Afin de consolider la position du Canada dans le domaine en pleine expansion de l'intelligence artificielle (IA), des voix s'élèvent pour réclamer la nomination d'un ministre fédéral dédié à l'IA et à l'économie numérique. Le Canada accusant un retard par rapport à ses homologues internationaux en matière d'adoption de l'IA, les experts estiment qu'une action stratégique est indispensable pour exploiter pleinement le potentiel du pays dans ce secteur technologique crucial.
La volonté du Canada de devenir un chef de file mondial en intelligence artificielle exige une approche proactive. Les défenseurs de cette cause affirment qu'un poste ministériel dédié est essentiel pour orienter la stratégie et les actions nationales. Bien que le pays puisse se targuer de réalisations de calibre mondial en recherche et en enseignement de l'IA, on craint de perdre le savoir-faire acquis, que ce soit en recherche et développement, en propriété intellectuelle ou en matière de talents.
Accélération de l'IA : remédier au retard de la numérisation et de l'adoption
Pour renforcer la position du Canada en matière d'IA, il est urgent de remédier au retard de la numérisation et de l'adoption de l'IA. Face à la baisse de la productivité et à un taux d'adoption de l'IA inférieur à la moitié de celui des États-Unis, les partisans de l'IA préconisent une accélération du processus de numérisation. Le poste ministériel proposé devrait conférer au gouvernement le pouvoir de mener des initiatives transformatrices, de collaborer avec le secteur technologique pour moderniser les systèmes gouvernementaux et de favoriser l'adoption de l'IA dans l'industrie.
Investissement dans les entreprises locales en pleine croissance spécialisées dans l'IA
Un autre axe prioritaire consiste à stimuler l’investissement dans les entreprises canadiennes en IA à forte croissance, afin de créer et de préserver la valeur générée par la technologie, la propriété intellectuelle et les talents canadiens. Une stratégie proposée, « IA fabriquée au Canada », prévoit d’allouer un pourcentage du budget fédéral d’acquisition de technologies au soutien de ces entreprises. L’objectif est de créer les conditions propices à la croissance et au succès des licornes canadiennes de l’IA.
Au-delà des frontières nationales, une perspective mondiale souligne l’urgence pour le Canada de se positionner dans la course à l’IA. Alors que des pays comme les États-Unis, la Chine, la France, l’Allemagne, l’Inde, le Japon, le Royaume-Uni, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis investissent stratégiquement dans l’IA, les experts estiment que le Canada ne peut se permettre de rester à l’écart. La création proactive d’un poste ministériel s’inscrit dans les tendances mondiales, à l’instar des Émirats arabes unis qui ont nommé un ministre d’État à l’IA et à l’économie numérique en 2017.
Agilité réglementaire : suivre le rythme de l'évolution de l'IA
L'hyperévolution de l'IA représente un défi réglementaire pour les gouvernements du monde entier. Le ministre proposé de l'IA et de l'économie numérique devrait favoriser la coordination entre les différents ministères afin de traiter les questions de politique publique liées à l'IA. De la protection des données à la cybersécurité en passant par la propriété intellectuelle, une approche cohérente est jugée essentielle pour élaborer des politiques cohérentes dans un environnement numérique en constante évolution.
Le Canada aspire à devenir un chef de file mondial en intelligence artificielle, et la création d'un poste ministériel dédié est perçue comme une mesure décisive. Cette initiative stratégique répond à la nécessité de tirer parti des atouts du pays en matière de recherche et d'éducation, afin d'éviter que ne se reproduisent les situations passées où l'innovation technologique et les talents ont été perdus. En s'attaquant aux priorités immédiates, comme le retard de la numérisation, la promotion de jeunes entreprises canadiennes spécialisées en IA et la garantie d'une réglementation souple, le Canada peut se positionner comme un acteur incontournable sur la scène mondiale de l'IA. Le poste proposé de ministre de l'IA et de l'économie numérique est considéré comme la clé de voûte pour propulser le pays à un rôle de premier plan dans cette ère de transformation.

