Ledent Trump a exprimé son inquiétude quant à la croissance économique. Il a qualifié le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, de « Monsieur Trop en retard » car ce dernier n'a pas été assez rapide pour baisser les taux d'intérêt. Par ailleurs, il est convaincu qu'il n'y a pas et qu'il n'y aura pas d'inflation ; c'est pourquoi il souhaite une baisse immédiate des taux d'intérêt.
Évoquant les coûts de l'énergie et les prix des denrées alimentaires, Trump a écrit sur son compte Truth Social : « Ces coûts étant en nette baisse, comme je l'avais prédit, il ne peut y avoir quasiment pas d'inflation, mais un ralentissement de l'économie est possible, à moins que M. Trop Tardif, grand perdant, ne baisse les taux d'intérêt, maintenant. »
DERNIÈRE MINUTE : Le président dent appelle à des « baisses de taux préventives » et affirme qu’« il n’y a pratiquement pas d’inflation ».
— La Lettre de Kobeissi (@KobeissiLetter) 21 avril 2025
Trump surnomme désormais le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, « Monsieur Trop Tard ». pic.twitter.com/I3sBD0b6RI
Selon l'indice des prix à la consommation (IPC) mensuel du Bureau des statistiques du travail (BLS) pour le mois de mars, les prix ont baissé de 0,1 %. C'est la première fois en près de cinq ans que l'inflation diminue. Si l'on exclut l'alimentation et l'énergie, l'inflation sous-jacente n'a progressé que de 0,1 %, soit le taux le plus faible depuis juin.
Bien que les États-Unis n'aient pas connu de fortes hausses inflationnistes, leur croissance économique a été fortement affectée. Or, les analystes de marché l'avaient prédit dès le début de la guerre commerciale. Aujourd'hui, cette guerre commerciale atteint son paroxysme, la Chine et les États-Unis étant les principaux acteurs. Les États-Unis pourraient entrer en récession, et Trump , qui semblait jusqu'alors indifférent, ne peut plus rester les bras croisés.
Les utilisateurs de Polymarket prévoient que la Fed maintiendra ses taux inchangés
de Polymarket estiment désormais à 90 % la probabilité que la Fed maintienne ses taux à 4,5 % lors de sa réunion de mai. Ce chiffre était de 62 % la semaine dernière.
Par ailleurs, selon le CME Group, les acheteurs ont 85 % de chances que les taux restent inchangés en mai. Depuis les déclarations de Powell, les chances d'une baisse des taux en mai ont diminué. C'est pourquoi la Fed maintiendra des taux élevés jusqu'à ce que des signes de ralentissement de l'inflation apparaissent.
En revanche, Powell se soucie peu de la croissance économique. Son principal souci est l'inflation. Il a clairement indiqué que la banque centrale américaine ne réagirait pas précipitamment aux droits de douane massifs imposés par l'administration Trump ni au chaos qui a suivi sur les marchés financiers, alimenté par les craintes d'un ralentissement économique mondial.
Les marchés s'effondrent face à la panique de Trump
Les propos de Trump ont affecté les marchés boursiers, déjà en forte baisse lundi, mais son message a accentué cette chute, l'indice S&P 500 perdant 2 % en début de séance. Le S&P 500 a désormais perdu 750 milliards de dollars de capitalisation boursière.
Par ailleurs, les menaces de Trump contre Powell et son projet de hausse des droits de douane ont affaibli le dollar, et le taux d'intérêt des obligations du Trésor à 10 ans a augmenté. Lundi, il a légèrement progressé pour atteindre 4,35 %. Ces taux servent de référence pour les taux hypothécaires, ce qui signifie que le coût d'un prêt immobilier restera probablement élevé.
« L’Europe a déjà baissé ses exigences sept fois. » – Trump renvoie Powell à l’UE
Alors que Trump demandait à Powell de baisser les taux, il a cité l'exemple de l'Europe, qui avait déjà abaissé ses taux d'intérêt à sept reprises. Cependant, la BCE avait fortement relevé ses taux entre 2022 et 2023 pour lutter contre l'inflation, et les a donc abaissés progressivement.
En réalité, au cours des trois derniers mois de 2024, les économies des 20 pays de la zone euro ont progressé légèrement de 0,2 %. En mars, l'inflation s'établissait à 2,2 %, proche de l'objectif de 2 % fixé par la Banque d'Angleterre. Par conséquent, la croissance économique revêt aujourd'hui une importance accrue
Lors d'une réunion à Francfort, le conseil de politique monétaire de la banque a décidé de baisser le taux directeur de 0,25 % à 2,25 % afin de contrer les inquiétudes concernant la croissance économique suscitées par Trump.

