Le gouvernement chinois a dévoilé cette semaine deux mesures visant à stabiliser le secteur des véhicules électriques. Lors d'une réunion du Conseil des affaires d'État, le mercredi 16 juillet, le Premier ministre Li Qiang a appelé à mettre fin à la « concurrence déloyale » sur le marché intérieur. Par ailleurs, le ministère du Commerce a annoncé l'instauration de nouvelles règles d'exportation pour les technologies clés des batteries, afin de préserver le leadership de la Chine dans ce domaine.
Lors de la réunion du Conseil des affaires d'État du 16 juillet, les responsables se sont engagés à freiner la « concurrence débridée » qui règne dans le secteur chinois des véhicules électriques. Ils ont promis de faire respecter l'ordre du marché et de renforcer le contrôle des prix, selon les médias d'État. La session a souligné que les entreprises devraient privilégier l'innovation et la qualité des produits plutôt que de recourir à des remises importantes.
Les autorités ont également indiqué qu'elles surveilleraient de près le secteur afin d'en maintenir la stabilité. La chaîne de télévision d'État CCTV a diffusé le reportage. CCTV a noté que les responsables n'avaient fourni aucun détail concernant leurs projets de soutien à l'innovation ou à l'amélioration de la qualité.
Cette décision fait suite aux directives du parti au pouvoir visant à modérer la politique de baisse des prix agressive pratiquée par les constructeurs de véhicules électriques. Alors que la deuxième économie mondiale est en tracd'atteindre son objectif officiel de croissance de 5 % en 2025, les autorités ont averti qu'une chute brutale des prix pourrait ralentir cette croissance.
En avril, BYD a vendu plus de véhicules électriques en Europe que Tesla, une première, selon les chiffres du secteur. Ce succès a exacerbé les tensions avec les États-Unis et l'Union européenne, qui ont mis en garde contre les risques que l'arrivée massive de véhicules chinois à bas prix ne nuise à leurs industries automobiles nationales.
Le mois dernier, Pékin a convoqué les dirigeants des grandes entreprises de véhicules électriques, dont BYD, et les a exhortés à « s’autoréguler » en évitant les réductions de prix injustes.
La Chine réalise des progrès significatifs dans le domaine des technologies de batteries pour véhicules
Dans un communiqué distinct du 15 juillet, le ministère du Commerce a indiqué que tout transfert à l'étranger de huit technologies clés de fabrication de batteries nécessiterait une autorisation gouvernementale. Cette règle s'applique aux exportations réalisées dans le cadre d'échanges commerciaux, d'investissements ou de partenariats techniques et entre en vigueur immédiatement.
Selon les autorités, cette mesure pourrait consolider la position dominante de la Chine dans la production de batteries pour véhicules électriques et dissuader les constructeurs automobiles chinois d'implanter des usines à l'étranger. Ces cinq dernières années, les entreprises chinoises ont réalisé des progrès considérables dans la conception des batteries, réduisant les coûts tout en augmentant l'autonomie des véhicules.
La dernière génération de cellules lithium-ion utilise du fer et du phosphate, un mélange plus économique et plus sûr que les alliages de nickel, de cobalt et de manganèse. Ces batteries sont essentielles à la capacité de la Chine de produire des véhicules électriques à des prix inférieurs à ceux de nombreux modèles à essence et de véhicules électriques concurrents à l'étranger. L'UE a incité les fabricants chinois de batteries et de voitures à implanter des usines sur son territoire, condition sine qua non à une croissance continue des ventes.
Les États-Unis se montrent plus prudents, mais examinent actuellement les projets de deux usines chinoises de batteries dans le Michigan. Si elles sont approuvées, ces usines figureraient parmi les premières grandes installations chinoises de production de batteries aux États-Unis. Ces nouvelles règles d'exportation de batteries interviennent près de trois mois après l'introduction par Pékin de licences d'exportation pour sept terres rares et aimants. Cette mesure a déjà perturbé les entreprises occidentales et japonaises qui utilisent ces matériaux pour la fabrication de robots, de moteurs électriques de pointe et de voitures.
BYD, entreprise basée à Shenzhen et qui a récemment détrôné Tesla pour devenir le premier constructeur mondial de voitures électriques, a dévoilé sa batterie lithium-fer-phosphate (LFP) il y a cinq ans. Cette batterie remplace la coûteuse technologie NCM par du phosphate et du fer afin de réduire les risques d'incendie. Son concurrent, Contemporary Amperex Technology Co. Limited (CATL), basé à Ningde, a présenté un modèle similaire peu après. En comparaison, les entreprises sud-coréennes, allemandes, japonaises et américaines utilisent encore majoritairement des batteries NCM.

