Le groupe indien Tata a vu sa valeur boursière chuter de plus de 75 milliards de dollars cette année, les dernières semaines ayant été particulièrement marquées par des pertes importantes, le conglomérat étant aux prises avec de nouvelles restrictions de visas américaines et une cyberattaque dommageable contre ses activités dans le secteur des voitures de luxe.
La capitalisation boursière totale des 16 sociétés cotées en bourse du conglomérat a chuté vendredi à son plus bas niveau en près de deux ans, selon les données de Bloomberg.
Plus de 20 milliards de dollars du recul enregistré cette année, soit plus d'un cinquième des pertes totales, sont survenus depuis le 19 septembre, date à laquelle le président dent Trump a durci les règles d'obtention des visas de travail pour les États-Unis. Ces changements ont particulièrement affecté Tata Consultancy Services.
Tata Consultancy Services, largement considérée comme le joyau de la couronne du groupe et une représentation de la puissance technologique de l'Inde, a subi les pertes les plus lourdes.
L'action de la société a chuté de plus de 8 % la semaine dernière, enregistrant ainsi sa pire performance hebdomadaire depuis 2020. Le titre a baissé pendant cinq séances boursières consécutives, à l'instar d'autres grandes entreprises comme Infosys et Wipro, après la hausse des frais des visas H-1B décidée par Trump.
Dans une note de recherche, les analystes Anurag Rana et Andrew Girard de Bloomberg Intelligence expliquent que ces entreprises pourraient éviter de soumissionner pour destracexigeant une présence importante sur site aux États-Unis, ce qui pourrait nuire à l'acquisition de nouveauxtracau cours des prochains trimestres. Ils soulignent que les entreprises comme TCS, qui se concentrent exclusivement sur les services, sont les plus exposées.
Une cyberattaquerippleJaguar Land Rover
de 2 milliards de dollars du gouvernement britannique, destiné à alléger la pression financière sur ses fournisseurs.
Le constructeur automobile a annoncé que la production de véhicules dans ses usines ne reprendra pas avant le 1er octobre au plus tôt. Selon la BBC, cet arrêt de production coûte à JLR environ 50 millions de dollars par semaine, et plusieurs sous-traitants de moindre importance risquent désormais la faillite. Un analyste du Financial Times estime que les pertes totales pourraient atteindre 4,7 milliards de dollars si JLR reste dans l'incapacité de produire des véhicules jusqu'en novembre.
Le Financial Times a rapporté que l' impact sur les résultats de JLR sera plus grave car l'entreprise ne disposait pas d'assurance contre les cyberattaques et doit en absorber l'intégralité des coûts.
Le gouvernement intervient avec un soutien d'urgence
Le secrétaire d'État au Commerce, Peter Kyle, a annoncé le 28 septembre que le gouvernement avait accepté de soutenir Jaguar Land Rover avec une garantie qui devrait fournir jusqu'à 1,5 milliard de livres sterling de financement pour stabiliser son réseau d'approvisionnement à la suite de la cyberattaque.
Le prêt d'une banque commerciale, garanti par la garantie de développement des exportations fournie par UK Export Finance, sera remboursé sur cinq ans et renforcera les réserves cash de JLR afin d'aider les fournisseurs durement touchés par l'arrêt de l'activité.
Au sein du groupe Tata, les actions de 12 de ses 16 sociétés cotées en bourse ont chuté cette année. Tejas Networks a vu sa valeur fondre de moitié, tandis que Trent et Nelco ont chacune perdu près d'un tiers de leur valeur.
Les relations entre les États-Unis et l'Inde se sont détériorées ces derniers mois, Washington ayant imposé des droits de douane supplémentaires sur les produits indiens après que New Delhi a continué d'acheter du pétrole russe.
En Inde, les actions des entreprises technologiques ont chuté après l'annonce par les États-Unis de leur projet de réforme des frais de visa pour l'immigration de travailleurs étrangers. Ces changements constituent une menace majeure pour les entreprises des secteurs de la technologie et de la finance, fortement dépendantes de la main-d'œuvre hautement qualifiée venue de l'étranger, notamment d'Inde et de Chine.

