Donald Trump devrait entrer endentle 20 janvier. Les économistes prévoient une dégradation plus marquée des relations géopolitiques déjà fragiles entre les États-Unis et la Chine, sous la présidence de Joe Biden. Un second mandat dudentpourrait marquer le début d'une guerre froide économique : un découplage brutal des deux plus grandes économies mondiales. Remportera-t-il la victoire ? Probablement pas.
Ledent Biden a consacré son mandat à renforcer une approche multidimensionnelle de la politique économique. Il a apparemment élaboré un concept intégrant les outils économiques, technologiques et militaires pour contrer la Chine.
Cet « État sécuritaire économique » s’inspirait des stratégies de la guerre froide contre l’Union soviétique, jadis un concurrent de premier plan pour les États-Unis. Cependant, à l’ère moderne, où les guerres ne se mènent plus par les armes et les bombes, les États-Unis sont confrontés à des défis liés à une mauvaise coordination et à des priorités politiques contradictoires.
L'économie chinoise est difficile à combattre
Contrairement à l'Union soviétique, que les États-Unis pouvaient isoler par des embargos commerciaux, l'intégration de la Chine aux chaînes d'approvisionnement mondiales rend une telle stratégie impraticable. Ce pays asiatique contrôle des secteurs clés, comme les minéraux et la production de haute technologie. On comprend aisément pourquoi Trump le considère comme un rival redoutable.
La fragmentation de la gouvernance américaine, notamment entre des départements comme l'Office of Foreign Assets Control (OFAC) du Trésor et le Bureau of Industry and Security, compliquera les efforts dudentélu pour faire appliquer ses politiques « rigoureuses » à l'égard des pays étrangers.
Le plan de Trump, qui prévoit des mesures économiques radicales, inclut l'imposition de droits de douane de 10 % sur toutes les importations et de 60 % sur les produits chinois. Bien que ces mesures s'inscrivent dans sa politique « L'Amérique d'abord », elles risquent de déstabiliser les marchés mondiaux et de nuire aux exportateurs asiatiques , notamment à des partenaires commerciaux clés des États-Unis comme le Vietnam, le Japon, la Corée du Sud et l'Inde.
L'application généralisée de ces droits de douane risque de créer davantage de turbulences économiques que des mesures ciblées comme les sanctions financières.
Les experts restent incertains quant aux détails des politiques tarifaires de Trump. Magnus, analyste économique, remarque : « Il est difficile de savoir comment il va les appliquer, à quels niveaux et par rapport à quoi. »
Quoi qu’il en soit, l’impact global est clair : les droits de douane vont remodeler les échanges commerciaux entre les États-Unis et la Chine et ripple sur les marchés mondiaux.
Les difficultés économiques de la Chine persistent
L'économie chinoise aborde l'année 2025 avec de nombreux obstacles à surmonter, notamment une crise prolongée du marché immobilier, une dette publique locale élevée et une faible consommation.
La production industrielle a légèrement progressé en novembre 2024, mais la croissance des ventes au détail est restée atone. La Conférence centrale sur le travail économique, réunie en décembre 2024, a réaffirmé l'objectif de croissance de la Chine à 5 %, mais les analystes demeurent sceptiques.
Au lieu de s'attaquer aux problèmes structurels, Pékin a misé sur des projections optimistes, laissant les problèmes fondamentaux sans solution.
Les États-Unis pourraient avoir l'avantage sur ce point, car l'accent mis par Xi Jinping sur la stabilité intérieure et les réformes militaires limite sa capacité à contrer les réformes économiques aux États-Unis.
Les limites de la diplomatie économique américaine
L’appareil sécuritaire économique américain repose sur la mise en œuvre de sanctions contre les pays qui ne se conforment pas à ses directives. Cependant, l’impact de ces sanctions financières dépend de la force du dollar.
Si la Chine, la Russie, l'Inde et les autres pays du BRICS contournent les systèmes commerciaux basés sur le dollar au profit de monnaies alternatives, alors les sanctions américaines seront vaines.
De plus, les stratégies de Trump, notamment les menaces de coercition militaire et une possible orientation vers des politiques favorables aux cryptomonnaies, pourraient nuire à la position des États-Unis sur la scène internationale. Son admiration pour des personnalités comme Elon Musk, qui prône un rapprochement avec la Chine, complexifie davantage la cohérence de sa politique économique.
Une guerre froide n'est bonne pour personne
Du point de vue international, ni la Chine ni les États-Unis ne souhaitent une crise généralisée. Xi Jinping est confronté à une instabilité intérieure et à des défis militaires, tandis que Trump cherche à éviter des perturbations économiques susceptibles de nuire à sa présidence.
Un gouvernement républicain unifié place Trump mieux placé que Biden pour mener à bien un programme unique. Cela dit, son approche, marquée par des décisions erratiques et spontanées, soulève des inquiétudes quant aux conséquences à long terme.
Comme l'a rapporté la BBC, la récente rencontre entre Xi Jinping et Joe Biden lors du sommet de l'APEC a souligné l'importance de relations sino-américaines stables. Les propos de Xi, selon lesquels « une nouvelle guerre froide ne doit pas être menée et ne peut être gagnée », reflètent la volonté de Pékin d'éviter une confrontation directe.
Cependant, les droits de douane agressifs proposés par Trump et sa volonté de découpler les chaînes d'approvisionnement risquent fort d'aggraver les tensions de la guerre froide.
Trump remportera-t-il la guerre économique ?
Nombreux sont ceux qui voient le retour de Trump à la Maison-Blanche comme une mauvaise nouvelle pour la Chine et la Russie. Sa volonté de défier la Chine sur tous les fronts, y compris l'intelligence artificielle et les cryptomonnaies, s'inscrit dans la stratégie américaine de maintien de sa domination mondiale.
Cependant, ses méthodes sont souvent impulsives et risquent d'affaiblir la position du pays dans le système commercial mondial. Des droits de douane élevés et un recours excessif aux sanctions économiques pourraient marginaliser les États-Unis au lieu de renforcer leur influence.
Si Pékin pourrait tirer profit de l'approche incohérente de Trump, le risque d'une intensification des guerres commerciales et d'un découplage économique est loin d'être négligeable. L'engagement de Xi Jinping à collaborer avec Trump pourrait être motivé par la crainte, mais il reste à voir si ledentélu américain acceptera son soutien.

