Le Parlement japonais a récemment décidé de mettre en œuvre des mesures anti-blanchiment d'argent (AML) plus strictes à compter du 1er juin. Cette décision fait suite à l'avis du Groupe d'action financière (GAFI), organisme international de surveillance financière, qui a jugé insuffisante la législation japonaise en la matière. L' objectif est d'harmoniser le cadre juridique japonais avec la réglementation internationale relative aux cryptomonnaies.
L'une des principales caractéristiques de ces nouvelles mesures est l'application de la « règle de traçabilité » afin de renforcer le tracdes produits du crime. Cette règle oblige les institutions financières traitant des transferts de cryptomonnaies supérieurs à 3 000 $ à communiquer aux plateformes d'échange ou aux institutions destinataires les informations relatives à leurs clients. Ces informations comprennent le nom, l'adresse et les coordonnées bancaires de l'expéditeur et du destinataire.
Le Comité du G7 , réuni au Japon à la mi-mai, a exprimé son soutien à la Travel Rule et a souligné l'importance de normes internationales pour les cryptomonnaies. Il a également salué le travail du GAFI concernant les risques émergents liés à la finance décentralisée ( DeFi ) et aux transactions de pair à pair.
« Les pays du G7 doivent montrer l’exemple et réglementer le secteur des cryptomonnaies afin qu’il n’existe aucun refuge pour les transactions illicites en cryptomonnaies. » dent président du GAFI , T. Raja Kumar, aux du G7 avant le sommet au Japon.
— GAFI (@FATFNews) 18 mai 2023
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Adoption des cryptomonnaies au Japon
Le Japon a été parmi les premiers pays à adopter les cryptomonnaies, en les légalisant comme forme de propriété. Sa réglementation en la matière est réputée pour être l'une des plus strictes au monde. L'Agence des services financiers (FSA), l'autorité de régulation financière japonaise, a mis en place plusieurs règles pour les plateformes d'échange de cryptomonnaies afin de protéger les clients. Ces règles comprennent la séparation des actifs des clients et de ceux de la plateforme, des audits annuels pour vérifier les avoirs, des limitations sur l'effet de levier et l'obligation pour les plateformes agréées de conserver au moins 95 % des fonds des clients dans des portefeuilles hors ligne (cold wallets).
En avril, l'équipe du projet Web3 du Parti libéral-démocrate (PLD), au pouvoir au Japon, a publié un livre blanc proposant des stratégies pour développer le secteur des cryptomonnaies dans le pays. Cela témoigne de la volonté du gouvernement de favoriser la croissance et le développement des cryptomonnaies dans un cadre réglementé.
En renforçant le blanchiment d'argent et en appliquant la règle relative aux voyages d'actifs, le Japon vise à améliorer la transparence et la sécurité des transactions en cryptomonnaies. Ces efforts s'inscrivent dans le cadre des tendances mondiales et de la reconnaissance croissante de la nécessité d'une réglementation robuste dans le secteur des cryptomonnaies. Ces nouvelles mesures contribueront à consolider la position du Japon en tant que chef de file de la réglementation des cryptomonnaies et pourront servir de modèle à d'autres pays souhaitant renforcer leurs dispositifs de lutte contre le blanchiment d'argent dans le contexte des actifs numériques.
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