Les marchés mondiaux se préparent à une journée cruciale ce mercredi, dans l'attente des réactions suscitées par la publication de plusieurs indicateurs économiques et les déclarations de la banque centrale américaine. L'attention se portera notamment sur les chiffres des ventes au détail aux États-Unis, les données sur l'inflation au Royaume-Uni et dans la zone euro, ainsi que sur le discours du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell.
Les investisseurs suivent de près la récente ouverture dudent Donald Trump envers ledent chinois Xi Jinping. Ils espèrent que la proposition de Trump de reprendre les négociations avec Pékin permettra de désamorcer une guerre commerciale dévastatrice qui secoue les marchés depuis deux semaines.
Les rendements obligataires s'envolent, les marchés sont nerveux
Le marché obligataire américain envoie des signaux d'alarme. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a grimpé à 4,6 %, tandis que celui à 30 ans a franchi la barre des 5 %. Ces niveaux ont ravivé les craintes d'un resserrement des conditions financières. Cette flambée des rendements vient clore une période de forte volatilité, marquée par une hausse de plus de 50 points de base des coûts d'emprunt à long terme la semaine dernière.
Les marchés anticipent une intervention de la Réserve fédérale, mais la banque centrale reste prudente. Le gouverneur de la Fed, Christopher Waller, a récemment admis qu'il existe un risque de récession aux États-Unis. Il ne s'est toutefois pas inquiété de l'inflation, car la banque centrale pourrait intervenir pour stabiliser la situation financière.
D'autres responsables de la Réserve fédérale ont adopté une position plus restrictive, pointant du doigt la hausse des anticipations d'inflation à court terme comme source d'inquiétude. Ledent de la Fed de Saint-Louis, Alberto Musalem, a averti que ces anticipations pourraient se répercuter sur les prévisions à long terme, contraignant ainsi la banque centrale à maintenir ses taux d'intérêt ou à envisager de nouvelles hausses.
En coulisses, les interrogations persistent quant au rôle de la Chine dans les récentes fluctuations du marché des bons du Trésor. Premier détenteur étranger de dette publique américaine après le Japon, avec un portefeuille estimé à 760 milliards de dollars, Pékin pourrait, par un éventuel démantèlement de ses bons du Trésor, faire chuter les marchés.
Chen Zhao, stratège en chef mondial chez Alpine Macro, estime que le plan de cash d'obligations est déjà en cours. « Je pense que la Chine utilise déjà ses avoirs en bons du Trésor comme une arme », a déclaré CNBC. « Elle vend des bons du Trésor américain et convertit le produit de ces ventes en euros ou en obligations d'État allemandes . »
Les données sur les ventes au détail et la production seront au centre de l'attention, le discours de Powell fait suite à
Mercredi, les chiffres des ventes au détail et de la production industrielle de mars seront publiés à 12h30 UTC. Les marchés suivront de près les chiffres des ventes au détail, considérés comme un indicateur du comportement des consommateurs après l'imposition par Trump de droits de douane de base de 10 % sur la plupart des importations américaines.
Ces données précèdent la décision de la Maison Blanche de suspendre pendant 90 jours la plupart des taxes supplémentaires, à l'exception de celles imposées à la Chine.
Plus tard dans la journée, Jerome Powell prononcera un discours au Club économique de Chicago. Prévu à 17h30 UTC, ce sera sa deuxième intervention en moins de deux semaines, et les investisseurs seront attentifs à tout changement de position par rapport à ses déclarations précédentes.
Les dernières déclarations de Powell, le 4 avril, intervenaient quelques jours seulement après l'annonce par Trump de ses droits de douane dits « de libération », peu avant un assouplissement partiel de ces mesures suite aux répercussions sur les marchés. À ce moment-là, Powell avait admis que ces droits de douane pourraient engendrer des pressions inflationnistes et ralentir la croissance économique, indiquant que la banque centrale devait attendre de voir l'évolution future des taux.
Le discours et la séance de questions-réponses qui suivront devraient influencer les échanges, notamment sur les marchés obligataires et actions déjà secoués par une volatilité extrême rappelant les perturbations financières de l'ère pandémique.
décisions politiques des banques centrales au Canada et en Europe
Hors des États-Unis, la Banque du Canada doit annoncer sa dernière décision de politique monétaire à 13 h 45 UTC. Les marchés anticipent globalement un statu quo, mais certains analystes prévoient une baisse de 25 points de base du taux directeur, le ramenant à 2,50 %.
En Europe, la zone euro publiera ce jeudi ses chiffres définitifs de l'inflation pour le mois de mars. Aucune surprise n'est attendue, l'attention se portant désormais sur les inquiétudes liées à la croissance et à la guerre commerciale .
De même, l'indice des prix à la consommation britannique de mars sera publié, et l'on s'attend à un léger ralentissement de l'inflation. Si les prévisions consensuelles se confirment, la Banque d'Angleterre devrait procéder à une baisse de son taux directeur lors de sa réunion de mai.

