L'Union européenne s'apprête à signer un nouvel accord avec l'administration Trump afin de réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine pour les terres rares.
L’objectif est d’élaborer, d’ici trois mois, une « feuille de route pour un partenariat stratégique » commune. Celle-ci visera à établir des liaisons d’approvisionnement directes entre les États-Unis et l’Europe, en éliminant les intermédiaires.
Le projet d'accord décrit comment les États-Unis et l'Europe collaboreraient sur les projets miniers, soutiendraient les prix pour les producteurs et empêcheraient les pays étrangers d'inonder le marché de minéraux bon marché.
Les deux parties souhaitent protéger leurs industries et éviter de dépendre à nouveau des exportations chinoises. Ces minéraux sont utilisés dans la fabrication d'armes, de satellites, de smartphones, de batteries et de nombreux autres objets du quotidien.
La proposition comprend des projets miniers conjoints, des outils de tarification et des stocks
La proposition comprend des plans visant à créer de nouveaux projets miniers conjoints et à mettre en place des systèmes de tarification qui soutiennent les mineurs locaux.
Une partie du plan consisterait à empêcher les pays étrangers d'inonder l'un ou l'autre marché de marchandises à bas prix.
Une autre partie est consacrée à la mise en place de routes commerciales sûres et fiables pour les matières premières entre les États-Unis et l'Europe.
Les responsables des deux camps s'accordent à dire que ce plan est urgent. La Chine a imposé des restrictions sur ses exportations de terres rares l'an dernier. Trump a ensuite conclu un accord temporaire avec Xi Jinping, et l'interdiction a été reportée en octobre.
Mais la Maison-Blanche souhaite des mesures immédiates. C'est pourquoi elle organise cette semaine des réunions avec des dizaines de ministres des Affaires étrangères et de responsables du commerce afin de rallier davantage de pays à sa cause.
Les États-Unis demandent aux gouvernements de soutenir un système de prix unique pour les terres rares. L'objectif est d'empêcher que les prix chinois ne tirent les coûts vers le bas, rendant ainsi la concurrence impossible pour les producteurs américains et européens. Un responsable américain a déclaré que les États-Unis avaient déjà constaté suffisamment de concurrence déloyale et qu'ils n'attendraient plus.
Lundi, ledent Donald Trump a approuvé la constitution d'un stock de 12 milliards de dollars de terres rares afin de protéger les industriels américains contre toute pénurie future. La proposition de l'UE prévoit également la constitution de stocks, ce qui indique déjà une convergence manifeste entre les deux plans.
Les tensions au Groenland ont failli faire capoter les négociations, mais un accord reste possible
Les négociations entre les États-Unis et l'Europe ont failli échouer lorsque Trump a déclaré vouloir acheter le Groenland, qui appartient au Danemark.
Le Danemark fait partie de l'UE, et Bruxelles n'a pas pris la chose à la légère. En réponse, la Commission européenne a demandé aux 27 États membres de l'UE de ne pas signer d'accords individuels avec les États-Unis. Elle s'est en revanche octroyée un mandat complet pour parler au nom de l'ensemble du bloc.
La proposition actuelle inclut une exigencetronde respect mutuel des territoires, ce qui semble être une réponse directe à l'dentdu Groenland. Cette formulation a été ajoutée afin de recentrer les discussions sur les ressources minérales et d'éviter toute escalade politique.
L'accord préliminaire comprend :
- Coopération sur les chaînes d'approvisionnement et mise en place de routes commerciales exclusives entre les États-Unis et l'Europe
- Investissements conjoints dans de nouveaux sites miniers et de raffinage
- Aucune interdiction d'exportation de minéraux critiques n'a été imposée de part et d'autre
- Des programmes de recherche pour améliorer la technologie tout au long de la chaîne d'approvisionnement
- Partage d'informations en temps réel sur les problèmes d'approvisionnement et les risques mondiaux
- Planification d'urgence en cas de pénurie sur le marché
- Règles communes régissant la manière dont les deux parties gèrent la Chine et les autres fournisseurs étrangers
Même si certains diplomates doutent que l'ensemble de cet accord puisse être finalisé rapidement, le fait que l'Europe ait proposé un plan aussi complet montre que les discussions sont sérieuses.
La Commission européenne affirme que ces discussions sont « essentielles pour diversifier nos approvisionnements et réduire notre dépendance à un seul pays ». Elle n'a pas commenté directement le texte du plan.

