Spotify a annoncé jeudi s'être associé aux plus grandes maisons de disques du monde pour développer des produits d'intelligence artificielle destinés à protéger les artistes et leurs œuvres.
Le service de streaming collaborera avec Sony Music Group, Universal Music Group, Warner Music Group, dent Merlin et la société de musique numérique Believe sur ce projet. L'entreprise n'a pas précisé les outils d'IA qu'elle prévoit de lancer, mais a indiqué investir massivement dans la recherche en IA et le développement de nouveaux produits. Cela comprend la création d'un nouveau laboratoire de recherche en IA et d'une équipe produit dédiée.
Gustav Söderström,dent de Spotify, a déclaré que l'IA représente le plus grand changement technologique depuis l'arrivée des smartphones.
Selon CNBC, il a expliqué que l'entreprise souhaite façonner cet avenir en collaboration avec l'industrie musicale, tout en plaçant les créateurs au cœur de ses projets. Söderström a comparé cette période à celle où le secteur a été confronté aux défis du piratage il y a quelques années.
Spotify teste déjà des fonctionnalités d'IA
La plateforme de streaming propose déjà certaines fonctionnalités d'IA à ses utilisateurs. Parmi celles-ci, un DJ IA et un outil de playlist IA, lancé en version bêta en septembre dernier. Cette dernière fonctionnalité permet de créer des collections musicales personnalisées en saisissant les titres que l'on souhaite écouter.
Les dirigeants de l'industrie musicale s'inquiètent de plus en plus du détournement de l'intelligence artificielle et des atteintes aux droits des artistes. Sir Lucian Grainge, PDG d'Universal Music Group, a annoncé lundi à ses employés que la société refuserait d' accorder une licence à tout système d'IA copiant la voix d'un artiste ou composant des chansons à partir de sa musique sans autorisation. Selon lui, collaborer avec des partenaires comme Spotify contribue à créer un environnement propice à la réussite commune des artistes, auteurs-compositeurs, fans, maisons de disques et entreprises technologiques.
Cette annonce de partenariat intervient moins de quatre semaines après que Spotify a pris des mesures contre le contenu de mauvaise qualité généré par l'IA qui inondait sa plateforme. L'entreprise a supprimé plus de 75 millions de pistes indésirables ces trac années et a mis en place de nouvelles règles pour empêcher les systèmes d'IA de copier ou d'usurper l'identité d'artistes.
The Velvet Sundown, un groupe entièrement créé par une intelligence artificielle, a fait sensation cet été en atteignant le million d'auditeurs mensuels. Le groupe se décrit désormais comme un « projet de musique synthétique » sur son profil et compte actuellement plus de 264 000 auditeurs chaque mois. Spotify a validé le groupe en tant qu'artiste officiel sur la plateforme.
Quatre principes fondamentaux guident le partenariat
Cette collaboration se concentrera sur quatre axes principaux : travailler avec les maisons de disques, les distributeurs et les éditeurs musicaux, notamment en donnant aux artistes le choix de participer, en garantissant une rémunération équitable et en créant de nouvelles sources de revenus, et renforcer les liens entre les artistes et leurs fans.
Dans son communiqué, Spotify a souligné l'importance cruciale de la protection des droits des musiciens et le rôle fondamental du droit d'auteur. L'entreprise a averti que si l'industrie musicale ne prend pas les devants dès maintenant, le développement de l'IA se poursuivra ailleurs, sans que les artistes aient les droits, le consentement ou la rémunération qui leur sont dus.
Parallèlement, la plateforme de streaming a essuyé des critiques concernant l'implication de son PDG, Daniel Ek, dans le secteur des technologies de défense. Ek, qui prévoit de quitter son poste de PDG l'année prochaine, a mené une levée de fonds de 600 millions d'euros pour la start-up de technologies de défense Helsing en juin dernier.
Plusieurs groupes, dont King Gizzard & the Lizard Wizard, Xiu Xiu, Deerhoof, Godspeed You! Black Emperor et Massive Attack, ont retiré leur musique de Spotify en signe de protestation. Deerhoof a publié sur Instagram qu'ils ne souhaitent pas que leur musique soit associée à la technologie des armes basées sur l'intelligence artificielle.

