient toucher les ministères autres que la santé, la défense et l'éducation. Les ministres de ces ministères non protégés devraient se rebeller à mesure que la polémique autour des restrictions budgétaires s'intensifie.
L'Office for Budget Responsibility (OBR), organismedent de surveillance budgétaire du gouvernement, publiera ses nouvelles prévisions pour l'économie britannique. La croissance en 2025 devrait passer de 2 % à 1 %.

Reeves attribue les difficultés économiques du Royaume-Uni à des forces mondiales
Reeves attribue l'augmentation de la dette publique britannique à la hausse des coûts d'emprunt mondiaux. Elle fait également allusion, de manière indirecte, à la réélection dudent américain Donald Trump, dont la politique en matière de droits de douane et de guerre en Ukraine a incité les dirigeants européens à revoir leurs modèles commerciaux et à investir davantage dans la défense.
Le Royaume-Uni négocie actuellement un accord économique avec les États-Unis afin d'atténuer l'impact des droits de douane proposés par Trump, notamment en ajustant la taxe britannique sur les services numériques, qui cible les entreprises technologiques américaines.
L'une des rares hausses de dépenses prévues dans le plan de Reeves concerne le budget de la défense, avec une augmentation de 2,2 milliards de livres sterling financée en partie par une réorientation de l'aide étrangère. Cela lui permet de respecter ses règles en matière de finances publiques, car les dépenses d'investissement ne sont pas prises en compte dans le calcul de son objectif budgétaire prioritaire.
Malgré ces mesures, Reeves s'attire les foudres de l'opinion publique. Un récent sondage YouGov révèle que 73 % des Britanniques estiment que le gouvernement gère mal l'économie, contre seulement 16 % qui jugent son action efficace.
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Nellius Irène
Nellius est diplômée en gestion d'entreprise et en informatique et possède cinq ans d'expérience dans le secteur des cryptomonnaies. Elle est également diplômée de Bitcoin Dada. Nellius a collaboré avec des publications médiatiques de premier plan, notamment BanklessTimes, Cryptobasic et Riseup Media.
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