L'Allemagne, première économie d'Europe, lance ce mois-ci des chèques de relance, appuyés par un vaste plan de relance financière qui réécrit les anciennes lois sur les dépenses et injecte des centaines de milliards d'euros dans la technologie, l'industrie manufacturière, l'énergie et les transports.
Cette décision fait suite à un important revirement budgétaire inscrit dans la constitution du pays le mois dernier. Le plan prévoit un fonds de 500 milliards d'euros (environ 548 milliards de dollars) destiné aux projets liés au climat et aux infrastructures, selon un reportage de CNBC.
Parallèlement, l'accord de coalition allemand prévoit 100 milliards d'euros supplémentaires destinés à la croissance économique, aux réformes fiscales des entreprises et à la maîtrise de la hausse des prix de l'énergie.
Berlin investit cash dans la technologie, l'énergie et l'industrie
Les analystes de la Deutsche Bank, sous la direction de Maximilian Uleer, ont analysé en détail les entreprises qui devraient bénéficier de ces investissements. La banque a cité les principales sociétés qui devraient profiter des flux de capitaux de Berlin vers les secteurs allemands liés à la numérisation, aux infrastructures et aux projets industriels.
Dans une note publiée mardi, Uleer a écrit : « La question est maintenant de savoir comment les investisseurs peuvent participer à cet accord et profiter de la vague de relance qui alimente l’économie allemande. » Les entreprises technologiques sont prioritaires. L’équipe d’Uleer a souligné que l’augmentation des dépenses liées à la numérisation constituerait un élément clé des aides à venir.
CNBC a indiqué que Bechtle, une société allemande de services informatiques ayant des liens étroits avec le secteur public, devrait bénéficier d'une forte hausse.
Lars Vom-Cleff, analyste chez Deutsche Bank, a déclaré : « Les activités avec le secteur public représentent environ 40 % du chiffre d'affaires et l'entreprise réalise environ 60 % de son chiffre d'affaires sur son marché domestique ; elle devrait donc bénéficier de manière significative des fonds alloués à la numérisation en Allemagne. »
Deutsche Bank a fixé l'objectif de cours de Bechtle à 48 euros, anticipant une hausse potentielle de 37 %. La banque a également mentionné Cancom, sixième entreprise informatiquedent d'Allemagne. Selon la note de Vom-Cleff, les clients du secteur public représentent 35 % de son chiffre d'affaires et 65 % de ses bénéfices sont réalisés en Allemagne.
La Deutsche Bank prévoit une hausse de 38 % du cours de l'action de Cancom si les contrats publics trac comme prévu. Le secteur industriel est également au centre de l'attention. L'analyste Gaël de Bray a cité Kion, une entreprise allemande spécialisée dans la fabrication de chariots élévateurs et de technologies d'automatisation d'entrepôts, comme une autre cible majeure pour les nouveaux investisseurs.
Kion devrait bénéficier à la fois des financements alloués aux infrastructures et d'une conjoncture économique favorable. De-Bray a souligné que l'entreprise est « relativement bien protégée contre les droits de douane », ce qui lui confère un avantage concurrentiel dans un contexte mondial protectionniste. Deutsche Bank estime le potentiel de hausse du cours de l'action Kion à 36 %.
Palfinger, une entreprise autrichienne spécialisée dans la fabrication de grues et d'engins de levage, figure également sur la liste de la banque. Environ 15 % de son chiffre d'affaires total est réalisé en Allemagne, et ses produits sont utilisés dans les infrastructures publiques, les chemins de fer et le BTP. Les analystes estiment que le cours de l'action Palfinger pourrait progresser de 50 % grâce à la concrétisation des mesures de relance allemandes.
Le secteur automobile allemand, qui subit encore les conséquences des droits de douane imposés par ledent Donald Trump et la concurrence croissante des constructeurs automobiles chinois, pourrait également connaître un redressement.
L'équipe d'Uleer a déclaré que des mesures de relance locales pourraient être utiles en stimulant la demande de transport, en encourageant la mobilité électrique et en améliorant l'activité économique globale.
Selon le rapport, Volkswagen est pressenti comme un grand gagnant de cette phase. Sa division voitures particulières devrait bénéficier des nouvelles incitations fiscales pour les véhicules électriques, tandis que ses divisions camions et fourgonnettes devraient profiter d'une demande commerciale accrue. Deutsche Bank a fixé l'objectif de cours de Volkswagen à 125 euros, soit un potentiel de hausse de 43 %.

