Si la guerre en Iran s'éternise, cela aura un « impact grave » sur l'économie, notamment en Europe, selon le directeur d'une importante banque régionale de développement.
Cet avertissement intervient alors que des préparatifs sont en cours pour assouplir les règles en matière d'aides d'État au sein de l'UE, afin d'aider les États membres à faire face à la crise énergétique provoquée par le conflit au Moyen-Orient.
Le directeur de la BERD prévoit un choc économique si la guerre se poursuit
L’affrontement militaire dans le Golfe persique va certainement freiner la croissance et faire grimper l’inflation, mais les conséquences économiques d’une guerre prolongée seront encore plus graves
C’est ce qu’a déclaré ladent de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement, Odile Renaud-Basso, qui s’est exprimée sur le sujet auprès d’Euronews.
Elle a également mis en garde contre un « impact économique bien plus grave » sur l’Union européenne, au cas où le conflit entre les États-Unis et Israël et l’Iran s’éterniserait ou s’intensifierait.
Ses déclarations interviennent après l'échec des négociations menées ce week-end entre des responsables américains et iraniens, qui n'ont pas permis de parvenir à un accord pour y mettre fin.
D'après plusieurs médias, une nouvelle série de pourparlers pourrait encore avoir lieu avant l'expiration du cessez-le-feu de deux semaines, le 21 avril.
Si ces mécanismes s'effondrent eux aussi, Renaud-Basso prévoit des répercussions économiques « plus larges et plus importantes » dans les pays où la BERD intervient.
Fondée au début des années 1990 pour soutenir la transition des anciens pays du bloc de l'Est vers une économie de marché, la banque apporte aujourd'hui son soutien à plus de 30 pays sur trois continents, dont l'Asie et l'Afrique.
Les impacts économiques observés sont « directement liés » à la flambée des prix de l'énergie, a également déclaré son directeur à la chaîne de télévision européenne.
Le conflit, qui a débuté fin février, a de facto fermé le détroit d'Ormuz, qui représentait environ 20 % des expéditions mondiales de pétrole et de gaz.
L’interruption des approvisionnements par voie fluviale et les grèves contre les infrastructures énergétiques en Iran et dans la région ont fait les prix des carburants dans les semaines qui ont suivi, incitant les États à intervenir par le biais de subventions et de taxes .
Un prix de 100 dollars le baril de pétrole ferait grimper l'inflation de 1,5 %
La BERD estime que si le prix du pétrole se maintient autour de 100 dollars le baril, la croissance devrait se contracter de 0,4 % et l'inflation augmenter de 1,5 % dans les pays où elle intervient. Renaud-Basso a précisé :
« Si le détroit d’Ormuz reste bloqué pendant une très longue période, si les capacités de production du Golfe sont davantage détruites… alors l’impact économique risque d’être beaucoup plus grave. »
Intervenant lundi dans l'émission Europe Today, elle a également souligné que le défi pour l'UE sera encore plus grand, car les gouvernements du bloc sont « beaucoup plus limités » sur le plan budgétaire.
Cela les empêche de prendre des mesures pour « contrebalancer les hausses des prix de l'énergie » résultant de la crise iranienne, comme ils l'ont fait lors de la pandémie de COVID en 2019 ou en 2022, lorsque la Russie a envahi l'Ukraine.
La BERD souhaite allouer 5 milliards d'euros à des investissements dans les pays de la région les plus touchés par le conflit, de l'Égypte à l'Arménie, et est prête à soutenir toutes les autres économies où elle est présente.
L'UE va assouplir les règles relatives aux aides d'État face à la hausse des coûts de l'énergie
Par ailleurs, la présidente dent la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a révélé que l'UE proposera un assouplissement des règles en matière d'aides d'État d'ici la fin du mois.
Elle a fait cette annonce lundi, après que le président américaindent la menace proférée dimanche par Donald Trump de bloquer le détroit d'Ormuz suite à l'échec des négociations avec l'Iran.
La décision de Bruxelles s'inscrit dans une série de mesures destinées à aider les États membres à faire face à la crise énergétique déclenchée par la guerre du Golfe, comme l'a souligné l'édition européenne de Politico dans un article.
La facture énergétique de l'Union européenne a augmenté de 22 milliards d'euros depuis le début de la guerre, a également fait remarquer Ursula von der Leyen dans sa déclaration.
Le remplissage des installations de stockage de gaz et l'adoption de réductions d'impôts temporaires et de mesures de stimulation de la demande font partie d'une boîte à outils spéciale qui sera présentée la semaine prochaine.
Le bloc entend également moderniser et étendre son réseau électrique comme solution à long terme pour réduire sa dépendance aux importations coûteuses de combustibles fossiles.
Le plan prévoit également une modification des taxes sur l'électricité et des redevances de réseau, ainsi qu'une mise à jour du système d'échange de quotas d'émission ( SEQE ) de l'Union, en guise de réponse supplémentaire à la guerre contre l'Iran.

