Le ministère chinois de la Sécurité d'État (MSS) a intensifié son recours aux technologies de pointe, notamment l'intelligence artificielle (IA) et la reconnaissance faciale, afin de renforcer la surveillance du quartier des ambassades à Pékin. Cette évolution souligne l'escalade de la rivalité, digne de la Guerre froide, entre le MSS et la CIA, chacun cherchant à conserver la suprématie en matière de renseignement. Cet article analyse en profondeur les capacités technologiques croissantes du MSS et leurs implications pour l'espionnage international.
Surveillance par intelligence artificielle dans le quartier des ambassades de Pékin
Autrefois éclipsé par les services de renseignement militaire chinois, le MSS s'est transformé en agence d'espionnage de premier plan du pays, fusionnant surveillance étrangère et contre-espionnage intérieur. Grâce à l'intelligence artificielle et à la reconnaissance faciale, le MSS surveille de près les diplomates étrangers, les militaires et les agents de renseignement au cœur du quartier des ambassades de Pékin. Ce système de pointe crée instantanément des dossiers, enregistrant les déplacements et les interactions des personnes d'intérêt. Il permet au MSS d'dentleurs réseaux et d'évaluer leurs vulnérabilités potentielles, renforçant considérablement ses capacités de renseignement.
Rivalité avec la CIA
L'escalade de la course aux armements technologiques en matière d'espionnage entre le MSS et la CIA estdent. Pour la Chine, l'exploitation des technologies existantes et des secrets commerciaux est devenue un raccourci stratégique activement encouragé par le gouvernement. L'urgence et l'intensité de l'espionnage technologique ont explosé, préparant le terrain pour une rivalité en matière de renseignement sans précédent. Si la Chine a une longue tradition de tentatives de vol de technologies de pointe et de secrets commerciaux à d'autres nations, la CIA a réorienté ses efforts vers la collecte d'informations cruciales concernant les avancées chinoises dans les domaines de l'IA et de l'informatique quantique.
L'attention accrue de la CIA portée aux avancées technologiques de la Chine
David Cohen, directeur adjoint de la CIA, a reconnu que l'agence accorde une importance accrue à la collecte de données relatives aux avancées technologiques de la Chine. Par le passé, la CIA se concentrait principalement sur les cibles de renseignement traditionnelles, telles que les capacités militaires. Cependant, le contexte actuel exige une vigilance accrue face aux technologies émergentes. Comme le souligne M. Cohen, la CIA consacre désormais des ressources considérables au suivi des progrès de la Chine dans les domaines des semi-conducteurs, des algorithmes d'intelligence artificielle et des équipements biotechnologiques, ce qui reflète l'évolution des priorités de la communauté du renseignement.
Chen Wenqing, ancien directeur du MSS, a été promu au Politburo chinois en octobre 2022, une première depuis des décennies pour un ancien chef des services de renseignement. Son successeur, Chen Yixin, proche collaborateur du président chinois Xi Jinping, est déterminé à renforcer la visibilité de l'agence. Contrairement à des services de renseignement comme la CIA ou le MI6, le MSS demeure secret, sans site web public ni coordonnées officielles. Cependant, Chen a investi les réseaux sociaux, créant des comptes officiels pour le MSS sur des plateformes telles que WeChat afin d'affirmer la résilience de la Chine face aux pressions internationales.
Efforts de recrutement et affaires d'espionnage
Outre son intérêt pour les technologies de pointe, le MSS recrute activement des citoyens américains comme espions, ce qui suscite l'inquiétude au sein des services de renseignement américains. Glenn Shriver, undentaméricain, a été recruté à Shanghai et a plaidé coupable de complot en vue d'espionnage. Son cas illustre l'ambition de Pékin de recruter de jeunes Américains sans lien ethnique ou familial avec la Chine.
Dans une autre affaire, Kun Shan Chun, citoyen américain naturalisé et employé du FBI bénéficiant d'une habilitation secret-défense, a été condamné à une peine de prison pour avoir agi comme agent de la Chine. Chun a fourni au gouvernement chinois des informations sur les méthodes de surveillance du FBI et sur les déplacements d'un agent du FBI.
L'an dernier, Yanjun Xu, un agent du renseignement chinois, a été extradé vers les États-Unis et condamné à 20 ans de prison pour espionnage et tentative de vol de secrets commerciaux. Son cas a mis en lumière l'agressivité du MSS (Service de sécurité maritime) qui cible les entreprises aéronautiques américaines et sollicite leurs secrets commerciaux.

