Les agents d'IA inondent les services gouvernementaux de déclarations plus longues et plus fréquentes

- Les chercheurs ont recensé 84 cas d’« inondation d’agents » pilotée par l’IA dans 11 juridictions.
- Au Royaume-Uni, les plaintes concernant le logement ont plus que doublé, et aux États-Unis, les plaintes adressées au CFPB ont quintuplé depuis 2022.
- Dans 14 des 84 cas, les agences ont réagi en imposant des frais ou des blocages d'adresses IP, ce qui pénalise le plus les demandeurs les plus démunis.
Une étude recensant 84 cas de « saturation par des agents » dans 11 juridictions établit un lien entre cette augmentation et les textes générés par l'IA à bas prix.
87 % des pics tracà une seule capacité
Le nombre de plaintes adressées au médiateur du logement britannique a plus que doublé après l'arrivée de ChatGPT, passant de 2 600 en 2022 à un peu plus de 7 000 en 2025.
Le Bureau américain de protection financière des consommateurs (CFPB), qui gère les plaintes concernant les banques et les organismes de crédit, a reçu cinq fois plus de plaintes via la même période.

Des pétitions ont été adressées de manière similaire au pouvoir judiciaire brésilien et au parlement allemand.
L' article, co-écrit par Chris Schmitz avec Lewis Hammond de la Cooperative AI Foundation et Alan Chan de GovAI, sera présenté le mois prochain à la conférence AAAI sur l'IA, l'éthique et la société, du 12 au 14 octobre.
Par ailleurs, le nombre de plaintes individuelles augmente rapidement, et c'est ce qui inquiète le plus les chercheurs.
L’inondation quantitative (augmentation du nombre de requêtes) et l’inondation qualitative (une requête unique qui s’allonge et se complexifie) ne sont pas des phénomènes mutuellement exclusifs. Sur les 84 cas étudiés, 50 présentent une inondation quantitative, 76 une inondation qualitative et 42 les deux.
Un document déposé auprès d'un tribunal social allemand dépassait les 4 000 pages.
Normalement, le nombre de soumissions quotidiennes est limité pour éviter les envois massifs. Cela ne sert à rien lorsqu'une seule personne soumet un document volumineux.
Cette même capacité explique 87 % des pics observés dans l'échantillon. Les modèles de langage permettent de produire du texte à moindre coût et à grande échelle.
Il n'existe pas encore d'agents qui consultent eux-mêmes les sites web des agences.
14 des 84 cas ont entraîné des frais ou des blocages d'adresse IP
Les chercheurs ont commencé avec 2 288 services gouvernementaux répartis dans douze pays, mais n'en ont retenu que 84 qui ont réussi simultanément trois tests.
Il fallait, pour étayer une accusation, une explication plausible de la réduction du coût des demandes par l'IA, la preuve d'un changement effectif de la demande et une déclaration explicite des autorités ou d'un tiers crédible attestant que l'IA en était la cause.
Les services judiciaires et juridiques arrivent en tête de liste avec 19 cas, suivis des plaintes réglementaires avec 10 cas et du bien-être et de la sécurité sociale avec 9 cas. Dans 58 des 84 cas, un responsable gouvernemental a pointé du doigt directement AI.
À partir d'une matrice de 13 facteurs, les chercheurs ont déterminé que le risque le plus important à court terme concerne les services dont la rentabilité dépend du succès d'une réclamation et dont la complexité administrative freine depuis longtemps la demande, comme les déclarations de revenus, les litiges de faible importance et les recours en matière d'évaluation immobilière. L'étude souligne toutefois ses limites.
Quatre-vingt-quatre cas ne prouvent ni le lien de causalité ni que les services en général sont affectés. Il s'agit d'une preuve d'existence, et non d'une mesure.
Les gouvernements peuvent freiner la demande en imposant des frais, des plafonds tarifaires ou en exigeant une présence physique. Ils peuvent aussi augmenter les capacités en renforçant les effectifs, en déployant leur propre intelligence artificielle ou en repensant les modalités d'admission.
Dans 14 des 84 cas, les agences ont opté pour des mesures coercitives, comme le rétablissement des frais ou le blocage de plages d'adresses IP. L'Australie a envisagé de rétablir les frais pour les demandes d'accès à l'information.
Mais le hic, prévient l'article, c'est que ces solutions affectent de manière disproportionnée les candidats les plus pauvres et les moins à l'aise avec le numérique, refermant ainsi la porte que l'IA était en train d'ouvrir.
La Banque d' Angleterre a averti que les systèmes d'intelligence artificielle autonomes pourraient menacer la stabilité financière, et les premiers agents ont déjà connu des dysfonctionnements.
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Randa Moses
Randa Moses est rédactrice et journaliste chez Cryptopolitan où elle couvre les technologies, l'intelligence artificielle, la robotique, les cryptomonnaies, les arnaques et le piratage informatique. Elle travaille dans le secteur des cryptomonnaies depuis 2017 et a notamment travaillé chez Forward Protocol, AmaZix et Cryptosomniac. Randa est diplômée en génie électrique ettronde l'Université de Bradford.
















