Un tournant majeur se dessine dans la réglementation financière américaine : un groupe bipartisan de parlementaires, comprenant des membres clés des deux partis, a exprimé ses inquiétudes quant au projet de taxe sur les actifs numériques proposé par le Trésor américain. Cette proposition, dévoilée le 25 août, a suscité un vif débat parmi les législateurs, qui a abouti à une lettre détaillée adressée au Trésor le 15 novembre.
Dans leur correspondance, les parlementaires, menés par les représentants Patrick McHenry et Ritchie Torres, ont critiqué la portée excessive des directives fiscales proposées. Ils ont fait valoir que ces directives, notamment la defiélargie du terme « courtier », pourraient englober les services de finance décentralisée DeFi et diverses plateformes d'échange d'actifs numériques. Cette extension, craignent-ils, risque d'entraîner des déclarations fiscales redondantes, un problème aggravé par le fait que de nombreuses plateformes ne disposent pas d'informations détaillées sur l'dentde leurs clients.
Par ailleurs, le groupe a exprimé son inquiétude quant à l'éventuelle inclusion des jetons non fongibles (NFT) et des stablecoins de paiement dans la catégorie vague des « actifs numériques ». Il craint que cela n'engendre non seulement une confusion juridique, mais aussi que cela ne tienne pas compte de la nature distincte de ces actifs, qui ne sont ni des instruments financiers ni des placements.
Par ailleurs, les législateurs ont souligné le délai très court accordé au public pour la consultation et la mise en œuvre de ces réglementations, le qualifiant d’« excessivement court ». Ils ont proposé de prolonger ce délai jusqu’au 31 décembre 2023, afin de permettre un examen et une discussion plus approfondis des implications.
Ce groupe bipartisan, qui comprend également les représentants Warren Davidson, Eric Swalwell, Wiley Nickel, French Hill, Byron Donalds, Erin Houchin et le chef de la majorité, Tom Emmer, participe activement à l'élaboration de la politique relative aux actifs numériques. Leurs préoccupations font écho aux points de vue exprimés dans une lettre adressée au gouvernement en janvier 2022, dans laquelle ils s'opposaient à toute nouvelle loi fiscale sur les actifs numériques.
L'envoi de cette lettre est significatif, car il coïncide avec une autre initiative importante du même groupe de congressistes. Ces derniers ont demandé des informations à l'administration Biden concernant le financement du Hamas par les cryptomonnaies. Cette demande s'inscrit dans le cadre plus large des préoccupations liées à l'utilisation des cryptomonnaies dans des activités criminelles, un sujet qui était au centre d'une audition de sous-commission de la Chambre des représentants tenue le même jour.
Ces développements soulignent les défis et la complexité persistants de la réglementation des actifs numériques. La lettre des sénateurs témoigne d'une lutte plus large pour concilier l'innovation dans ce secteur et la nécessité d'une réglementation et d'un contrôle efficaces. Leurs préoccupations mettent en lumière les risques potentiels d'une réglementation mise en œuvre à la hâte et l'importance d'une approche nuancée des nouvelles technologies financières. Alors que le débat se poursuit, l'issue de ces discussions sera déterminante pour l'avenir de la réglementation des actifs numériques aux États-Unis.
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