D'après une étude récemment publiée par la Confédération mondiale de l'emploi (WEC), 80 % des dirigeants interrogés estiment que l'IA entraînera probablement des transformations profondes de leurs effectifs au cours de la prochaine décennie. L'étude « Le travail que nous voulons » révèle un besoin croissant, chez les employés du secteur commercial, d'acquérir rapidement de nouvelles compétences et des approches novatrices pour réussir dans un environnement technologique en constante évolution.
Principales conclusions et implications
D'après cette étude, 81 % des dirigeants d'entreprise sont conscients de la nécessité d'acquérir de nouvelles compétences et d'adapter leurs tâches quotidiennes aux nouvelles méthodes pour accompagner le développement de l'IA. Malheureusement, 78 % des employés interrogés ont confié avoir l'impression que les mois passent trop vite lorsqu'ils travaillent, et que la technologie évolue si rapidement qu'ils n'arrivent pas à se tenir au courant.
Jonas Prising, PDG et président de ManpowerGroup et membre du WEC , a déclaré que la révolution de l'IA avait engendré une demande considérable en compétences. Il est donc nécessaire de mettre en place des mesures efficaces pour combler le déficit de compétences. Il a souligné le rôle fondamental de l'humanisme dans des aspects tels que la collaboration, le partage d'informations, la résolution de problèmes et la prise en compte des émotions, en complément de l'IA, véritable moteur de productivité en entreprise.
Stratégies pour assurer l'avenir de la main-d'œuvre
Les organisations expérimentent différentes stratégies pour développer la flexibilité et l'adaptabilité de leurs équipes afin de relever les défis liés à l'IA . L'étude révèle que 92 % des cadres supérieurs auront besoin d'une main-d'œuvre flexible dans les deux prochaines années. Les employeurs s'orientent progressivement vers la constitution de viviers de talents sectoriels, l'application de principes de recrutement basés sur les compétences, l'utilisation accrue des plateformes de recrutement en ligne et le recours accru au travail temporaire pour pallier la pénurie de compétences.
Une autre raison pour laquelle le recours à des travailleurs à temps partiel est stratégiquement avantageux est qu'il s'agit d'une excellente source pour attirer des personnes possédant des compétences numériques spécialisées, importantes à notre époque et certifiées par 79 % des cadres supérieurs.
Des partenariats mutuels sont nécessaires pour les futurs marchés du travail
Denis Pennel, directeur général du WEC, souligne l'importance du rôle des trois acteurs pour une transition réussie. La campagne « Le travail que nous voulons » sert de plateforme pour accélérer les discussions sur les enjeux actuels et profite à tous les acteurs du marché du travail.
L'influence considérable de l'automatisation souligne la nécessité d'une gestion des ressources humaines efficace pour accroître l'agilité de la main-d'œuvre. Le secteur des services RH joue un rôle primordial pour pallier la defide compétences et de talents exacerbée par la numérisation. La priorité du WEC est d'offrir des perspectives aux individus et de développer des politiques inclusives du marché du travail, en s'appuyant sur le cadre législatif pour traiter les enjeux liés au développement durable du secteur.
À mesure que l'IA redéfinit les métiers, les entreprises deviennent les acteurs clés de la mise en place de plateformes de requalification et de perfectionnement permettant à leurs collaborateurs d'acquérir les compétences nécessaires. Une entreprise peut s'adapter avec succès à un marché en constante évolution grâce à l'ouverture à la diversité et à l'agilité, à la création de contacts directs et au développement d'applications innovantes.
Les résultats de l’étude « Le travail que nous voulons » indiquent donc la nécessité de mesures préventives pour promouvoir le développement de la main-d’œuvre afin de combler le déficit de compétences induit par l’IA et d’assurer un emploi stable à l’ère numérique.
La Confédération mondiale de l'emploi s'engage à poursuivre son action. Celle-ci vise à créer un marché du travail inclusif et à encourager la collaboration entre tous les acteurs susceptibles de favoriser une meilleure progression des emplois plutôt qu'une régression vers le bas.
Article original tiré de : https://insights.wecglobal.org/the-work-we-want/home/agile-talent-in-the-age-of-ai

