Le tribunal de l'économie numérique de Dubaï a gelé 456 millions de dollars liés au sauvetage de Techteryx, l'émetteur du stablecoin TrueUSD, par Justin Sun. Le juge Michael Black a estimé qu'il existait des preuves convaincantes d'abus de confiance et a ordonné le gel des fonds afin d'empêcher leur transfert ou leur dissimulation avant que les tribunaux de Hong Kong ne statuent sur leur propriété.
Dans sa décision, le juge Black a laissé entendre que son ordonnance de gel resterait en vigueur jusqu'à la conclusion définitive de la procédure à Hong Kong. Dans cette procédure, il est allégué que les réserves investies ont été détournées de manière frauduleuse. Le juge Black estime qu'il convient d'examiner s'il existe un litige sérieux à trancher ou des arguments solides dans le cadre de cette procédure.
Techteryx a intenté une action en justice à Hong Kong le 19 décembre 2023 contre FDT (First Digital Trust Limited), Finaport Pte Ltd, Aria Fund (le Fonds) et Aria DMCC (DMCC). Il est allégué que le Fonds et DMCC agissaient comme fiduciaires indirects des 456 millions de dollars transférés (en six versements) par FDT et Legacy Trust, deux entités contrôlées par M. Vincent Chok.
Techteryx met à mal une conspiration frauduleuse
Des liens auraient été établis entre Finaport, FDT, Crossbridge et Legacy, liens sur lesquels Techteryx fonde son accusation de complot frauduleux. Des questions importantes subsistent quant aux raisons pour lesquelles les fonds ont été versés à DMCC plutôt qu'au Fonds.
Toutefois, Matthew Brittain, directeur général d'Aria DMCC et PDG d'Aria Fund, avait précédemment affirmé que FDT (M. Chok) avait ordonné ces transferts. M. Chok a nié ces allégations. Brittain a également déclaré à plusieurs reprises que ces transferts constituaient des prêts de FDT à DMCC et un investissement dans DMCC.
Le juge Black a toutefois relevé des anomalies dans la documentation relative aux paiements. DMCC n'a pas été en mesure de démontrer précisément comment l'argent a été dépensé, quels actifs ont été acquis, ni ce qu'ils sont devenus. DMCC explique ces lacunes par le simple écoulement du temps.
Parallèlement, Brittain a affirmé que les paiements de DMCC étaient des prêts de FDT remboursés en nature par le transfert d'actifs de DMCC au Fonds. Il a toutefois ajouté que la position de FDT au sein du Fonds avait été régularisée par une opération de « portage ».
Techteryx a soutenu que le « portage » était une fiction juridique apparue pour la première fois au cours de la procédure afin de dissimuler les anomalies. Techteryx a également affirmé que l'intérêt de DMCC pour les actifs miniers et les réserves de charbon tanzaniennes n'était qu'une tentative de soustraire les actifs du Fonds à toute action en justice.
Le juge Black justifie son ordre de geldefi
Le juge Black a affirmé que le pouvoir d'ordonner le gel d'un jugement étranger anticipé relève des pouvoirs inhérents de la Cour suprême. Il a expliqué que, le cas échéant, ce jugement anticipé pourrait être enregistré par ordonnance de la Cour suprême en vertu de la Loi sur les jugements étrangers.
Black estime que l'émission de cette ordonnance protège une procédure de rétablissement et d'exécution devant la Cour suprême, qui pourrait être invoquée. Il ajoute que le même raisonnement s'applique à l'étendue du pouvoir du tribunal du DIFC (Centre financier international de Dubaï) d'émettre des ordonnances de gel. Le tribunal du DIFC est expressément compétent pour reconnaître et exécuter les jugements étrangers.
Techteryx partage également cet avis et estime qu'il n'y a aucune raison pour que les tribunaux anglais ne puissent pas intervenir lorsqu'une société ou ses membres agissent de manière préjudiciable à leurs créanciers et de mauvaise foi. En l'espèce, les auteurs de ces actes répréhensibles ne sauraient rester impunis, a souligné Techteryx.
Par ailleurs, le juge Black reconnaît qu'il sera rare qu'une injonction soit demandée en appui à une procédure étrangère engagée devant les tribunaux du DIFC contre undent sur lequel le tribunal n'a pas compétence. Il ajoute que la compétence de son tribunal pour faire exécuter un jugement pécuniaire étranger est succinctement décrite dans le Mémorandum, au paragraphe 6.4.

