L'Inde fait pression sur ses raffineurs de pétrole pour obtenir des mises à jour hebdomadaires sur ses achats auprès de la Russie et des États-Unis, alors que New Delhi tente de faire avancer un accord commercial au point mort avec la Maison Blanche dudent Donald Trump, selon Reuters.
Les autorités s'attendraient désormais à ce que les livraisons de pétrole brut russe à l'Inde tombent sous la barre du million de barils par jour pour la première fois depuis des mois.
La décision d'exiger des rapports plus stricts sur le pétrole est venue du bureau du Premier ministre Narendra Modi, la cellule de planification et d'analyse pétrolière (PPAC) du ministère du Pétrole relayant les instructions aux raffineries du pays.
C’est la première fois que l’Inde exige des déclarations hebdomadaires d’achats, remplaçant ainsi l’ancien système qui reposait sur des chiffres douaniers mensuels et tracdu secteur privé.
Le gouvernement de Modi souhaite un contrôle plus strict des données relatives au commerce de l'énergie tout en tentant d'apaiser les tensions avec Washington.
L'Inde est confrontée à des menaces tarifaires et à l'échec des négociations avec Washington
Dès son retour au pouvoir, Trump cherchait des solutions pour réduire le deficommercial américain avec l'Inde. L'année dernière, il a doublé les droits de douane sur les produits indiens, les portant à 50 %, après que l'Inde a augmenté ses importations de pétrole russe.
Ces mesures sont intervenues alors que les deux pays étaient en pleines négociations en vue d'un accord commercial bilatéral. Mais les pourparlers ont échoué fin juillet 2025, l'Inde ayant refusé d'ouvrir son marché aux exportations agricoles américaines et n'ayant pas reconnu publiquement l'implication de Trump dans le règlement des tensions frontalières avec le Pakistan.
Malgré un parcours semé d'embûches, Trump et Modi ont maintenu le dialogue ouvert et les discussions commerciales sont de nouveau sur la table, même si la dépendance de l'Inde au pétrole russe reste le principal sujet tabou lorsqu'ils se trouvent.
Pour ne rien arranger, la Russie est engagée dans un face-à-face maritime avec les États-Unis au sujet du navire Bella 1. Ce dernier aurait entamé son voyage en Iran et se dirigeait vers un pays d'Amérique du Sud pour y collecter du pétrole, lorsqu'il a été intercepté par les garde-côtes américains. Le New York Times rapporte que la Russie a déposé une demandematic officielle auprès de Washington, l'exhortant à cesser les poursuites à travers l'océan Atlantique.
Les États-Unis ont représenté 6,6 % des importations indiennes de pétrole brut en 2025, selon les données de Kpler. La Russie en a fourni 35 %.
Parallèlement, lors de la première séance de bourse de 2026, le Brent s'est stabilisé autour de 61 dollars le baril, et le West Texas Intermediate est resté légèrement au-dessus de 57 dollars, les deux peinant à se remettre d'une chute de 18 % en 2025, soit la plus forte baisse depuis 2020. Les membres de l'OPEP+, menés par l'Arabie saoudite, se préparent à une réunion virtuelle le 4 janvier, au cours de laquelle ils devraient maintenir les réductions de production actuelles, selon un point de presse publié vendredi.
L’Agence internationale de l’énergie (AIE) a prédit que le monde pourrait connaître un excédent de 3,8 millions de barils par jour cette année.

