L'économie mondiale devrait connaître un léger ralentissement cette année, les barrières commerciales de Trump pesant de plus en plus lourd et les incertitudes politiques s'accentuant, selon les dernières prévisions économiques des Nations Unies publiées jeudi.
L'ONU prévoit que la croissance économique mondiale atteindra 2,7 % en 2026, contre 2,8 % estimés pour 2025. La croissance devrait rebondir à 2,9 % en 2027, mais ces taux restent bien inférieurs à la moyenne de 3,2 % observée au cours des dix années précédant la pandémie.
L'an dernier, les pays ont réussi à absorber les droits de douane imposés par ledent Donald Trump à la plupart des partenaires commerciaux américains en avril. Mais leur impact total « deviendra plusdent en 2026 », indique le rapport. La croissance du commerce international, qui s'établissait à 3,8 % en 2025, devrait chuter à seulement 2,2 % cette année.
Le Secrétaire général António Guterres a souligné les pressions croissantes auxquelles sont confrontées les nations du monde entier. « La combinaison de tensions économiques, géopolitiques et technologiques redessine le paysage mondial, engendrant une nouvelle incertitude économique et des vulnérabilités sociales », a-t-il déclaré.
Les États-Unis vont à contre-courant tandis que leurs alliés peinent à y parvenir
Outre les différends commerciaux, d'autres menaces existent. Les conflits armés à travers le monde pourraient freiner la croissance, annulant ainsi des signes positifs tels que l'augmentation des dépenses de consommation et la stabilité du marché du travail dans de nombreux pays.
Les États-Unis font exception à la tendance générale au ralentissement économique. Les chercheurs prévoient une légère hausse de la croissance américaine, qui devrait atteindre 2 % cette année, contre 1,9 % en 2025, grâce à des politiques budgétaires et monétaires expansionnistes
proches des États-Unis Les alliés n'ont pas cette chance. La croissance de l'Union européenne devrait ralentir à 1,3 % en 2026. Celle du Japon est estimée à 0,9 %, soit un recul par rapport aux prévisions de 2025.
La Chine, cible privilégiée des mesures commerciales américaines, connaîtra une croissance plus faible en 2026, à 4,6 %, contre 4,9 % l'an dernier. Son excédent commercial a néanmoins dépassé 1 000 milliards de dollars au cours des onze premiers mois de 2025, témoignant detronvigueur de ses exportations vers les marchés hors des États-Unis.
Les perspectives sont contrastées pour les autres régions en développement. L'Afrique devrait connaître une croissance de 4,0 % en 2026, en légère hausse par rapport aux 3,9 % de 2025. La croissance de l'Asie du Sud devrait se modérer, passant de 5,9 % à 5,6 %. Celle de l'Asie de l'Est reculera de 4,9 % à 4,4 %. L'Inde, en particulier, devrait enregistrer une croissance de 6,6 % cette année, après 7,4 % en 2025.
L’Amérique latine et les Caraïbes devraient connaître une croissance de 2,3 % en 2026, soit une légère baisse par rapport aux 2,4 % de 2025. La région est confrontée à de nouvelles mesures tarifaires américaines, à des changements dans les règles d’immigration et à des coûts de transport maritime plus élevés.
Les pays les plus pauvres continuent de rencontrer des difficultés. La croissance dans les pays les moins avancés devrait atteindre 4,6 % en 2026 et 5,0 % en 2027. Ces chiffres représentent une amélioration par rapport aux 3,9 % estimés pour 2025, mais restent bien en deçà de l'objectif de 7 % nécessaire à la réalisation des objectifs de développement durable.
Du côté de l'inflation, la situation semble plus favorable
L'inflation mondiale devrait ralentir à 3,1 % en 2026, contre 3,4 % estimés en 2025. Ce ralentissement s'explique par la baisse des coûts de l'énergie et des produits alimentaires, la stabilité des taux de change et le ralentissement de la croissance des salaires. Environ 40 % des pays ont constaté un retour de l'inflation à leur moyenne de long terme en 2025.
Le marché du travail est resté stable l'an dernier. Le taux de chômage mondial s'est maintenu à 5 %. Ce chiffre devrait légèrement baisser pour atteindre 4,9 % en 2026. Mais derrière cette stabilité apparente, des problèmes persistent. Le chômage des jeunes est plus de deux fois supérieur au taux global. Environ 257 millions de jeunes dans le monde ne sont ni en emploi ni scolarisés.
Le rapport note que, malgré les craintes initiales de pertes d'emplois dues à la hausse des droits de douane, un assouplissement partiel de certaines mesures plus tard dans l'année a contribué à apaiser ces inquiétudes.
Pour l'avenir, l'ONU prévient que les pays disposent de marges de manœuvre limitées pour faire face aux difficultés économiques. L'endettement élevé et les budgets restreints limitent l'action des gouvernements. La baisse de l'aide étrangère menace le soutien aux services essentiels dans les pays les plus pauvres.

