Tesla est la nouvelle obsession de Wall Street, et on comprend aisément pourquoi. Son action a connu une ascension fulgurante, grimpant de 40 % depuis l'électiondentaméricaine. À 476,73 $, la capitalisation boursière de Tesla atteint désormais le chiffre vertigineux de 1 530 milliards de dollars.
Comparons cela à Nvidia, la star des valeurs de croissance de l'année dernière, dont l'action s'échange à 129,92 $ pour une capitalisation boursière de 318 milliards de dollars. Les analystes ne se trompent pas.
Tesla et Nvidia sont les deux faces d'une même pièce : toutes deux sont portées par un avenir technologique qui semble inarrêtable. Tesla conçoit des voitures et des technologies de conduite autonome ; Nvidia, des puces et une infrastructure d'intelligence artificielle. L'une construit la machine, l'autre gère le logiciel.
Alors que la croissance de Nvidia commence à ralentir, les résultats de Tesla continuent d'attirer les investisseurs. L'évolution du cours de l'action Tesla sur 52 semaines est éloquente : il est passé de 138,80 $ à 483,99 $ cette année. Le cours de Nvidia a oscillé entre 47,32 $ et 152,89 $, une performance honorable, mais loin de la progression fulgurante de Tesla.
Pourquoi Wall Street surveille Tesla comme elle a surveillé Nvidia
Cathie Wood, PDG d'Ark Invest, prévoit que l'action Tesla atteindra 2 600 $ d'ici 2029, grâce à une croissance des bénéfices et du chiffre d'affaires qu'elle qualifie d'« exceptionnelle ». Si ses prévisions se réalisent, Tesla pourrait atteindre une valorisation de 8 200 milliards de dollars en seulement cinq ans. De quoi rendre le pic atteint par Nvidia bien modeste en comparaison.
Les investisseurs sont au rendez-vous. L'enthousiasme est palpable face à l'évolution de Tesla vers la conduite autonome basée sur l'IA. Nul n'ignore que Tesla n'est plus seulement un constructeur de voitures électriques. Avec ses logiciels de conduite autonome et ses ambitions en matière de robotaxis, Wall Street parie sur un futur Tesla qui ne se contentera plus de vendre des voitures, mais proposera également des trajets, grâce à l'IA.
La stratégie de Tesla rappelle la domination de Nvidia durant l'essor de l'IA. Les puces Nvidia sont devenues essentielles au développement de l'IA générative, alimentant des entreprises comme OpenAI et propulsant les profits à des niveaux records. L'IA de Tesla, quant à elle, se déploie sur les routes.
Si Tesla parvient à perfectionner la conduite autonome, son logiciel deviendra aussi indispensable que les puces de Nvidia. Mais il y a un hic. Tesla affiche un ratio cours/bénéfice (C/B) vertigineux de 162. Celui de Nvidia ? Un ratio bien plus abordable de 51,14.
Cela fait de Tesla un investissement à haut risque et à fort potentiel de gain. Goldman Sachs l'a récemment souligné , prévenant que la valorisation de Tesla pourrait être supérieure à ses bénéfices réels.
La croissance de Nvidia ralentit, Tesla ne fait que commencer
Nvidia reste le visage de l'infrastructure d'IA, mais des signes de faiblesse apparaissent. Après une croissance de son chiffre d'affaires de plus de 200 % ces derniers trimestres, les analystes prévoient désormais un ralentissement de la croissance de Nvidia, aux alentours de 70 %. Un résultat toujours impressionnant, certes, mais un signe clair que le boom de l'IA se stabilise.
La dépendance de Nvidia envers une poignée de clients majeurs, tels que les géants du cloud et les startups spécialisées en IA, inquiète certains investisseurs. Tesla, de son côté, est en pleine expansion. Le marché perçoit une entreprise qui n'a fait qu'effleurer son potentiel en matière d'IA. Les voitures autonomes représentent le pari le plus audacieux de Tesla.
Les données boursières le confirment. Tesla gagne tracet figure parmi les actions les plus négociées à Wall Street. Nvidia conserve toutefois la première place, avec 197 millions d'actions échangées le 17 décembre, contre 108 millions pour Tesla.
Les investisseurs misent tout sur les actions américaines
L'optimisme ambiant concernant Tesla s'inscrit dans une tendance plus large. L'enquête mondiale de Bank of America auprès des gestionnaires de fonds révèle que les investisseurs se débarrassent cash et investissent massivement en actions. La part Cash dans les portefeuilles a atteint son niveau le plus bas depuis 2001, passant de 4,3 % à 3,9 %.
C'est le signe que les investisseurs recherchent la croissance et ne veulent pas rester passifs. Michael Hartnett, stratégiste chez Bank of America, a qualifié l'ambiance d'« extrêmement optimiste ». L'envolée de Tesla, alimentée par son expertise en intelligence artificielle, s'inscrit parfaitement dans ce contexte. Wall Street voit en une machine à croissance et en redemande.
Les baisses de taux d'intérêt ne font qu'attiser les tensions. Les investisseurs anticipent une nouvelle baisse des taux par la Réserve fédérale, ce qui rendrait les actions encore plustrac.
L'indice S&P 500 est en tracde clôturer 2024 avec une hausse de plus de 26 %, dépassant largement toutes les prévisions. Les analystes anticipent désormais une nouvelle progression de 10 % l'année prochaine, portée par des valeurs de croissance comme Tesla. Nvidia a joué ce rôle en 2023 ; c'est maintenant au tour de Tesla de prendre le relais.

