Une récente interview de la BBC avec l'ancien PDG de Google, Eric Schmidt, a mis en lumière son inquiétude quant aux risques extrêmes que représente le développement de l'IA, susceptible de nuire à des innocents. Schmidt a expliqué que des États voyous et des extrémistes pourraient exploiter la croissance rapide de l'intelligence artificielle pour créer des armes biologiques capables d'infliger des dommages catastrophiques à la population.
L'ancien PDG de Google a également souligné que les risques qu'il prenait en compte ne figuraient pas parmi ceux généralement considérés comme inhérents au développement de l'IA. Selon lui, des pays comme la Russie, la Corée du Nord et l'Irak nourrissaient des motivations cachées et pourraient détourner cette technologie émergente à leurs propres fins.
Schmidt a cité l'exemple des attentats du 11 septembre, commandités par Oussama ben Laden, alors chef d'Al-Qaïda, qui ont conduit des extrémistes à détourner des avions de ligne et à les utiliser comme ogives nucléaires. L'ancien PDG de Google a souligné les milliers de victimes des attentats de 2001, suggérant que de tels groupes pourraient recourir à l'intelligence artificielle pour perpétrer des attaques similaires.
Schmidt affirme que la surveillance gouvernementale est cruciale pour le développement de l'IA
Schmidt a expliqué l'importance du contrôle gouvernemental sur le développement de l'intelligence artificielle, évoquant la prédominance du secteur privé dans la recherche et l'innovation technologiques. Selon l'ancien patron de Google, le gouvernement devrait être informé des activités des entreprises privées, comme Google, en matière d'IA. Schmidt a également souligné la nécessité d'un équilibre entre le contrôle gouvernemental et le développement.
L'ancien PDG de Google a également abordé l'intérêt actuel des géants de la tech pour l'IA, malgré leur méconnaissance de son potentiel il y a quelques années. Schmidt a aussi souligné que les dirigeants de ces entreprises sont conscients de leur influence sur les consommateurs et que leur perception de l'impact de l'IA diffère de celle des autorités de régulation. Google figure parmi les entreprises technologiques qui développent l'IA, notamment en lançant des modèles d'entraînement pour son application Gemini.
Schmidt a salué par l'ancien président dent Biden sur les exportations de puces d'IA vers tous les pays, à l'exception de 18, afin de préserver le leadership américain dans le développement de l'IA. L'administration Biden a également réaffirmé la nécessité d'empêcher que ces puces ne tombent entre de mauvaises mains, car des individus mal intentionnés pourraient exploiter cette technologie pour menacer la sécurité nationale. Le département américain de la Défense a par ailleurs souligné que, entre de mauvaises mains, l'IA pourrait servir à créer des armes de destruction massive.
Nvidia, l'un des principaux fabricants de puces informatiques du pays, a souligné que ces restrictions nuiraient à la compétitivité des États-Unis et limiteraient leur innovation en intelligence artificielle. Ned Finkle, vice-président dent affaires gouvernementales de Nvidia, a insisté sur la nécessité d'une autonomie dans ce domaine. L'Union européenne a également exprimé ses inquiétudes quant à ces restrictions, évoquant la nécessité pour la région de continuer à acheter des puces sans entrave aux États-Unis.
Les pays s'associent pour un développement inclusif de l'IA
Bien que les engagements pris ici ne soient pas contraignants – un accord qui ressemble davantage à une déclaration de principe qu’à un véritable engagement, mais qui a au moins le mérite de sensibiliser à de l’IA –, le Royaume-Uni et les États-Unis refusent de signer… pic.twitter.com/cpGGOxBaY0
— Pinna Pierre (@pierrepinna) 13 février 2025
Soixante pays, dont la Chine, la France, l'Allemagne, d'autres pays de l'UE et l'Union africaine, ont signé un accord international sur le développement inclusif, éthique et ouvert de l'IA. Cette déclaration vise à garantir la transparence, la sécurité, la fiabilité et l'accessibilité de l'innovation en matière d'IA à l'échelle mondiale. Elle met également l'accent sur la pérennité de l'IA pour les individus et la communauté internationale.
L'accord a été signé lors du Sommet d'action pour l'IA, où l'UE s'est également engagée à investir 206 milliards de dollars dans le développement de l'IA. La présidente de la Commission européenne dent Ursula von der Leyen, a décrit la mission de la région, qui consiste à adopter une approche unique en matière d'innovation et d'applications de cette technologie. Le président français, dent Macron, a également souligné l'intérêt de la France à aider l'UE à devenir un chef de file dans ce domaine.
Le Royaume-Uni et les États-Unis ont persisté dans leur refus de signer le récent accord international. Le gouvernement britannique a exprimé des inquiétudes quant à la sécurité nationale et à la gouvernance mondiale. Les États-Unis, quant à eux, ont qualifié l'approche réglementaire de l'IA de rigoureuse. Le vice-président dent Vanc a vivement critiqué la position de l'UE lors du sommet, affirmant que le pays n'apprécierait guère un assouplissement de la réglementation sur l'IA pour les entreprises technologiques américaines.

