Un groupe de parlementaires s'est donné pour mission d'inciter la France à envisager le minage Bitcoin , notamment comme moyen de gérer son vaste réseau électrique et de renforcer sa souveraineté énergétique.
Une proposition législative en ce sens a été déposée à Paris, et ses auteurs espèrent que le gouvernement acceptera d'évaluer le potentiel des activités liées aux cryptomonnaies dans d'autres domaines également.
Alors que les pays du monde entier ont soit tenté de réprimer le minage de cryptomonnaies, comme ce fut le cas en Chine il y a quelques années, soit laissé ce phénomène se développer, comme les États-Unis par exemple, la France n'a pas encore tranché sur cette industrie et sur ce qu'elle en attend.
La France cherche sa place dans le secteur du minage de cryptomonnaies
Plusieurs députés français ont décidé d'accélérer le processus décisionnel à Paris. Ils proposent désormais que le pays évalue le potentiel du minage Bitcoin , au moins comme outil d'amélioration de la gestion de la production d'électricité.
La France pourrait bien se tourner vers le camp pro-minage, comme l'a souligné le Journal du Coin, média français spécialisé dans l'actualité crypto, dans un article paru samedi. Cet article est consacré à la tentative des parlementaires de lancer un débat sur le sujet à l'Assemblée nationale.
Vendredi, un groupe de parlementaires a présenté un projet d'amendement à la loi sur la « Programmation nationale et la simplification réglementaire dans le secteur de l'énergie », qui exige du gouvernement qu'il évalue si la France a besoin de développer le minage national Bitcoin et qu'il en fasse rapport au Parlement.
L'objectif principal de cette proposition est d'étudier si la création de monnaies numériques pourrait être utilisée comme moyen de mieux gérer le système électrique de ce pays membre de l'UE, le plus important d'Europe.
Les auteurs du projet de loi ont précisé :
« Cet amendement vise à objectiver, par le biais d’un rapport d’évaluation soumis au Parlement, les conditions dans lesquelles le minage Bitcoin pourrait être utilisé comme outil au service du système électrique français. »
La France est le premier producteur et exportateur d'énergie électrique de la région, notamment grâce à son important nucléaire . Ce dernier représente plus de 70 % de sa production d'électricité, le reste étant fourni par les énergies renouvelables et les combustibles fossiles.
Le minage Bitcoin peut contribuer à utiliser le surplus d'électricité en France
Un autre débat qui anime la société française porte sur l'amélioration de l'efficacité du secteur nucléaire, largement détenu par l'État. Un aspect essentiel réside dans la nécessité d'optimiser la gestion du surplus de production d'électricité.
Les auteurs de la nouvelle législation estiment que le minage Bitcoin peut constituer une solution unique car il est « extrêmement flexible » et « n'a aucun impact sur la continuité de l'approvisionnement ». À cet égard, ils mettent en avant certains de ses « avantages techniques »
Les machines de minage de cryptomonnaies peuvent être mises en marche et arrêtées rapidement et activées à la demande, en fonction des pics de production et de consommation. Les fermes de minage Bitcoin peuvent être installées à proximité des sites de production, même dans les zones les plus isolées.
Par ailleurs, les législateurs sont convaincus que la mise en place d'un secteur minier de cryptomonnaies à faible émission de carbone en France, sous la supervision des pouvoirs publics, pourrait redonner vie à des sites industriels abandonnés et renforcer la souveraineté énergétique du pays tout en soutenant l'innovation.
Le rapport résume les points positifs du minage de cryptomonnaies en France :
« En résumé : une activité capable de s’adapter aux contraintes du système électrique, d’absorber les excédents d’énergie, de réduire les prix négatifs sur les marchés de gros et d’alléger la charge pesant sur les centrales nucléaires en évitant des cycles de modulation trop fréquents, qui accélèrent l’usure des installations. »
Bien que le débat parlementaire à venir sur l’amendement ne soit qu’une première étape qui doit se traduire par des actions concrètes de la part du gouvernement français, « le processus d’évaluation contribuera à éclairer les futurs choix politiques fondés sur la souveraineté énergétique, l’innovation industrielle et la résilience du réseau », ont fait remarquer les députés.
Cet amendement a été élaboré en partenariat avec ADAN , l'Association française pour le développement des actifs numériques. Cette organisation sectorielle a joué un rôle déterminant dans les propositions relatives à la réglementation, à la fiscalité et au minage de cryptomonnaies en France.

