Chrysler fait désormais l'objet d'une enquête officielle après que la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) a ouvert une enquête sur 232 209 véhicules Jeep Wrangler et Jeep Gladiator de l'année modèle 2020 vendus à travers les États-Unis.
L'organisme de surveillance de la sécurité a annoncé cette mesure samedi, selon Reuters, après avoir reçu 89 plaintes distinctes de conducteurs qui ont déclaré que leur tableau de bord (IPC) s'était complètement éteint ou avait clignoté pendant que le véhicule était en mouvement.
Cet écran affiche des informations essentielles comme le compteur de vitesse, le niveau de carburant, l'état du moteur et les voyants d'alerte, qui sont tous censés rester visibles pendant la conduite.
L'agence a averti qu'un dysfonctionnement du système IPC pourrait empêcher les conducteurs d' tracleur vitesse ou leur niveau de carburant. Si la jauge à carburant cesse de fonctionner, il existe un risque de panne sèche et de perte de puissance en cours de route.
Le problème n'a jusqu'à présent été lié à aucun accident ni blessure, mais la NHTSA indique qu'elle recueille actuellement davantage de données pour déterminer la fréquence d'apparition du problème et si un rappel est nécessaire.
Ce problème concerne Chrysler, qui fait partie de Stellantis, et s'applique aux véhicules qui n'ont pas encore été équipés des systèmes électriques mis à jour du constructeur.
La NHTSA lance un rappel de Ram ProMaster en raison d'un risque de surchauffe
Alors que l'enquête de l'IPC fait la une des journaux, la NHTSA a également signalé que Chrysler rappelle 291 664 véhicules Ram ProMaster en raison d'un problème potentiel de surchauffe du circuit électrique du ventilateur du radiateur.
En cas de surchauffe du circuit, des pannes électriques plus graves pourraient survenir, bien qu'aucun accident nidentn'ait été confirmé publiquement. Chrysler a indiqué à l'agence qu'une solution est en cours d'élaboration et que les concessionnaires seront informés dès qu'elle sera disponible.
Dans ce contexte, Stellantis investit massivement aux États-Unis pour se prémunir contre les répercussions économiques liées au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et à la réactivation de sa politique tarifaire. Le constructeur automobile investit désormais 13 milliards de dollars dans ses activités américaines sur quatre ans, soit 8 milliards de plus que ce qu'il avait annoncé en début d'année.
Stellantis prévoit d'utiliser ces cash pour augmenter sa production de véhicules à essence et hybrides, et indique que ce financement contribuera également à couvrir les dépenses de recherche et développement ainsi que les partenariats avec les fournisseurs.
Cet investissement financera l'agrandissement des usines de l'Illinois, de l'Ohio, du Michigan et de l'Indiana, et devrait créer 5 000 emplois sur ces sites. L'entreprise mise également sur les modèles à essence, compte tenu de l'expiration des crédits d'impôt pour les véhicules électriques et du réexamen des normes d'émissions.
Dans le cadre de cette évolution, le constructeur a relancé le moteur Hemi V8 dans ses pick-ups légers Ram, et une nouvelle Dodge Charger à moteur essence est actuellement en développement.
Le Canada riposte avec des droits de douane, Stellantis suspend ses projets Compass
Mais Stellantis subit également des pressions venant du nord de la frontière. Le Canada a commencé à restreindre les exemptions tarifaires sur les véhicules fabriqués aux États-Unis après que GM et Stellantis ont délocalisé leur production hors de l'Ontario.
Le pays avait initialement proposé une exemption pour éviter les droits de douane imposés , mais il retire maintenant cette offre aux entreprises qui délocalisent leur production.
En conséquence, GM arrête définitivement la production de fourgonnettes électriques à Ingersoll, privant ainsi l'usine de tout autre modèle en développement. Par ailleurs, Stellantis vient de suspendre la production du SUV Compass près de Toronto, mettant en péril 3 000 emplois dans cette usine.
Le Canada étant le plus gros acheteur de véhicules américains, avec 629 000 unités importées l’an dernier, ce changement de politique pourrait avoir des répercussions importantes sur le commerce et le marché du travail.
Parallèlement, Stellantis enregistre une tron demande sur le marché automobile américain. Entre juillet et septembre, ses ventes en Amérique du Nord ont progressé de 35 %, tandis qu'en Europe, elles ont augmenté de 8 %. Toutefois, la route à parcourir pourrait s'avérer semée d'embûches.
Patrick Hummel, analyste automobile chez UBS, a déclaré que les investissements massifs américains pourraient rendre « plus difficile le redressement des flux cash disponibles » à court terme.

