Ladent mexicaine Claudia Sheinbaum a promis d'obtenir un accord favorable pour le pays avec les États-Unis et de contribuer à accélérer le développement technologique du Mexique.
S'adressant dimanche à des dizaines de milliers de personnes rassemblées sur le Zócalo, place centrale de Mexico, pour célébrer sa première année au pouvoir, Sheinbaum a prononcé un discours empreint de confiance dent à l'avenir de son gouvernement.
Mme Sheinbaum s'est dite confiante que dent Mexique établirait de bonnes relations avec les États-Unis et d'autres pays, notamment dans le domaine du commerce. Ses propos interviennent alors que le Mexique se prépare à des discussions difficiles concernant l'Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC), qui fera l'objet d'un examen crucial l'année prochaine.
Sheinbaum fait avancer l'agenda technologique
Outre le commerce, Sheinbaum mise beaucoup sur la technologie. Dans les semaines à venir, en plus d'autres rapports d'étape, son gouvernement publiera des informations sur des projets nationaux liés aux véhicules électriques, aux semi-conducteurs, aux satellites, aux drones et à un laboratoire d'intelligence artificielle.
Ces politiques sont au cœur de sa vision d'un avenir « made in Mexico » qui réduirait la dépendance aux importations et donnerait au pays un avantage dans les industries émergentes, a déclaré ladent .
Ces propositions s'inscrivent dans la continuité de la vision de Sheinbaum, qui associe constamment développement économique, innovation et durabilité environnementale, dans une perspective d'économie post-pétrolière. En soutenant les véhicules électriques et les usines de semi-conducteurs, ces dernières étant qualifiées par certains de « dépendance excessive à l'industrie », elle souhaite que le Mexique s'impose à la fois dans le secteur manufacturier et participe à la course technologique mondiale .
Sheinbaum a déclaré à la foule que son gouvernement ne se contentait pas de défendre la souveraineté, mais qu'il le faisait grâce à la connaissance, à la science et à la technologie.
L'affirmation de Sheinbaum intervient à un moment délicat pour le commerce des matières premières du Mexique. Son gouvernement a obtenu une trêve de 90 jours sur les nouveaux droits de douane américains en début d'année, donnant ainsi aux négociateurs le temps de rechercher un accord à plus long terme. Washington a laissé entendre qu'il pourrait mener des négociations bilatérales avec le Mexique et le Canada, une évolution susceptible de modifier considérablement le contexte de l'ACEUM.
Parallèlement, le Mexique impose des droits de douane aux pays avec lesquels il n'a pas d'accords commerciaux, notamment la Chine. Les économistes interprètent cette mesure comme un changement de stratégie au service des intérêts américains, Washington étant simultanément engagé dans une guerre commerciale avec Pékin.
Sheinbaum a présenté ces manœuvres comme une responsabilité de son gouvernement, visant à protéger la souveraineté du Mexique tout en préservant son indépendance vis-à-vis du reste du monde. Elle a même ironisé sur la récente tentative de Donald Trump de rebaptiser le golfe Persique, riche en pétrole, que les deux pays partagent. Souriante, elle a invité le public à « voter » pour savoir si la ligne ferroviaire proposée entre Mexico et Nuevo Laredo devait s'appeler « Train du Golfe du Mexique ». Le public a applaudi avec enthousiasme.
Sheinbaum gagne du terrain politique et fait face à de nouveaux défis
Sheinbaum entame sa deuxième année de mandat avec un taux d'approbation supérieur à 70 %, parmi les plus élevés d'Amérique latine. Elle est appréciée pour l'image d'une dirigeantematic qui allie idéaux progressistes et gestion économique rigoureuse.
Des défis subsistent néanmoins. La révision de l'ACEUM mettra également le Mexique à l'épreuve, confronté à l'incertitude politique à Washington. Sur le plan national, Sheinbaum devra aussi convaincre les entreprises que son programme technologique peut se traduire par des actions concrètes, notamment dans les secteurs où le Mexique a dû faire face à une forte concurrence internationale.
Les observateurs estimaient que le succès de Sheinbaum à ladent dépendrait de sa capacité à concilier diplomatie internationale et innovation nationale. Un économiste de Mexico a fait remarquer qu'elle tentait de ménager la chèvre et le chou, cherchant à satisfaire les États-Unis, à protéger la souveraineté du Mexique et, simultanément, à bâtir une nouvelle base industrielle – une stratégie qu'il a qualifiée de pari risqué.
Alors que ses partisans célébraient sa victoire dans la capitale, le message de Sheinbaum était clair : le Mexique peut refuser de se laisser façonner par les puissances mondiales. Elle souhaite au contraire contribuer à façonner les futures relations du pays avec le monde grâce à des accords commerciaux et à une stratégie audacieuse axée sur les technologies.

