- Les documents FinCEN montrent que certaines grandes banques n'ont pas fait assez pour prévenir les crimes financiers
- BuzzFeed News rapporte que la direction de certaines banques était parfaitement au courant des activités criminelles et de leurs tentatives de dissimulation
- Ce rapport dresse un tableau bien pire de la réalité des banques traditionnelles que ne le laisse entendre le public concernant les plateformes d'échange de cryptomonnaies
Cette fois, les malversations sont le fait des grandes banques, et non des plateformes d'échange de cryptomonnaies. Le 20 septembre, BuzzFeed News a publié un article révélant des détails inattendus.
Ces dernières années, les criminels ont blanchi leur argent sale en utilisant, dans la plupart des cas, des petits commerçants corrompus. Autrement dit, ces derniers aidaient les criminels à blanchir de l'argent, tandis que le Réseau américain de lutte contre les crimes financiers (FinCEN) était impuissant face à ce phénomène.
Le média a cité certains noms impliqués, comme Robert Meltzer, Mark Gilula et Maureen Sullivan. Tous ont été mis en cause dans ce scandale financier, alors qu'ils affirmaient n'en avoir aucune connaissance. Plus de 10 milliards de dollars ont été blanchis grâce à ce système infâme.
Les documents du FinCEN révèlent que les dirigeants de la Deutsche Bank étaient parfaitement au courant de la dissimulation de ces opérations opaques. Fait troublant : au moment où le scandale éclatait, la Deutsche Bank a tenu pour responsables plusieurs cadres intermédiaires de sa succursale moscovite. La banque a payé des amendes et a poursuivi ses activités comme si de rien n'était.
Le FinCEN américain a été informé d'opérations suspectes de la part de Bank of America. Face à ces problèmes manifestes, Bank of America a déposé de nombreuses déclarations d'activités suspectes (DAS) auprès du FinCEN. Par ailleurs, des représentants de Bank of America se sont rendus à la succursale londonienne de Deutsche Bank pour discuter de cette situation préoccupante. Un événement inattendu s'est produit : le directeur de Deutsche Bank a demandé aux représentants de Bank of America de quitter les lieux.
Selon un document déposé par BoA, les problèmes rencontrés par la Deutsche Bank ont incité BoA à porter l'affaire jusqu'à Paul M. Achleitner, alors président de la Deutsche Bank.
L'enquête FinCEN
L'article de BuzzFeed se fonde sur la fuite de fichiersdentdu Trésor américain et de diverses banques. Ces documents, également connus sous le nom de fichiers FinCEN, ont été partagés avec les membres du Consortium international des journalistes d'investigation.
Le FinCEN s'appuie sur les déclarations d'activités suspectes (SAR) comme outil essentiel pour identifier et tracles transactions illégales. Au sein du Trésor américain, l'inquiétude grandit quant au fait que cette fuite de données prive le FinCEN de cet outil crucial pour lutter contre le blanchiment d'argent et d'autres formes de financement d'activités criminelles.
Le public avait l'habitude de voir des informations concernant des plateformes d'échange de cryptomonnaies accusées de flux cash occultes. Cette affaire montre que les grandes banques sont les acteurs les plus importants dans ce domaine.
La responsabilité de FinCEN
La culpabilité présumée du FinCEN a récemment fait l'objet d'une controverse. Selon BuzzFeed News, le média a obtenu des milliers de documents du FinCEN, transmis par des banques entre 2000 et 2017, principalement des déclarations d'activités suspectes (SAR).
De nombreux documents gouvernementaux classifiés révèlent que des banques occidentales effectuent des transactions se chiffrant en milliards de dollars via des activités suspectes. La question qui se pose est : pourquoi le gouvernement américain n’a-t-il pas mis fin à ces agissements ?.
Les documents FinCEN révèlent un aspect terrifiant des malversations financières mondiales : les banques les laissent faire et les agences gouvernementales n'ont pas su les enrayer.
Le blanchiment d'argent est une activité criminelle. Le rôle premier des lois est de l'empêcher. Le problème est que le simple dépôt d'une déclaration ne suffit pas. Il s'agit d'une protection générale pour les banques, les dispensant de leur responsabilité réelle de lutter contre les activités criminelles et d'éviter les poursuites. Tant que les banques se contentent de déposer des déclarations, elles peuvent percevoir des frais sans agir concrètement contre le blanchiment d'argent, et le nombre d'infractions financières ne cesse d'augmenter.
L'alerte d'activité suspecte leur donne en réalité carte blanche pour continuer à transférer de l'argent et à percevoir des frais. Les autorités devraient se montrer plus vigilantes et cesser de dénigrer les plateformes d'échange de cryptomonnaies. Autrement, elles contribuent à l'aggravation de la pauvreté dans le monde et permettent à l'argent sale d'alimenter des secteurs légaux ou de financer des activités illégales.

