Les cours du pétrole ont grimpé en flèche dimanche soir après les frappes de drones israéliennes contre des usines de gaz naturel iraniennes, provoquant un choc sur le marché de l'énergie et faisant chuter les actifs à risque de manière généralisée.
L'information, relayée par les médias d'État iraniens et confirmée par le Jerusalem Post, a révélé que deux installations gazières clés de South Pars ont été touchées samedi par des drones israéliens, tandis qu'une autre attaque aurait visé un dépôt pétrolier près de Téhéran.
Cette riposte est intervenue deux jours seulement après les raids aériens menés par Israël contre les dirigeants militaires iraniens, des sites de missiles et des infrastructures nucléaires, faisant craindre que le conflit ne s'étende aux voies énergétiques et aux systèmes d'approvisionnement.
Les attaques ont fait bondir le prix du pétrole brut américain de 2,72 dollars, soit une hausse de 3,7 %, clôturant à 75,67 dollars le baril. Le Brent, référence mondiale, a progressé de 3,67 dollars, soit 4,94 %, terminant la journée à 77,90 dollars. Cette hausse fait suite à une flambée spectaculaire de 7 % vendredi, marquant le mouvement le plus volatil sur le marché pétrolier depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Au total, la semaine dernière a enregistré une progression de 13 % pour le seul pétrole brut américain.
L'Iran riposte et menace de fermer une voie pétrolière vitale
L'escalade ne s'est pas arrêtée à l'offensive israélienne. Selon le Times of Israel, des frappes de missiles iraniens ont touché une importante raffinerie à Haïfa, aggravant les inquiétudes concernant l'approvisionnement mondial en pétrole. Les tensions restent vives alors que le conflit entre dans son troisième jour, sans qu'aucun des deux camps n'indique un recul.
Samedi, un haut commandant iranien a menacé de fermer le détroit d'Ormuz, point de passage stratégique par lequel transitent plus de 20 % des exportations mondiales de pétrole. Si cela se produit, la logistique énergétique internationale pourrait être paralysée.
Les contrats à terme sur actions ont chuté dès l'ouverture des marchés. Ceux du Dow Jones Industrial Average ont perdu 92 points (soit 0,2 %), tandis que ceux du S&P 500 et du Nasdaq 100 ont également reculé de 0,2 %.
Cette situation fait suite à une séance de vendredi particulièrement difficile, durant laquelle le Dow Jones a chuté de plus de 700 points. Les trois indices ont terminé la semaine dans le rouge : le Dow Jones a perdu 1,3 %, le S&P 500 0,4 % et le Nasdaq Composite 0,6 %.
Le marché des cryptomonnaies reste globalement stable tandis que l'or s'envole
Les investisseurs se sont réfugiés vers des valeurs refuges. L'or a fortement progressé, atteignant 3 450 dollars. Les devises mondiales ont subi des pertes. L'euro a chuté à 1,1555 face au dollar, en baisse de 0,39 %. La livre sterling a reculé de 0,45 % à 1,3565, tandis que le yen japonais a progressé de 0,66 % à 144,14 pour un dollar. Le dollar canadien a glissé à 1,3587 et le dollar australien a fortement chuté à 0,6485, en baisse de 0,66 %.
Le marché des cryptomonnaies est resté stable malgré la situation. Au moment de la publication, Bitcoin s'échangeait à 105 182 $, en baisse de 0,32 %. Ethereum progressait de 0,15 % à 2 538 $, tandis que Cardano et XRP gagnaient tous deux 1 %. Dogecoin enregistrait la plus forte baisse, avec un recul de 2,08 % à 0,1751 $.
Les analystes de marché ont désormais les yeux rivés sur les données de l'enquête auprès du secteur manufacturier, attendues lundi matin, juste avant la décision de la Réserve fédérale concernant les taux d'intérêt, prévue mercredi. Alors que les anticipations restent stables, avec une probabilité de 97 % de statu quo, la flambée des prix du pétrole compromet les espoirs d'un retournement de situation.
Comme vous le savez peut-être, ledent Donald Trump a publiquement fait pression sur le président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, pour obtenir une baisse des taux. Mais face à l'envolée des coûts de l'énergie, les chances d'un changement de politique s'amenuisent rapidement.

