Pendant un certain temps, le Canada a fait partie des nombreux pays hésitants à se lancer dans les cryptomonnaies. Le mois dernier, lors d'une entrevue avec Reuters, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a évoqué la possibilité d'une monnaie numérique de banque centrale (MNBC), ne la considérant pas comme une nécessité urgente.
Ce qui préoccupait M. Macklem, c'était la concurrence, et plutôt son absence à l'époque. Dans son interview de novembre, M. Macklem a déclaré que l'absence de monnaie numérique de banque centrale (MNBC) ne poserait problème que si un pays avec lequel ils commerçaient en possédait une.
Le Canada avait mis en place un plan d'urgence avec ses partenaires du G7.
Le Canada avait lancé ce projet de recherche en 2017, auquel participaient R3, Accenture, l'Autorité monétaire de Singapour, JP Morgan Chase et la Banque d'Angleterre.
Le pays recrutait également des candidats pour participer à son projet. Le Canada était sur le point de créer des monnaies numériques de banque centrale (MNBC) et un événement a tout fait basculer.
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En février, Timothy Lane, le sous-gouverneur du Canada, qui avait déclaré dans une interview que le Canada n'avait pas besoin de recourir à une monnaie numérique de banque centrale (MNBC), affirme maintenant qu'ils lancent une MNBC.
En février, M. Lane avait déclaré que deux facteurs principaux inciteraient le pays à se tourner vers les cryptomonnaies, et l'un d'eux s'est réalisé.
Trop populaire
La première condition posée par M. Lane était que si les cryptomonnaies gagnaient en popularité, il faudrait lancer une monnaie numérique de banque centrale (MNBC). Une popularité croissante des cryptomonnaies poserait problème car elle menacerait le dollar canadien.
Les Canadiens dépendent moins de cash en raison de la pandémie. La plateforme d'échange de cryptomonnaies Coinsquare compte plus de 200 000 utilisateurs.
L'intérêt pour les cryptomonnaies au Canada n'a cessé de croître. En décembre 2017, une étude révélait que 5 % des Canadiens avaient acheté des cryptomonnaies. En 2018, ce chiffre atteignait 16,55 % .
La popularité croissante des cryptomonnaies a poussé le Canada à lancer une monnaie numérique de banque centrale (MNBC), même si cette tendance pourrait évoluer une fois la pandémie terminée, car d'autres facteurs sont en jeu.
La menace des États-Unis
Le deuxième facteur évoqué par Timothy Lane était que le Canada adopterait les cryptomonnaies si la Chine réduisait cash. Or, la Chine a lancé le yuan numérique, qui fonctionne bien.
La Chine n'a pas encore totalement abandonné cash, mais la menace d'une transition similaire des États-Unis est trop importante. Grâce au contrôleur par intérim et au nouveau sénateur du Wyoming, les États-Unis pourraient rapidement lancer une monnaie numérique de banque centrale (MNBC).
Fin octobre, Brian Brooks, contrôleur par intérim de la monnaie, a indiqué que de plus en plus de banques américaines s'intéressaient aux cryptomonnaies et s'est montré un fervent partisan de cette technologie. Le mois dernier, Cynthia Lummis, nouvelle sénatrice du Wyoming, a vivement critiqué Bitcoin sur ABC, le présentant comme une excellente réserve de valeur.
Le Canada ne souhaite pas se retrouver à la traîne par rapport à certains de ses plus importants partenaires commerciaux ; il prend donc les devants et devance les États-Unis sur la voie des monnaies numériques de banque centrale (MNBC).

