Le Conseil de l'Europe a adopté le tout premier traité juridiquement contraignant au niveau international sur l'intelligence artificielle. Ce traité novateur protège les droits humains face aux systèmes d'IA, garantit l'état de droit et promeut la démocratie. La décision a été prise lors de la réunion annuelle ordinaire du Comité des Ministres du Conseil de l'Europe, en présence des ministres des Affaires étrangères des 46 pays membres.
Le premier instrument international juridiquement contraignant sur l'#IA , qui fait jurisprudence dent Découvrez
— Conseil de l'Europe (@coe) 17 mai 2024
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Structure globale du Conseil de l'Europe pour la réglementation de l'IA
Le Cadre conventionnel du Conseil de l’Europe relatif à l’intelligence artificielle, aux droits de l’homme, à la démocratie et à l’état de droit préconise la création d’un cadre juridique solide couvrant le cycle de vie des systèmes d’IA. Ce cadre prendra en compte les différentes étapes : conception, mise en œuvre, lancement et retrait des composants. Plutôt que de simplement interdire les systèmes d’IA, il appelle à une étude approfondie des risques liés à leur développement et à leur utilisation.
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La Secrétaire générale du Conseil de l'Europe, Marija Pejčinović, a souligné l'importance de cette convention. Elle a déclaré : « La Convention-cadre sur l'intelligence artificielle est un traité mondial inédit qui garantira que l'intelligence artificielle respecte les droits des personnes. Elle répond au besoin d'une norme juridique internationale soutenue par des États de différents continents qui partagent les mêmes valeurs afin de tirer parti des avantages de l'intelligence artificielle tout en atténuant les risques. Grâce à ce nouveau traité, nous visons à assurer une utilisation responsable de l'IA qui respecte les droits de l'homme, l'état de droit et la démocratie. »
Secrétaire générale Marija Pejčinović
Ce traité est le fruit d'une collaboration entre le CAI, qui compte 46 États membres du Conseil de l'Europe et de l'Union européenne, ainsi que 11 pays non membres. Parmi les signataires figuraient l'Argentine, l'Australie, le Canada, le Costa Rica, le Saint-Siège, Israël, le Japon, le Mexique, le Pérou, les États-Unis, l'Uruguay, des représentants d'entités privées, de la société civile et du monde universitaire.
Principes de transparence et de responsabilité
L'un des principes fondamentaux de la convention est la mise en œuvre de mesures de contrôle et de supervision claires, adaptées à chaque cas et à chaque risque. Ces exigences comprennent des actions permettant de différencier les contenus produits par les systèmes d'IA, ainsi que toutes les mesures connexes adoptées pour évaluer, prévenir et minimiser les risques. Le traité vise également à garantir que les États s'engagent à interdire ou à réglementer les applications d'IA qui portent atteinte aux droits humains.
Le traité souligne l'importance de la responsabilité et des engagements face aux impacts négatifs potentiels des systèmes d'IA. Il stipule que ces systèmes doivent respecter la dignité humaine, notamment l'égalité des sexes, l'interdiction de la discrimination et le droit à la vie privée. De plus, la convention prévoit des recours juridiques pour les victimes de violations des droits humains liées à la mise en œuvre de l'IA, ainsi que des garanties procédurales telles que l'obligation d'informer les personnes concernées avant toute interaction avec un système d'IA.
Traité sur l'IA pour la sauvegarde des institutions démocratiques
Afin de garantir le respect des principes démocratiques, le traité oblige les parties à élaborer des règles interdisant aux systèmes d'intelligence artificielle d'interférer avec les institutions et les processus démocratiques. La préservation de la séparation des pouvoirs, de l'indépendance du pouvoir judiciaire et de l'accès à la justice en constitue le fondement. Le traité ne couvre pas les activités de sécurité nationale des États, mais les parties doivent aligner leurs pratiques sur le droit international et les institutions démocratiques.
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En outre, le traité susmentionné prévoit un mécanisme de suivi, par le biais d'une Conférence des Parties, afin d'assurer sa mise en œuvre effective. Chaque Partie doit mettre en place un dispositif de contrôledent chargé de veiller au respect de la convention, de sensibiliser l'opinion publique, de susciter un débat éclairé et de participer à un dialogue multipartite sur l'utilisation de l'IA.
La cérémonie d'ouverture de la convention-cadre se tiendra à Vilnius, en Lituanie, le 5 septembre, en amont de la conférence des ministres de la Justice. Cet événement marquera le début d'une ère novatrice en matière de réglementation et de gouvernance de l'IA, où les droits humains et les principes démocratiques ne seront pas compromis par les progrès sansdentde cette technologie.
Reportage Cryptopolitan de Chris Murithi.

