Le Canada entre désormais dans les premières phases d'une récession, de nouveaux chiffres et prévisions montrant un rétrécissement de l'économie et un affaiblissement du marché du travail.
L'avertissement provient de 34 économistes interrogés par Bloomberg entre le 16 et le 21 mai, qui prévoient tous une contraction consécutive trac PIB du pays. Ils anticipent un recul de 1 % au deuxième trimestre 2025, suivi d'une baisse plus modeste de 0,1 % au troisième trimestre, ce qui correspond à la defi classic d'une récession.
Le conflit commercial virulent avec les États-Unis, alimenté par les nouvelles menaces tarifaires dudent Donald Trump, a déjà perturbé les exportations canadiennes.
Ces menaces ont incité les importateurs américains à accélérer leurs commandes canadiennes en début d'année, concentrant ainsi la demande et réduisant drastiquement les exportations prévues pour ce trimestre. Il en résulte une forte baisse des exportations, estimée à 7,4 % en rythme annuel. Si les entreprises sont durement touchées, les économistes prévoient toutefois une légère hausse des expéditions vers la fin de l'année.
Les pertes d'emplois s'accentuent suite au gel des mesures par la banque centrale
Le chômage évolue également dans la mauvaise direction. Les prévisions indiquent que le taux de chômage au Canada devrait atteindre 7,2 % au second semestre de 2025. La conjugaison d'un commerce plus faible et d'une consommation intérieure prudente freine les embauches. Ce sont surtout les ménages qui subissent cette pression et qui réduisent leur consommation face à l'incertitude croissante quant à leurs revenus.
L'inflation ne faiblit pas non plus. Le coût des biens et services devrait dépasser le seuil de tolérance de la Banque du Canada : les économistes prévoient une inflation de 2,1 % au troisième trimestre et de 2,2 % au quatrième, soit légèrement au-dessus de la cible de 2 %. Cela complique la tâche des décideurs politiques, d'autant plus que leurs marges de manœuvre monétaires sont limitées.
À l'heure actuelle, les opérateurs estiment à moins de 30 % la probabilité d'une modification des taux d'intérêt lors de la prochaine réunion de la Banque du Canada en juin. Le gouverneur de la banque, Tiff Macklem, a déclaré jeudi : « Plus nous réduirons l'incertitude, plus nous pourrons adopter une vision prospective pour nos décisions de politique monétaire. »
L'une des raisons pour lesquelles cette incertitude persistera de sitôt est l'effondrement du marché immobilier. Les ventes et les prix sont en baisse. Les mises en chantier de logements neufs devraient être inférieures au second semestre par rapport au deuxième trimestre.
Macklem a souligné que les questions persistantes concernant les relations entre le Canada et les États-Unis étaient la principale raison pour laquelle les familles et les entreprises hésitent à prendre des décisions importantes.
« Je sais que le Canada souhaite vivement s’asseoir à la table des négociations avec les États-Unis afin de régler nos différends et de parvenir à un accord », a-t-il déclaré. « Si nous parvenons à clarifier la situation, nous pourrons renouer avec la croissance. Il est clair que si les choses évoluent dans l’autre sens, la situation sera pire. »
Cette rencontre pourrait avoir lieu plus tôt que prévu. Le Premier ministre Mark Carney doit rencontrer Donald Trump lors du sommet des dirigeants du G7, qui se tiendra en Alberta en juin prochain. Il s'agira de la première visite officielle de M. Trump au Canada depuis son retour à la Maison-Blanche.
Les attentes sont faibles. Carney a déjà clairement indiqué que la longue période d'intégration économique entre le Canada et les États-Unis n'est plus d'actualité. De ce fait, les entreprises sont dans l'incertitude quant à leurs prévisions et beaucoup préfèrent attendre.
Pour autant, la croissance n'est pas totalement exclue. Les économistes prévoient une expansion de l'économie canadienne de 1,2 % en 2025 et de 1 % en 2026, à condition que la situation ne se détériore pas. Ces projections sont inchangées depuis le début de l'année. Mais c'est une maigre consolation face à un contexte économique morose.

