À l'approche du Consumer Electronics tron (CES) en janvier 2024, les experts et analystes du secteur prévoient que l'événement sera dominé par des discussions et des expositions liées à l'intelligence artificielle ( IA ). Cette prédiction s'inscrit dans le contexte de l'importance croissante de l'IA dans divers secteurs, les médias et le divertissement étant parmi les industries les plus avancées en matière d'adoption de l'IA.
L'adoption de l'IA par l'industrie des médias
John Harrison, responsable du secteur Médias et Divertissement pour les Amériques chez EY, a souligné l'intérêt croissant de l'industrie des médias pour l'IA. Les entreprises de médias expérimentent activement des outils et des solutions d'IA dans tous les sous-secteurs, mais avec prudence, en commençant souvent par des projets pilotes et des équipes internes dédiées à l'exploration du potentiel de l'IA.
Harrisondentdeux grandes catégories d'applications de l'IA dans l'industrie des médias :
Optimisation de la productivité : Il s’agit d’utiliser l’IA pour améliorer les fonctions support, telles que la finance et les RH, grâce à l’automatisation et à l’intelligence artificielle. L’objectif est d’accroître l’efficacité, de réduire les coûts et de libérer du temps aux employés pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Stimuler la croissance : les entreprises de médias explorent comment l’IA, notamment l’IA générative, peut contribuer aux processus créatifs. Cela inclut la génération d’idées de reportages, l’accélération du montage et du doublage, ainsi que la personnalisation des recommandations de contenu pour fidéliser les utilisateurs sur les plateformes de streaming.
Harrison reconnaît l'évolution rapide de la technologie de l'IA et son impact sur les processus médiatiques, soulignant la nécessité d'un investissement rigoureux dans les projets d'IA, en particulier dans un secteur où les flux cash sont essentiels.
Le métavers s'efface dans le silence
L'engouement suscité par le métavers, qui a dominé les débats médiatiques et de divertissement ces dernières années, s'est considérablement estompé en 2023. Harrison note que les équipes chargées du métavers mises en place par les entreprises ont été soit réaffectées, soit dissoutes, ce qui témoigne d'un intérêt décroissant pour ce concept.
Si certaines entreprises médiatiques continuent de suivre l'évolution de la réalité virtuelle et augmentée (RV et RA), l'enthousiasme qui entourait autrefois le métavers s'est estompé. L'attention s'est désormais portée sur des applications plus pratiques et immédiates de cette technologie.
Les discussions autour des fusions-acquisitions dans le secteur des médias et du divertissement ont repris, principalement suite à des informations selon lesquelles Paramount Global et sa maison mère, National Amusements, seraient ouverts à des transactions. L'analyse d'EY sur les raisons de la consolidation du secteur reste inchangée.
Le potentiel de développement des entreprises de vente directe aux consommateurs grâce au contenu de masse et aux droits sportifs.
Opportunités de réduire les coûts et d'améliorer l'efficacité grâce aux transactions.
Amélioration du positionnement concurrentiel face aux géants du numérique.
Harrison souligne toutefois deux obstacles importants :
Rationalisation du portefeuille : les entreprises peuvent avoir besoin de se séparer d’actifs ou d’activités non stratégiques, mais la réalisation de telles transactions peut s’avérer complexe et coûteuse.
Défis réglementaires : L’environnement réglementaire, tant aux États-Unis qu’à l’échelle mondiale, engendre des incertitudes pour les opérations de fusions-acquisitions de grande envergure. L’année 2024 étant une année électorale aux États-Unis, cette incertitude s’accentue, car les autorisations réglementaires pourraient faire l’objet d’une procédure d’examen prolongée.
Perspectives du marché publicitaire en 2024
Le marché publicitaire, qui a connu des incertitudes en 2023, devrait se clarifier en 2024. Le contexte macroéconomique apparaît plus stable, avec un risque réduit d'atterrissage brutal, selon les analyses économiques.
Toutefois, des défis persistent pour les annonceurs :
L'audience de la télévision linéaire, hors événements sportifs en direct, est en baisse.
Les services de streaming ne proposent pas encore de services publicitaires efficaces à grande échelle.
Ces défis rendent de plus en plus difficile pour les annonceurs d'atteindre un large public. Les spécialistes du marketing recherchent activement des moyens novateurs d'interagir avec les consommateurs dans un contexte hautement concurrentiel.
Face à la hausse des coûts du divertissement et au caractère discrétionnaire des dépenses médias, les entreprises du secteur explorent des offres groupées et des partenariats innovants en 2024. Cette stratégie vise à valoriser les contenus de divertissement au sein d'offres groupées, telles que les forfaits mobiles ou les services de commerce électronique. De tels partenariats pourraient non seulement profiter aux consommateurs, mais aussi générer des résultats stratégiques pour les entreprises du secteur.
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