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Le Premier ministre canadien Carney élabore un projet de loi sur la production automobile pour contrer l'offensive commerciale américaine de Trump

ParJai HamidJai Hamid
3 minutes de lecture
  • Le Canada élabore une nouvelle politique automobile afin de protéger les usines locales des tarifs douaniers de Trump et de maintenir la production au pays.

  • Ce plan autorise les constructeurs automobiles chinois à fabriquer des voitures localement, mais uniquement dans le respect de règles strictes et de partenariats locaux.

  • Un accord avec la Chine réduit les droits de douane sur les véhicules électriques, plafonne les volumes et exige des investissements futurs dans la production nationale.

Le Premier ministre canadien Mark Carney lance une nouvelle stratégie automobile qui s'attaque directement aux efforts de Donald Trump pour rapatrier les usines automobiles aux États-Unis. Ce plan offre aux entreprises qui fabriquent des véhicules au Canada un meilleur accès au marché local, ce qui rend plus difficile pour les tarifs douaniers de Trump de les dissuader de partir.

La ministre de l'Industrie, Melanie Joly, devrait dévoiler l'ensemble du plan en février. Mais des fuites circulent déjà parmi les autorités. L'objectif est simple : enrayer l'hémorragie. Depuis l'imposition par Trump de droits de douane sur les voitures étrangères en avril dernier, des usines ont fermé et des emplois ont disparu.

General Motors a fermé une usine en Ontario. Stellantis a abandonné son projet près de Toronto et a finalement décidé de fabriquer des Jeeps en Illinois. C'est ce que le Canada souhaite inverser rapidement.

Les constructeurs automobiles chinois peuvent participer au marché s'ils respectent les règles canadiennes

Pour la toute première fois, le Canada autorisera les constructeurs automobiles chinois à assembler des voitures sur son territoire. Mais ils ne bénéficieront pas d'un traitement de faveur. « Ils devront s'associer à des entreprises locales et utiliser des logiciels développés au Canada », a indiqué une source gouvernementale.

Le responsable, qui a requis l'anonymat, a également précisé que les questions de sécurité nationale font partie intégrante de l'accord. « Il s'agit de disposer d'une plateforme sécurisée qui ne présente aucun risque technologique », a-t-il ajouté. C'est là qu'interviennent des entreprises comme BlackBerry.

La nouvelle stratégie ne se limite pas autracdes usines. Elle cible également les véhicules électriques. Elle comprendra des mesures visant à stimuler les ventes de véhicules électriques, ainsi que de nouvelles incitations pour les acheteurs. L'objectif principal ? S'assurer que le Canada ne reste pas dépendant du marché américain. « Nous avons des accords de libre-échange avec l'Europe et l'Asie », a déclaré le représentant. « Nous n'allons pas rester les bras croisés à mendier un accès au marché américain. »

Actuellement, cinq entreprises possèdent des usines d'assemblage automobile au Canada : GM, Stellantis, Ford, Toyota et Honda. Mais la majeure partie de leur production est destinée directement aux États-Unis. C'est ce que Carney souhaite changer.

Le Canada a vendu 1,9 million de voitures neuves l'an dernier, dans un pays dont la population est équivalente à celle de la Californie. La plupart des marques étrangères ne produisent même pas de voitures au Canada. Tesla, Nissan et Kia approvisionnent le marché canadien depuis leurs usines américaines ou étrangères.

Depuis le début de la guerre commerciale de Trump, les constructeurs automobiles américains perdent des parts de marché au Canada. Les usines du Mexique et de la Corée du Sud, quant à elles, en gagnent, selon les données de Statistique Canada. C'est en partie ce qui alimente cette nouvelle vague de mesures.

L'accord Carney-Xi réduit les droits de douane et inclut des conditions de quotas pour les véhicules électriques

La semaine dernière, Carney s'est rendu à Pékin et a rencontré ledent Xi Jinping. Les deux parties ont conclu une trêve commerciale qui permettra à environ 49 000 véhicules électriques chinois d'entrer au Canada chaque année, moyennant un faible droit de douane de 6 %.

Cela représente une réduction importante par rapport à la surtaxe de 100 % qui leur avait été imposée en 2024. En contrepartie, la Chine assouplira les droits de douane sur les exportations agricoles canadiennes et ouvrira la voie à des voyages sans visa pour les citoyens canadiens.

Lors de ce même voyage, Joly a rencontré BYD, Chery et le géant canadien des pièces automobiles Magna. Résultat ? Un accord de principe : la Chine est autorisée à exporter un nombre limité de véhicules électriques, mais ces entreprises doivent envisager sérieusement d’investir au Canada. « Nous ferons le point dans trois ans », a déclaré le responsable. « Si elles ne donnent pas suite, l’accord est annulé. »

Cet accord comporte une clause de plafonnement des prix. Une partie du quota doit être réservée aux véhicules électriques coûtant 35 000 $ CA ou moins. Cela avantage principalement les marques chinoises, qui produisent déjà des modèles moins chers. Le Canada souhaite également certifier progressivement davantage de ces modèles, au lieu de dépendre uniquement de Tesla pour répondre à la demande.

À Washington, certains ont été pris au dépourvu, mais pas le président lui-même. Trump ne semblait pas s'en soucier outre mesure. « C'est normal, c'est ce qu'il doit faire », a-t-il déclaré aux journalistes interrogés sur l'accord Carney-Xi. « Si on peut conclure un accord avec la Chine, il faut le faire. »

Il existe néanmoins un risque. Cet accord pourrait engendrer des tensions, alors que le Canada, les États-Unis et le Mexique s'apprêtent à réviser leur accord commercial trilatéral. Le gouvernement affirme avoir informé le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, au préalable afin d'éviter toute surprise. L'ambition principale ? Réduire la dépendance à l'égard de Washington.

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Jai Hamid

Jai Hamid

Jai Hamid couvre l'actualité des cryptomonnaies, des marchés boursiers, des technologies, de l'économie mondiale et des événements géopolitiques qui influencent les marchés depuis six ans. Elle a collaboré avec des publications spécialisées dans la blockchain, telles que AMB Crypto, Coin Edition et CryptoTale, sur des analyses de marché, des sujets liés aux grandes entreprises, à la réglementation et aux tendances macroéconomiques. Diplômée de la London School of Journalism, elle a également présenté à trois reprises son expertise du marché des cryptomonnaies sur l'une des principales chaînes de télévision africaines.

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