L'Autorité de conduite financière (FCA) du Royaume-Uni fait face à des appels croissants à une réforme en profondeur, alors que les critiques concernant son incompétence, sa malhonnêteté, son manque de transparence, son absence de responsabilité et son manque d'efficacité se multiplient. La FCA est l'un des deux organismes de réglementation financière du Royaume-Uni, l'autre étant ladentRegulation Authority (PRA).
Un rapport parlementaire accusant l'autorité de régulation de comportement déplorable l'a sévèrement critiquée. La FCA a reconnu avoir indûment retardé le traitement des demandes d'accès à l'information du public, confirmant ainsi les accusations parlementaires.
Les critiques ne se limitent pas au Parlement. Des enquêtesdent ont déjà reproché à la FCA sa gestion des faillites d'entreprises, notamment London Capital & Finance et Connaught Income Fund.
L'ancien ministre de la Ville, Lord Paul Myners, a toujours reproché à l'autorité de régulation de ne pas avoir su déceler les signes avant-coureurs de la faillite des fonds d'investissement gérés par Neil Woodford. Ce manque de vigilance et d'alerte précoce a entraîné des pertes financières pour de nombreux investisseurs.
L'indignation publique est justifiée par les agissements de l'autorité de régulation
L'Autorité des services financiers (FSA), qui a précédé la FCA avant la crise économique de 2008, était très appréciée pour son approche proactive. Cependant, les éloges se sont rapidement estompés après la crise financière.
Dans la plupart des cas, la FCA est scrutée de près et fait l'objet de vives critiques lorsque les dossiers qu'elle traite tournent mal. En revanche, elle n'est jamais félicitée lorsque les services financiers fonctionnent correctement et est même souvent accusée par le secteur d'entraver l'activité économique.
Les conclusions du rapport parlementaire ne sont pas surprenantes, étant donné que les témoignages de lanceurs d'alerte, de victimes et d'employés de la FCA ont été recueillis selon des modalités frôlant le biais de sélection.
La FCA est accusée du même parti pris : « Incohérente, sélective dans son utilisation des preuves, mensongère quand cela l’arrange et sujette aux erreurs. » D’autres estiment que la Financial Conduct Authority est engluée dans des procédures bureaucratiques inutiles qui engendrent des retards.
Les problèmes soulevés sont graves et méritent d'être traités. L'autorité de régulation devrait faire preuve de fermeté, d'intégrité et de compétence, et être capable de sanctionner les comportements fautifs afin d'obtenir réparation rapidement. Or, la FCA n'inspire pas confiance et, dans sa configuration actuelle, il est possible qu'elle ne serve jamais les intérêts du public.
L'organisme de réglementation est entaché de conflits d'intérêts et de désorganisation
La FCA poursuit quatre objectifs opérationnels (protection des consommateurs, intégrité du marché, concurrence et croissance) et plus de treize engagements transversaux. Elle élabore des politiques, délivre les autorisations aux entreprises et aux particuliers, veille au respect des obligations envers les consommateurs et applique les mesures prises.
Ce mandat étendu élargit le champ d'action du régulateur, augmentant ainsi le risque de conflits d'intérêts et de confusion opérationnelle. Qui plus est, ces entreprises recrutent souvent les quelque 5 000 employés de la FCA qu'elles sont chargées de superviser, ce qui soulève d'importantes questions d'impartialité et de transparence.
Compte tenu de tous ces événements, le constat d'échec du programme de transformation de la FCA dans le rapport parlementaire n'est guère surprenant. En réalité, si ce rapport l'avait blanchie, le monde entier en aurait été stupéfait. Bien que la situation semble critique, l'engagement de la direction ne saurait être sous-estimé, même si la tâche qui l'attend est immense.
Lancé en 2012, le modèle à deux niveaux devrait être revu. L'objectif était louable : délester un régulateur unique et répartir les responsabilités entre deux entités distinctes afin d'améliorer la qualité du service. Or, dans les faits, ces deux entités ne sont pas fonctionnellement séparées. La PRA ne supervise que les grandes entreprises, tandis que la FCA est responsable de la stabilité et de la conduite de 42 000 autres.
Pour améliorer la concentration et l'efficacité de ses actions, la FCA devrait se dent sur quelques responsabilités seulement et en répartir d'autres entre des entités comme la Competition and Markets Authority et le Department for Business and Trade.

